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Une tenue haute couture pour la Fondation Louis Vuitton

DB-ADAGP Paris / Iwan Baan / Fondation Louis-Vuitton : Copyright 2017

 

En 2014, quand Franck Gehry a livré l’ouvrage immaculé de la Fondation Louis Vuitton, il ne doutait pas que Daniel Buren s’amuserait à y apporter quelques colorations. Et pourtant, une discussion entre les deux connaissances de quarante ans avait déjà eu lieu, quant à la rencontre de leurs œuvres, elle a choisi le bon moment. Le résultat est tout simplement époustouflant.

 
 
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Qui mieux que Daniel Buren peut chatouiller l’oeuvre de Gehry sans le décrédibiliser ? L’artiste, connu par ailleurs par ses projets panachés, arrive presque à créer une nouvelle œuvre, jumelle certes mais différente. Avec sa potion magique, l’homme de l’art saupoudre le « Nuage » et le transforme pour une saison en une création temporaire et ludique où de délicieux berlingots jouent à cache-cache avec l’ombre et la lumière.

 

Egayer les nuages

 

« Dans la plupart de mes travaux surtout ceux principalement articulés sur l’architecture du lieu, j’en demeure dépendant. J’en joue sans jamais chercher la domination. Si l’un l’emporte c’est généralement l’architecture », nous raconte Daniel Buren avec toute la modestie d’un artiste conscient que cette fois-ci l’architecture et l’art forment un tandem des plus réussis.

 

C’est grâce aux divers damiers colorés que l’architecture de Gehry se révèle sous un autre jour. La réalisation qui se fond habituellement à la brume dans les nuages, vient de se réveiller avec l’arrivée du printemps. Ainsi, à chaque ensoleillement sa dose d’observation, du mat au brillant, du terne au transparent, les fresques changent et les atmosphères se multiplient.    

 

L’important n’est pas le matériau mais les possibilités qu’il offre

 

Intitulée « L’Observatoire de la lumière », l’oeuvre est néanmoins complexe, il a fallu 29 nuits de pendant cinq semaines pour poser tous les filtres. Au final 1472 vitres des 3528 qui composent les douze voiles de la Fondation Louis Vuitton ont été recouvertes de filtres colorés et 287 autres vitres recouvertes de bandes. Une multitude de couleurs font ainsi leur apparition dont le bleu traffic, le jaune or, le rouge foncé, le rose saumon et le bleu azur parmi d’autres.

 

« Ce qui fonde mon travail n’est pas le matériau mais la possibilité qu’il offre » explique l’artiste qui a réussi en effet à émerveiller l’assemblée via un matériau courant dont l’architecture de Gehry s’est parée avec toute simplicité. Un peu comme si les couleurs ont toujours fait partie de l’édifice dont l’architecte a continuellement défendu la transparence.

 

« Le bâtiment de Gehry offre une sorte de chaos contrôlé qui m’intéressait » proclame Buren le jour même de la présentation de son projet à la presse. Et pourtant ce jour là, le soleil n’était pas au rendez-vous. L’occasion de découvrir l’intensité des couleurs sous un autre jour. Que ce soit un jour de pluie ou de soleil éclatant, « L’Observatoire de la lumière » ne cesse de délivrer ses secrets. Et c’est à chacun de nous de les interpréter. 


« L’Observatoire de la lumière », travail in situ de Daniel Buren à la Fondation Louis-Vuitton : 8 avenue du Mahatma Gandhi dans le bois de Boulogne – 75116 Paris. A partir du 11 mai 2016.

 

Sipane Hoh

Les photos : © DB-ADAGP Paris / Iwan Baan / Fondation Louis-Vuitton

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