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Une maison de lotissement (pas si) quelconque à Nantes (44)

La maison 'canada dry' de l'équipe d'architectes Antoine Avignon et Saweta Clouet, réalisée dans un lotissement de Nantes (44), s'offre le paradoxe de se rapprocher de la maison icône (documents d'urbanisme obligent) tout en s'en détournant par le choix des matériaux. Présentation.

 
 
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«Il s'agit presque de la maison du non-choix». C'est ainsi que Antoine Avignon et son complice Saweta Clouet résument leur réalisation d'une maison individuelle dans un lotissement situé en périphérie de Nantes (Loire-Atlantique), à 20 minutes du centre-ville. Il faut dire que leurs propositions ont suscité nombre d'interrogations, tant de la part de la direction départementale de l'équipement (DDE) que de leur client. A première vue, elle ne se distingue pourtant guère des habitations voisines dans le lotissement. Examinée plus attentivement, les différences sont nombreuses. Elle est surtout symptomatique des difficultés rencontrées parfois par le maître d'ouvrage, dès lors que la proposition sort du cadre étroit de l'imagerie véhiculée par la maison icône, à s'approprier son propre projet.

«Cette commande vient d'un client privé qui nous a connus par voie de presse locale», raconte Antoine Avignon. «Nous devions réaliser une maison en fond de parcelle en respectant bien entendu le règlement d'urbanisme, c'est-à-dire un toit à deux pentes, la façade parallèle à l'axe de la rue, jusqu'à l'enduit de clôture».

«Mais plus on s'approche, plus on s'aperçoit des différences», résument les deux architectes. Des différences qui ont fait sursauter le responsable de la DDE. Concernant le matériau utilisé pour le toit - du 'skyer', soit «une matière qui crée une surface lisse qui joue avec le contexte», explique Antoine Avignon - la bataille a été rude par exemple. «Le 'skyer' a été d'abord refusé car le responsable... ne connaissait pas le matériau».

C'est ensuite le client qu'il a fallu convaincre, le moment venu, pour le choix des matériaux de façade. «Le client a été heurté par nos choix», explique Antoine Avignon. «Aussi, nous lui avons proposé à partir d'une façade prisme les différentes options : bois, béton ou métal». Face aux «non-choix» du maître d'ouvrage, le tandem a finalement opté pour une solution plus neutre. Les murs ont été réalisés en béton autoplaçant, «construits comme un moulage, ce qui permettait d'avoir la maison très rapidement, pour un coût assez intéressant», relate Saweta Clouet. A noter également que cette technique de pose ne nécessite pas de traitement de surface. Pour la charpente, les deux architectes ont eu recours à des matériaux industriels «ce qui permet de réduire la débauche de matière».

«On peut dire que nous avons appliqué le principe du 'Canada Dry'. Cela ressemble à une maison de lotissement, on dirait une maison de lotissement mais ce n'est pas une maison de lotissement», se réjouit malgré tout Antoine Avignon.

Le projet a finalement abouti, pour une maison de 280 m² SHON d'une valeur de 190.000 euros, un rapport prix/surface remarquable en l'état. Celle-ci n'a pas provoqué de réaction particulière parmi les habitants du lotissement mais les deux architectes se désolent que leur client éprouve encore quelques difficultés face à sa propre commande. «Il a du mal à assumer cette image simpliste de la maison», explique Saweta Clouet. «Il se rend compte qu'il a plus d'espace et reçoit plus de lumière que les autres propriétaires ou locataires des environs mais pour l'instant il ne comprend pas trop». Et de conclure, «il y a un temps d'adaptation ; c'est un travail de longue haleine».

Christophe Leray

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