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Aérocity : une ville linéaire et suspendue de 18 km de longPour leur diplôme, Pier Paolo Bonandrini et Julien Allègre se sont appropriés un vestige inattendu, l'ancienne voie d'essai de l'aérotrain près d'Orléans (45), pour imaginer une ville linéaire. Si certaines de leurs assertions quant à son mode de vie sont discutables, leur proposition d'organisation 'urbaine' et les multiples trouvailles du projet sont fascinantes.publié le 10/01/2007
publicité L’ancienne voie d’essai de l’aérotrain est aujourd’hui le vestige d’une épopée qui a traversé les époques de 1960 à 1980, date où le projet de l’Aérotrain a pris fin pour laisser la place au TGV, plus rentable. Aérocity, une utopie urbaine A l’image d’une cité linéaire, Aérocity est un réseau horizontal de transports, de communications, de flux, une machine à habiter qui vient englober, tisser, organiser les 18km de structure en béton. De façon théorique, la ville verticale et la ville radioconcentrique génèrent des stratifications et des inégalités sociales. La ville verticale est organisée selon un gradient social vertical et la ville historique écarte des centres les moins aisés qui sont placés en périphérie. L’horizontalité et la linéarité d’Aérocity rend possible une autre organisation sociale : plus de centres ni de sommets. Nous proposons d’amener un débat à travers le développement d’un projet utopique : une ville sans voitures, à l’échelle du piéton jouissant d’une qualité d’espace et de vie n’entrant pas en conflit avec la densité et la promiscuité, une ville linéaire et horizontale organisée autour d’un tissage de réseaux de transport et de différents flux. Une vision fonctionnaliste où tout est à portée de main grâce à différents transports, les flux ne relient plus les habitations mais ce sont les habitations qui viennent se greffer sur les réseaux. La population Dans la lignée du projet Exodus de Koolhaas, nous proposons une exclusion volontaire vers une autre société : celle des actifs, le monde du travail et des loisirs. On y travaille, on y joue, on y aime. Le monde du travail et du plaisir, une société axée sur un réseau. Aliénation volontaire, société ouverte, égalitaire d’aspect, dynamique. Caricature de la société des sondages, de la consommation, de la mondialisation, tout est fonction et mouvement ; on vient vivre sur la structure pour être actif, absence de chômeurs, pas de retraités. Si on ne correspond plus, on est "bannis", on se décroche du flux vital. On ne reste pas toujours sur Aérocity, juste le temps de la jeunesse, le temps de servir la société. Sur la structure on avance, on vit en ligne droite, pas de détour, le temps est précieux, on marche, on travaille, perpétuel mouvement à l’image de la société. Une programmation correspondant à de nouveaux besoins, où l’on vient s’y brancher afin de pouvoir y vivre et pomper le flux vital. Aérocity combine plusieurs avantages : une répartition de la population terrestre mieux répartie sur la terre ainsi qu’une vision écologique de notre avenir. Les logements On observe depuis une vingtaine d’années qu’à côté du modèle familiale fondé sur le couple marié pour la vie avec ses enfants, coexistent aujourd’hui des structures familiales diversifiées (unions libres, familles recomposées et monoparentales, personnes isolées, enfants à charge des parents de plus en plus longtemps…) . Les logements d’Aérocity seront des habitats parasitaires de la structure, des habitations modulaires et nodulaires pourvus d’aménagements évolutifs en fonction des besoins de la famille (accès indépendants pour les enfants âgés, possibilités de séparations de espaces en cas de divorces, couplage des habitats des célibataires…). Les modules d’habitations pourront êtres préfabriqués sur mesure et montés sur place où un simple branchement à l’image d’une prise électrique suffira pour rendre habitable le logis. Adaptation à l’environnement et typologies de structures Pour répondre de la meilleure façon à l’intégration environnementale, Aérocity est un caméléon évoluant sur un squelette en béton, et se mélange aux environnements qu’elle traverse. Pour cela trois grandes typologies structurelles ont été créées : Ces trois typologies remarquables vont ensuite se décliner en de multiples formes. Nous proposons une typologie que nous appellerons tertiaires ou typologie test, visant une population étudiante et proposons des logements test pour des personnes voulant se rendre compte de la vie communautaire de ce nouveau genre d’habitat. Cette typologie prendra la forme d’un essaim d’abeille où certaines PME pourront également y trouver des locaux. Autre typologie test, le pendule. Les modules de logements et de services seront ici suspendus dans le vide en lévitation au dessus des champs en oscillant légèrement. Les transports L’émergence possible de nouveaux moyens de transports (tapis roulants, minis voitures, trains à sustentation magnétique) imposera des infrastructures routières et urbaines ainsi que des interfaces entre les bâtiments et l’environnement du transport (garages, parkings). Sur Aérocity plus besoin de réfléchir à une évolution, tout est intégré afin de gagner le plus de temps possible et répondre aux impératifs. Les différents vecteurs de transports se complètent à l'échelle du site : La programmation Aérocity traverse trois grandes plates-formes, anciennement plates-formes de retournements de l’aérotrain, situées au début, au milieu et à la fin de la structure. Ces plates formes sont des icônes architecturales et programmatiques, reconnaissables de loin que ce soit en dehors de la structure par les personnes extérieure à Aérocity ou sur la structure par les habitants. Ces trois bâtiments accessibles au public servent de lien au sol et de lien avec l’extérieur ; on peut monter sur Aérocity et profiter des services proposés par les plates formes même si on n’y loge pas. Ces trois plates-formes ont chacune une programmation spécifique : Chevilly est la plateforme la plus grande. Ce complexe est une éponge culturelle donnant de multiples possibilités aux visiteurs lorsqu’ils pénètrent par l’unique faille de ce bâtiment monolithique. L’aspect extérieur est en opposition avec l’aménagement intérieur. Après avoir pénétré dans cette boite noire, le visiteur découvre un programme culturel complet : théâtre, cinémas, ainsi qu’un musée s’organisant en rampe partant du sous sol du bâtiment. - Ruan, la plate forme champêtre, est le point final de notre étude, nous avons recherché quelle était la meilleur solution pour donner un sens à ce terminal tout en laissant la possibilité d’une extension future d’Aérocity et avons crée un bâtiment à l’image d’une grue, d’un soulèvement de la structure qui se brise vers le ciel. Grue, flèche, cet édifice de 360m témoigne sur le plan visuel et physique d’un processus de mouvement et de transformation de la structure expérimentale. Le visiteur trouvera dans ce repère un lieu de repos et de détente, (escalade, golf, massage, spa, yoga et restaurant panoramique) et des capsules sensorielles. Consulter également notre album-photo 'Aérocity, une utopie urbaine' |
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