• Accueil
  •  > 
  • Un hôtel de ville contemporain dans un ensemble architectural du XVIIe siècle
Rejoignez Cyberarchi : 

Un hôtel de ville contemporain dans un ensemble architectural du XVIIe siècle

© Cyberarchi 2021

L'architecte Daniel Kahane, architecte en chef des bâtiments civils et palais nationaux, a livré en avril dernier (en juin pour les aménagements extérieurs) le nouvel hôtel de ville de Sceaux (92). Ou quand le Second Empire et le XXIe siècle font bon ménage.

 
 
A+
 
a-
 

Contexte

L'hôtel de ville de Sceaux a été construit de 1863 à 1865 pour abriter la sous-préfecture, sur les plans de l'architecte Claude Naissant et sur le modèle urbain des hôtels particuliers du XVIIe siècle : un corps de bâtiment flanqué de deux ailes latérales autour d'une cour d'honneur, le jardin se situant à l'arrière. Sur le même site, construit à la même époque (1869) se trouve l'ancienne caserne de gendarmerie répertoriée en 1992 à l'Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de France.

Programme

Le programme a été pensé pour un effectif de 130 agents permanents, les élus, diverses permanences et réunions et la présence plus ou moins fréquente des 300 agents qui travaillent dans les équipements municipaux. La surface utilisée dans les divers bâtiments était, avant l'opération, de 1.914 m². Aujourd'hui, la surface utile est de 2.979 m² pour une surface hors oeuvre nette de 3.872 m² (comprenant en plus les circulations, des locaux techniques de rangement et d'archivage).

Les caractéristiques principales du programme portent sur les points suivants :
- mieux répondre aux besoins quotidiens des habitants en améliorant les conditions d'accueil,
- optimiser les conditions de travail des élus et du personnel municipal,
- respecter le patrimoine, inscrire le bâtiment contemporain dans le site tout en laissant la préséance aux bâtiments existants,
- mettre en oeuvre une démarche HQE globale.

Réponse architecturale

Daniel Kahane, spécialiste reconnu de l'insertion du contemporain dans l'ancien, a joué le jeu de l'insertion dans le site avec une réponse de facture très contemporaine, sobre et discrète, respectueuse des bâtiments existants. Ces derniers ont fait l'objet d'une restauration à l'état d'origine, et les façades en pierres ont été ravalées. Les seules modifications concernent l'ouverture du porche entre l'aile ouest et le corps central pour permettre l'accès au jardin, et la fermeture vitrée du porche entre l'aile est et le corps central pour permettre la communication avec le nouveau bâtiment.

Le nouveau bâtiment s'insère dans le site et participe de l'amélioration du paysage urbain du secteur en atténuant l'impact du pignon aveugle de l'immeuble du 118 rue Houdan et en tirant parti de la qualité exceptionnelle du site, cour d'honneur et rapport du bâti au jardin en particulier. L'implantation latérale a été choisie en concertation avec l'Architecte des bâtiments de France. La façade sur rue constitue ainsi un front continu, en prenant une position franche dans la ville et en créant un effet vitrine sur la rue.

Le centre administratif

La position latérale de l'extension implantée dans une bande nord sud comme si elle se glissait dans l'interstice du bâti existant, permet non seulement de préserver le jardin existant mais aussi de le recomposer, ce qui en fait une composante majeure du nouvel ensemble. Lame de verre et de béton, l'extension privilégie les volumes simples et lisses, la transparence, la lumière naturelle et des matériaux de qualité offrant une bonne résistance au temps. La lumière pénètre largement dans les bureaux et les couloirs, contribuant à la réduction des besoins énergétiques. L'usage de matériaux comme la pierre et le verre repris dans la texture des façades ainsi que la volonté de préserver une harmonie de couleurs accentuent la simplicité. La pierre est utilisée comme simple habillage tandis que le verre est structurellement présent.

Certains habitants ont revendiqué la conservation intégrale de la maison d'habitation du 120 rue Houdan, mais sa réutilisation comme bureaux était impensable en raison de la nature même de sa structure qui ne répond à aucune des normes applicables aux établissements recevant du public (ERP), tant en terme de résistance des matériaux que de sécurité incendie. En revanche, répondant à un souhait largement exprimé, certains éléments architecturaux - composites datant du début du XXe siècle - de l'ancienne maison sont conservés, restaurés : rotonde, verrière, façade, courette pavée. Intégrés dans la construction, ils constituent un espace dédié à l'information et à des expositions

Sur la rue Houdan, la façade sud se déroule sur 2 niveaux :
- une partie basse très vitrée au rez-de-chaussée et au 1er étage dans laquelle s'insère la rotonde,
- un corps central au 2e et 3e étages composé de bandes verticales alternées de vitrages et de revêtements en pierre protégés par un léger pare-soleil vitré. La façade sur la cour d'honneur émergeant au-dessus de l'aile Est présente une double peau : une peau intérieure de bandes verticales alternées en pierre et verre, et une peau extérieure vitrée, constituée de lames de verre dissociant le bâtiment existant et créant un "fond de scène" qui met en valeur l'architecture de l'aile dont les trois baies centrales sont vitrées toute hauteur pour bien identifier la nouvelle entrée principale de l'hôtel de ville. Cette lame de verre accompagne le glissement du bâtiment depuis la rue vers le jardin et se termine vers la façade entièrement vitrée de l'escalier principal, qui bénéficie de vues dégagées sur le paysage de la vallée.

Sur le jardin, le bâtiment orienté à l'ouest se compose de deux volumes décalés :
- un socle en saillie revêtu de pierre abrite la grande salle polyvalente (baptisée salle Erwin-Guldner), protégée par des grands volets verticaux pivotants - motorisés et synchronisés - qui dosent et filtrent l'ensoleillement et les vues sur le jardin public ; le choix de la pierre souligne le caractère représentatif du lieu et établit une relation forte et harmonieuse avec la façade sur jardin du bâtiment ancien de l'hôtel de ville ;
- le 1er étage est traité comme un arrière plan très neutre en béton lasuré gris doublé de persiennes orientables, constituant un rideau uniforme.

Le jeu des éléments mobiles, panneaux verticaux et lames horizontales, donne à cette façade un aspect dynamique et aléatoire. Lorsque les volets sont fermés, la salle Erwin-Guldner ressemble à un monolithe hermétique et mystérieux. Le grand hall d'accueil auquel on accède par la nouvelle entrée donne le ton, perceptible dès le premier regard. Espace généreux, banque d'accueil en bois, couleurs chaudes, tout est pensé pour le bien être des visiteurs et des agents qui les reçoivent. Plusieurs petits bureaux en bois offrent intimité et discrétion si besoin est. La lumière naturelle est omniprésente dans le bâtiment. En façade, elle est captée et filtrée pour assurer le confort visuel. Elle pénètre à l'intérieur du bâtiment par deux atriums qui éclairent les circulations et les espaces centraux.

La réhabilitation de la gendarmerie

Les corps de bâtiments - caserne en grès et pierre de taille composée d'un rez-de-chaussée et de deux étages et dépendances qui abritaient les écuries - sont restaurés dans l'état d'origine : les façades en pierre sont ravalées, les éléments en bois - portes du porche et volets - sont conservés, les tuiles de couverture sont remplacées par des ardoises d'Angers.

L'architecture intéressante du porche traversant a été préservée et remise en valeur : pavage en grès, marches en pierre et colonnes en fonte. L'accès au public, surélevé pour permettre l'accessibilité aux personnes à mobilité réduite, est assuré par une passerelle en bois flottant au-dessus du sol existant.

L'ancienne caserne accueille différentes directions de la Ville : Temps libre, Aménagement, urbanisme et services techniques, Finances... Des bureaux de rendez-vous destinés à l'accueil du public occupent le rez-de-chaussée. Les escaliers ont été remplacés, les combles aménagés, et la petite annexe réhabilitée en bureaux pour les élus des groupes minoritaires, les représentations syndicales, et l'Amicale du personnel. Le traitement paysager du jardin proche de la gendarmerie s'inspire de l'histoire du site.

Les matériaux et les couleurs

Extérieurement, les matériaux sont très sobres et en nombre limité. Ils ont été choisis pour s'harmoniser avec l'environnement : la pierre utilisée a la même tonalité que celle de l'hôtel de ville ancien, les menuiseries extérieures laquées en gris et le zinc en couverture jouent subtilement avec les ardoises et le zinc des toitures existantes, le verre légèrement teinté en vert répond au bronze du monument aux morts. Intérieurement, l'ambiance générale est très claire et assez neutre : murs, plafonds et portes peints en blanc, sol du rez-de-chaussée en pierre de larrys, sol des étages en moquette brun foncé. La seule note forte est apportée par la couleur rouge du grand mur mitoyen qui accompagne le glissement du bâtiment depuis la rue Houdan jusqu'au jardin, et qui sert de fil conducteur et d'élément de repérage.

Consulter également notre album-photo 'Rénovation et extension de l'hôtel de ville de Sceaux (92)'

Fiche technique

Restructuration du bâtiment de l'Hôtel de Ville et construction d'un centre administratif à Sceaux
Lieu Sceaux (92)
Maîtrise d'ouvrage : Ville de Sceaux
Maîtrise d'oeuvre : Daniel Kahane (architecte) ; Bruno Garnier et Nicolas Sutour (chefs de projet) ; Mathilde Jacquemain et Diégo Rodriguez (architectes assistants)
TERRITOIRES : Philippe Convercey et Franck Mathé (paysagiste) ; Sabine Kranz (architecte d'intérieur)
Signalétien : FACTA
Concepteur lumière : COUP D'éCLAT
Economiste : MD-ETC
Structure : KHEPHREN
Electricité : BETEC
Chauffage-ventilation, plomberie-sanitaire : INEX
Consultant HQE : Eric Durand
Perspectiviste : David Parlange

Surfaces
L'Hôtel de Ville : 522 m² SHON
Nouveau centre administratif : 2.426 m² SHON
Ancienne gendarmerie : 924 m² SHON
Aménagements extérieurs : Hôtel de ville : 3.130 m² ; Ancienne gendarmerie : 2.267 m²

Début des travaux : septembre 2004
Fin des travaux : avril 2006

Enveloppe financière globale 16,9 millions d'euros TTC pour : acquisition et réhabilitation de l'ancienne gendarmerie, réhabilitation de l'hôtel de ville actuel, construction du centre administratif, aménagement du jardin, honoraires, mobiliers

Un hôtel de ville contemporain dans un ensemble architectural du XVIIe siècle
Un hôtel de ville contemporain dans un ensemble architectural du XVIIe siècle
Un hôtel de ville contemporain dans un ensemble architectural du XVIIe siècle
Un hôtel de ville contemporain dans un ensemble architectural du XVIIe siècle
Un hôtel de ville contemporain dans un ensemble architectural du XVIIe siècle
Un hôtel de ville contemporain dans un ensemble architectural du XVIIe siècle
Un hôtel de ville contemporain dans un ensemble architectural du XVIIe siècle
Un hôtel de ville contemporain dans un ensemble architectural du XVIIe siècle
Mot clefs
Catégories
Article précédent  
Article suivant  
< Une  
CYBER