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Vincent Pfrunner, un photographe dans le rétroviseur

L+V PFRunner : Copyright 2019

A la fois ingénieur, architecte et photographe, le parcours atypique de Vincent Pfrunner ressemble à un puzzle dont certaines pièces remontent à loin. Découverte d’un artiste pluridisciplinaire qui ne cesse de croiser les connaissances.

 
 
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Vincent Pfrunner reçoit son premier appareil photo à l'âge où tous les enfants d'aujourd'hui en ont un avec leur téléphone portable c'est-à-dire vers 8 ans, c'est un « Polaroïd » suivi par un autre à 9 ans un « Foca Sport » ;il fait des albums et explore dès lors le pouvoir de l'image sur les gens en montrant ses portraits, paysages ainsi que des chantiers, des ruines et de l'architecture.

En 1993, diplômé ingénieur « par raison » suivant ses dires, l'homme poursuit son « rêve » et intègre l'école d'architecture de Paris-Belleville où il fonde sa culture architecturale « chez les Modernes » (d'Henri Ciriani) tout en empruntant aux « Classiques » leur manière de faire parler l'histoire. Il part ensuite compléter ses connaissances à l'école d'architecture de Porto d'où il revient fortement marqué par la pensée d'Alvaro Siza.

Diplômé par le gouvernement, il débute le métier par un « hasard d'époque » en se retrouvant « space-planner » dans une grande banque (il en rit aujourd'hui), c'est-à-dire un espèce d' "organiseur d'espace", terme qui aurait sans doute pense-t-il enchanté Perec. Puis l'homme de l'art s'oriente vers l'aménagement urbain et paysager et conçoit l'espace public. « J'ai : « fait de la ville », j'ai dessiné des rues, des boulevards, pour y faire passer des voies de bus, des tramways. Le travail consistait à agrandir des trottoirs, à mieux ranger les voitures. Ça a l'air de rien comme ça, mais c'est très complexe. J'aime bien ce que dit le paysagiste Alfred Peter là-dessus : 80% de notre travail d'urbaniste, c'est un travail de femme de ménage. » Il s'occupe également, en équipe, de la rénovation des vingt gares du TGV-Est pour la SNCF. Par ailleurs, il collabore avec une agence de paysage où il apprend à modeler le territoire en liaison avec l'horizon, la lumière et le paysage naturel.

L'architecte a enseigné comme vacataire à l'Université de Technologie de Compiègne (ateliers-projets en Génie des Systèmes Urbains), il a animé au sein de la ktha compagnie* à Paris le projet « Petites Urbanités Libres » avec l'école d'architecture de La Villette et le master « Projets Culturels en Espace Public », Paris-La Sorbonne.

Aujourd'hui, à travers son objectif, Vincent Pfrunner immortalise la ville, son architecture, ses murs mais aussi ses bâtisseurs. Avec 250 portraits d'architectes à son actif, il continue à « portraitiser » la profession avec application, avec un net penchant pour « capter » ses personnages dans leur contexte. « Il m'arrive de doubler par un portrait posé une image prise sur le vif (lors d'une conférence par exemple), eh bien, neuf fois sur dix, la photo « spontanée » est la bonne ».
Il ajoute : « Quand l'architecte parle, de lui, de son travail, il a une flamme dans les yeux. Il éclate en un large sourire, où se laisse absorber dans sa réflexion, le visage dans les mains. On approche alors un peu plus l'homme, sa vérité. La salle où l'architecte parle, où il débat avec ses commanditaires, ses détracteurs ou ses admirateurs, c'est un peu le « Genius Loci » de l'architecte, le Génie du lieu. C'est là que l'on peut le mieux traquer l'instant où le modèle ne pose plus, où il cesse de contrôler l'image qu'il veut donner et laisse échapper pour un instant la part intime de lui-même. « Le visage est l'image de l'âme » disait Cicéron. »

Le photographe travaille, entre autres, sur les transformations urbaines, il a fait de nombreux reportages de diagnostic architectural, de chantiers, de livraisons de bâtiments neufs. Il publie régulièrement dans la presse.

Pluridisciplinaire jusqu'au bout, qu'il soit ingénieur, architecte ou photographe, Vincent Pfrunner reste un incessant pétrisseur de la ville.

* : La ktha est une compagnie de théâtre. Ses spectacles se jouent parfois dans des salles de spectacle, souvent ailleurs dans la ville (stades, parkings, terrains vagues, toits d'immeubles, containers, aires d'autoroute...).

Sipane Hoh

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