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Vaclav Havel veut une "avenue européenne culturelle" à Prague

C'est le dernier projet de l'ancien président tchèque Vaclav Havel : une "avenue européenne culturelle" de 25 maisons, symbolisant l'Union européenne élargie. Ce projet n'a pas que des partisans.

 
 
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En proposant à la fin de l'année 2003 de créer une «avenue européenne à Prague», l'ancien président de la République Tchèque Vaclav Havel a surtout lancé un pavé dans la mare. Même s'il a présenté, pour l'instant, son idée comme une «rêverie architecturale», elle semble déjà bien avancée. Le projet a déjà un nom, "ArcadEuropae", et prévoit de construire vingt-cinq maisons symbolisant l'Union européenne élargie, toutes situées à proximité du Château de Prague, selon l'entourage de l'ancien chef de l'exécutif tchèque cité par l'AFP.

Ces maisons devraient servir de centres culturels et d'informations des pays membres de l'UE. Elles accueilleraient aussi des artistes de ces pays, qui séjourneraient temporairement à Prague pour créer sur place leurs oeuvres.

Le projet devrait également mobiliser une trentaine d'architectes venus de toute l'Union, qui se sont déjà déclarés prêts à participer à ce «projet urbanistique réellement européen», selon Vaclav Pavas, responsable du projet.

Pas question de cautionner une telle idée, surtout si près du Château de Prague, pour les proches de l'actuel président et ancien rival de Vaclav Havel, Vaclav Klaus. "Personne n'a jamais contacté la Chancellerie présidentielle ou l'Administration du Château pour négocier la réalisation du projet concerné", ont indiqué, dans un communiqué, les responsables de la Chancellerie et de l'Administration.

Principaux arguments avancés : "Le Château de Prague est un ensemble unique de bâtiments historiques qui, par un concours de circonstances, a réussi à éviter des dommages de la destruction de guerre et à survivre sans dégâts sérieux les ambitions architecturales pas moins destructives de deux régimes totalitaires", soulignent-ils. "Des interventions de construction dans l'ensemble d'une telle importance et valeur historique ne peuvent être motivées ni par des points de vue conjoncturels et propagandistes fondés sur une commande politique momentanée, ni sur des intérêts personnels d'architectes tchèques ou étrangers".

C'est vite oublier que Prague, malgré son caractère historique, a déjà connu dans le passé des innovations architecturales, qui ont été finalement intégrés dans le patrimoine de la Ville. En témoignent la tour Zizkov, aux contours très modernes et la maison dansante, avec les deux tours enlacées.

Plus largement, la polémique en République Tchèque pose la question de la «muséification» des métropoles européennes les plus anciennes : doit-on conserver les villes telles quelles, au risque de ne plus évoluer ou est-il encore possible justement de continuer l'Histoire architecturale de la cité en proposant de nouveaux projets ?

En France, ce débat a aussi percé à Paris, lorsque le maire socialiste de la capitale Bertrand Delanoë avait proposé de construire de nouvelles tours. Son ballon d'essai avait provoqué une levée de boucliers dans les rangs de l'opposition municipale.

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