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Wang Shu : modernité et tradition

© Cyberarchi 2019

Wang Shu est le lauréat du Pritzker Price 2012. Architecte discret, il représente la Chine moderne qui reste en harmonie avec son histoire.

 
 
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A quarante huit ans, il est l'un des plus jeunes lauréats à recevoir cette distinction et rejoint ce cercle très fermé d'architectes tels que Rem Koolhaas, Renzo Piano etc. ayant « produit une contribution signifiante et consistante à l'humanité et à l'environnement bâti ».

Premier architecte chinois à recevoir le prix (Leoh Ming Pei est né en Chine avant la création de la République Populaire de Chine puis fut naturalisé Américain), Wang Shu a séduit le jury par son habilité à combiner la modernité architecturale avec les traditions constructives chinoises.

En 1997, Wang Shu établie avec sa femme son agence, le « Amateur Architecture Studio », à Hangzhou. Il s'efforce depuis lors de développer une nouvelle langue pour l'architecture chinoise : une nouvelle architecture associant la brique, la pierre et la tuile, n'hésitant pas à récupérer d'anciens bâtiments démolis, optant pour des formes modernes composées de matériaux hérités de la culture chinoise.

Wang We, professeur d'architecture dans l'Université de Jiaotong, confie la surprise qui accompagne le couronnement de son concitoyen : « Je dis « surpris » car je pensais que cela prendrait beaucoup plus de temps avant qu'un architecte chinois ne reçoive ce prix. Les études d'architecture ne se sont pas développées avant les années 1980 ».

Il n'est pas anodin que le prix soit cette année soit décerné à un chinois : l'épicentre de l'architecture se déplace. C'est en chine que les bâtiments les plus spectaculaires et souvent, il faut bien l'avouer, les plus tape-à-l'oeil voient le jour. Or ce qui frappe dans l'architecture de Wang Shu c'est sans doute sa simplicité, sa modestie aussi et ce côté rugueux âpre, à l'opposé des buildings étincelant de verre et d'acier qui découpe les skyline des villes chinoise.

"Le fait qu'un architecte Chinois ait été choisi par le jury représente une étape significative dans la reconnaissance du rôle que la Chine jouera dans le développement des idéaux architecturaux dans le future" confie Thomas J. Pritzker

Le signal envoyé par le jury du pritzker est avant tout d'honorer une chine qui construit son identité nouvelle en fouillant sa propre histoire. Le jury du Pritzker souligne spécifiquement ce point : « l'architecture de Wang Shu est exemplaire pour son sens de la continuité culturelle et de la tradition fortifiée. Ses constructions ont la capacité unique d'évoquer le passé, sans faire des références directes à l'histoire »

Espérons que cette distinction permettra à Wang Shu et aux architectes chinois qui comme lui prennent le temps de construire avec rigueur et sensibilité, d'oeuvrer à une valorisation de l'architecture local dans cette chine souvent aveuglée par les profits immédiats.


Gaël Brulé (Atelier CMJN)
François Lepeytre (Atelier CMJN)

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