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Une île artistique, hybride de la nature et de l'art, fait oeuvre d'architecte

© Cyberarchi 2017

"Sur l'étang de Saclay (78), ce musée, éminemment artificiel, destiné aux oeuvres d'Andy Goldsworthy, est constitué à partir du thème du 'Rhizome' tout à la fois stratagème de la nature et expression philosophique", explique Eun-Sook Bae. Un PFE convaincant (ENSA La Vilette - Félicitations du jury) lauréat de la bourse 'Arturbain 2009'. Découverte.

 
 
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Ce projet de Musée se situe sur l'étang de Saclay dans les Yvelines. La difficulté consistait à concilier un espace à haute teneur naturelle, un musée fréquenté à l'articulation de deux centres urbains, un espace de culture, une construction très visible sur un étang, un espace extérieur de loisir.

Cet aménagement est traité comme une "île artistique" et tente de répondre à cette question.


Le musée abrite les oeuvres de l'artiste Andy Goldsworthy* qui travaille avec la nature comme matière première, en étroite collaboration avec elle. Il crée des oeuvres artistiques avec des matériaux naturels. Ses oeuvres sont conçues pour à la fois s'intégrer au sein de la nature et trancher avec elle. Le site très sensible de l'étang de Saclay possède toutes les qualités des lieux à caractère naturel. Ma démarche de projet s'inspire de celle de l'artiste et mon architecture s'inscrit dans la logique du paysage existant tout en en créant un nouveau.

Le musée, éminemment artificiel, est constitué à partir du thème du 'Rhizome' tout à la fois stratagème de la nature et expression philosophique. La notion de rhizome imprègne mes approches formelles et symboliques. Cette thématique est également le fil conducteur des oeuvres exposées. Elle qualifie l'intérieur du bâtiment, la lumière, les ombres et les contrastes. Comme dans l'idée de rhizome, les différentes fonctions s'interconnectent et le musée possède des entrées multiples, à la manière d'un espace extérieur.


Les lieux de passage ou les promenades, couverts ou ouverts, s'inspirent du rhizome à l'intérieur comme à l'extérieur du musée. Les pontons flottants des circulations soulignent, par une géométrie 'Rhizomatique', le paysage de l'étang.

L'essentiel du bâtiment semble se cacher dans les profondeurs de l'eau. La partie visible émerge comme d'un rhizome. Le musée hybride les oeuvres d'Andy Goldsworthy et le paysage préexistant. L'architecture est pensée comme une oeuvre qui jaillit du plus profond de la nature. Elle se constitue dans l'hybridation de la nature et de l'art. Elle s'exhibe tout à la fois en île sauvage, en jardin sur l'eau, en art naturel. Elle s'imprègne de géométries fractales, de chaos, d'ordres cachés en se mélangeant avec l'eau. Elle flotte et s'immerge dans un même mouvement. Elle crée le lien entre le rêve, la promenade, la culture, la nature et la ville.

Qualité de vie sociale 

Il s'agit de créer une connivence culturelle entre plusieurs communes. Ce projet tente de constituer une atmosphère sans contrainte. Il donne au visiteur un sentiment de liberté, il veut faire échapper l'usager à la tension quotidienne.

En hybridant l'artificiel et le naturel, il propose une régénération d'ordre intellectuel et spirituel. En inscrivant la nature au sein de l'art et l'art au sein de la nature, il génère un lieu de loisir, de détente et de culture. En créant en pleine campagne la continuité entre nature, art, culture, loisir, extérieur, intérieur, visible et invisible, l'aménagement crée un lien fort entre tous ceux qui le pratiquent. Tout comme l'espace urbain, cet espace en milieu naturel est donc un lieu de communication et d'échange entre tous.

Respect de l'environnement 

Loin de s'inscrire violemment dans l'écosystème, le musée est pensé pour constituer lui-même un micro-système écologique. Les fondations à l'ancienne, sur pieux de bois, sont complétées par des aménagements sous l'eau. Elles créent des habitats diversifiés pour des plantes et des animaux. En même temps que le musée crée des espaces, il se constitue en habitat naturel. Comme un rhizome, il possède une double vie : celle de la nature secrète du dessous et celle de la fréquentation humaine du dessus.

Les plantes prennent tout naturellement leur place auprès de cet archipel d'îles aménagées. Elles sont choisies parmi les espèces du secteur afin de ne pas perturber les équilibres biologiques de l'étang.

Toutes les circulations sont flottantes. Posées sur l'eau, elles ne portent pas atteinte à la vie de l'étang.

Les oeuvres exposées d'Andy Goldsworthy sont elles-mêmes en matériaux naturels et ne perturbent en rien les équilibres biologiques du lieu. Ce musée Rhizomatique se mélange au paysage sans s'y dissoudre.

Eun-Sook Bae

Lire également la chronique 'La thématique de la ville 2.0 ouvre à un foisonnement de propositions' et consulter notre album-photos 'Géométrie 'Rhizomatique' et plus puisqu'affinités, pour l'étang de Saclay (78)'.

* Andy Goldsworthy est un artiste britannique, né en 1956, qui produit des sculptures dédiées à des sites spécifiques urbains ou naturels. Il est l'un des principaux artistes du Land Art et utilise des objets naturels ou trouvés pour créer des sculptures éphémères ou permanentes qui font ressortir le caractère de leur environnement. (Source : Wikipedia)

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