http://www.cyberarchi.com/actus&dossiers/opinions-et-debats/index.php?dossier=89&article=11955

Appel pour une relance solidaire !

Sous l’impulsion du Conseil national de l’Ordre des architectes, les principaux acteurs de la filière du BTP proposent des mesures de relance économique et sociale des secteurs du BTP et du logement (soit plus d’un million d’actifs et 350.000 sociétés concernés). Une adresse solennelle au Président de la République.

Le secteur du BTP adresse solennellement au Président de la République "un appel pour une relance solidaire" et demande qu’il annonce un grand projet national pour rénover un parc de logements encore insuffisant, redessiner des villes belles et solidaires, inventer des réseaux économes et performants.

En voici le texte

La crise financière s’est installée et se propage dans l’économie réelle

Le secteur du BTP qui irrigue l’emploi dans tout le pays avec son tissu de grandes entreprises, de PME, d’artisans, d’architectes, de sociétés d'ingénierie et d’ingénieurs-conseils et d’économistes de la construction, répartis sur l’ensemble du territoire, est atteint à son tour.

Nous appelons à un grand projet national !

publicité
Tous ensemble, Etat, collectivités locales, maîtres d’ouvrages publics et privés et toute la filière du bâtiment, des travaux publics et du cadre de vie que nous représentons, unissons nos énergies et nos intelligences pour surmonter cette crise : Rénovons un parc de logements encore insuffisant, redessinons des villes belles et solidaires, inventons des réseaux économes et performants.

Il manque aujourd’hui en France 500.000 logements dont 120.000 sociaux. Chaque citoyen a droit à un logement décent qu’il en soit propriétaire, locataire ou hébergé dans des structures d’urgence. Rappelons qu’en moyenne un logement construit, c’est deux emplois créés.

Pour cela, il faut :

Plus largement, il est nécessaire de maintenir les niveaux des plafonds de ressources pour l’accession sociale et d’adapter la production de logements à la capacité d’emprunt des futurs acquéreurs.

Outre un objectif économique, c’est un objectif social et politique ambitieux que l’on pourra ainsi satisfaire. C’est aussi la condition pour que le Grenelle de l’Environnement, au-delà de ses seules options énergétiques, ne reste pas lettre morte. Pour cela, c’est l’ensemble de la filière 'construction' qui doit être mobilisée, des industriels aux maîtres d’ouvrage, des concepteurs aux réalisateurs.

Il faut associer à l’ensemble des mesures prises ou à prendre d’urgence, les organismes financiers qui ne doivent pas se contenter des aides perçues sans participer à cette grande cause nationale de relance d’activité.

La rénovation des villes ne peut se concevoir sans un grand plan de développement des infrastructures de transports et plus généralement des réseaux (Eau, Gaz, électricité-éclairage,...). Ce sont eux qui maillent le territoire, structurent l’urbanisation et permettent de freiner l’étalement urbain. Rénovation urbaine et politique de transports doivent être l’occasion de renforcer le rôle des agglomérations en matière d’urbanisme et de favoriser la mobilité.

Dans la continuité de la ville historique, retravaillons les franges urbaines pour en faire le champ privilégié de la rénovation et de la mise en place des écoquartiers.

L’Etat et les collectivités doivent innover en menant sur leur patrimoine des opérations d’urbanisme exemplaires. Des milliers d’hectares peuvent ainsi devenir l’enjeu de projets cohérents et novateurs, une construction raisonnée de la ville de demain.

L’Etat doit aussi tout mettre en oeuvre pour raccourcir les délais d’instructions des autorisations de construire et continuer la simplification de ces procédures. Pour les délais de paiement, il faut appliquer avec souplesse la loi LME pour que les acteurs du bâtiment, qui se situent souvent à l’aval de la chaîne de construction, ne soient pas étranglés.

Les hommes et les femmes de notre secteur doivent être bien formés aux nouvelles technologies, sans oublier bien sûr les maîtres d’ouvrage qui seront à l’initiative de ces nouveaux développements.

Tous les acteurs du secteur de la construction signataires du présent appel apporteront, pour leur part, leur énergie et leur talent pour accompagner ces efforts. Ils souhaitent que les mesures de soutien à la construction, notamment fiscales, soient toujours assorties d’exigences qualitatives et de prise en compte des valeurs de développement durable auxquelles ils sont attachés. Ils s’engagent à former massivement la filière à ces nouvelles exigences.

Pour être efficace, la relance économique que nous souhaitons devra être solidaire dans ses ambitions, mais aussi innovante et belle dans ses réalisations.

Les Français aspirent à un cadre de vie de qualité, il nous revient de les satisfaire.

Les signataires

Conseil national de l’Ordre des architectes (CNOA)
Syndicat National du Second Oeuvre (SNSO)
Union Nationale des Economistes de la Construction (UNTEC)
Chambre de l’Ingénierie et du Conseil de France Section Construction (CICF Construction)
Les Entreprises Sociales pour l’Habitat (ESH)
Union Sociale pour l’Habitat (USH)
Fédération Nationale des sociétés coopératives d’HLM
Fédération des Offices Publics d’HLM