L'International Interior Design Association (IIDA) a annoncé les gagnants de la 2ème édition des« Global Excellence Awards », un concours international d’architecture d’intérieur honorant les meilleurs projets du design à travers le monde. Les vainqueurs du concours ont été choisis parmi 92 studios d’architecture, dans 32 pays autour du globe. Les architectes d’intérieur primés des différentes catégories recevront leur award lors de la cérémonie qui aura lieu à Paris le samedi 21 janvier 2012, durant le salon Maison et Objet.
La source principale d’inspiration du projet de Jorge Cañete repose sur la dénomination du lieu concerné : l’aile d’un château du XVIIIe siècle avec ses mille évocations : les ailes du papillon ou de l’oiseau par exemple. Par glissement sémantique, l’aile évoque aussi les plumes, celles des oiseaux bien sûr, mais aussi, celles que l’on trempe dans l’encre noire pour écrire des mots… Le thème de la calligraphie prend alors également son envol. Textes et lettres servent de fil rouge à la décoration des différentes pièces du château: des poèmes tapissent les parois, des sigles recouvrent les sièges, des phrases s’impriment sur les draps d’un lit.
Pour mieux matérialiser le double sens du mot «plume», des oeuvres contemporaines ont été minutieusement sélectionnées pour prendre place dans les différentes pièces de la demeure: une installation monumentale de l’artiste marseillaise Isa Barbier faite de plumes suspendues, les livres-oiseaux, «Mes amis», du plasticien suisse Peter Wüthrich, perchés sur les étagères de la grande bibliothèque, un tableau en forme de poème de l’Anglais Robert Montgomery ou encore les «textes photographiques» du couple Barilla.
Comme tout château, celui-ci est hanté. Dans ce projet, c’est l’élégance de la fée-fantôme, Delphine Seyrig, qui, par petites touches, habite les pièces de la demeure. La dualité de son regard dans la chambre à coucher, les plumes blanches placées sur des sièges suggérant celles des robes Chanel qu’elle portait dans le film L’Année dernière à Marienbad, sont autant de petits cailloux blancs qui signalent secrètement son passage. Une phrase, tirée du script d’Alain Robbe-Grillet, pourrait résumer à merveille ce projet primé : «ayant admis le souvenir, on admet sans peine l’imaginaire…»
B.P