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Un tour du monde dans les pavillons de la Biennale d’architecture de Venise

© Cyberarchi 2017

 

Cette année, la Biennale d’architecture de Venise qui a pour thème « Nouvelles du front » (Reporting From the Front) et dont l’architecte chilien Alejandro Aravena est le commissaire, se démarque par une architecture différente, plus proche des gens et à l’écoute de tous. Outre les soixante-quatre participations, c’est une première pour cinq pays : les Philippines, le Kazakhstan, le Nigeria, les Seychelles et le Yémen.

 
 
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L’image choisie pour représenter la 15ème Biennale d’Architecture de Venise est une photographie, prise par Bruce Chatwin durant ses voyages en Amérique du sud, qui représente l’archéologue allemande Maria Reiche debout en haut d’une échelle en aluminium, en train d’observer les géoglyphes de Nazca, tracés sur un sol aride. Selon Paolo Baratta, le président de la biennale, cette femme représente l’humanité tentant de comprendre sa propre existence.

 

De l’écologie

 

L’affluence s’est ressentie dès les premières heures d’ouverture de la Biennale. Entre ceux qui cherchaient à tout prix à discuter avec le commissaire, d’autres, ayant à peine quitté leur pays, se regroupaient dans les pavillons nationaux pour échanger leurs impressions. L’architecture, elle, omniprésente, racontait d’intéressantes histoires. Faisons le tour de quelques idées marquantes.

La Nouvelle-Zélande qui participe à la Biennale pour la deuxième fois, a voulu cette année apporter un message de fragilité, d'espoir et de responsabilité. A partir d’une multitude d’îles pendues au plafond en bois, comme un monde instable, l’installation met en scénario l’autonomie des îles mais aussi le partage de la mer avec les autres, le tout dans un monde sujet aux changements brusques et potentiellement tragiques.

Tandis que la Corée du Sud étudie via plusieurs stratégies l’optimisation de l’espace domestique, un sujet quotidien et récurrent, les Emirats Arabes Unis font un retour vers leur passé avec l’authentique maison traditionnelle qui devient un sujet de circonstance. De même, pour la Chine qui met en évidence traditionalisme et durabilité.

Le pavillon du Pérou (qui a reçu une mention spéciale de la meilleure participation nationale) se démarque par le « Plan Selva », il s’agit d’un programme qui propose la construction de centaines d'écoles dans la forêt amazonienne péruvienne. Eriger des écoles dans les régions rurales n’étant pas un nouveau défi, l’exposition aspire à établir un nouveau paradigme sur le regard du monde concernant cette région. Tandis qu’ailleurs, la préservation des forêts tropicales passe par la conservation de la richesse biologique, le Pérou propose une préservation via l'éducation.

Le pavillon du Monténégro pointe à son tour vers La Solana Ulcinj qui répond à tous les critères requis pour figurer parmi les plus importantes réserves naturelles protégées en Europe. Il s’agit d’un paysage irréel où l’on distingue quelques énormes machines rouillées et où il existe malgré tout de microscopiques plantes et animaux. L’installation met ainsi en avant le déchirement de cette région entre la sauvegarde écologique et les intérêts économiques. 

 

Au politique

 

Tandis que le pavillon français met en avant l’architecture quotidienne en France, le pavillon américain tente de faire passer un message via l’architecture conceptuelle dans la ville de Détroit, exemple d’une cité en déclin. Au même moment, le pavillon espagnol (qui a remporté le Lion d’or de la meilleure participation nationale cette année) exposait le travail collectif de plus de cinquante projets nationaux qui ont réussi à lutter contre la crise économique.

Alors que le pavillon du Chili présente une exposition qui réunit quinze projets d'étudiants représentés avec des matériaux de récupération, la Serbie revient sur la condition des jeunes architectes, un sujet épineux et universel.

L’antarctique n’est pas absente de la biennale, son pavillon présente des visuels qui soulignent les possibilités de nouvelles formes d'architecture à partir des questions qui doivent être posées sur les solutions durables et renouvelables dans l’avenir proche.

Tandis que le pavillon suisse se démarque par une installation sculpturale et unique à portée visuelle et ludique, le pavillon néerlandais se base sur la contribution de son pays à l’ONU et envoie un message pour le maintien de la paix dans le monde.

La notion de rapport du front s’applique directement à plusieurs pays dont le Yémen qui participe pour la première fois à la biennale via une installation modeste certes mais porteuse de message. L’exposition se concentre sur l'architecture vernaculaire du pays ravagé par les conflits, pointant vers les techniques de construction traditionnelles et les structures spectaculaires anciennes encore debout dans la capitale Sana. Un message universel pour sauver un patrimoine mondial en péril.

Une biennale riche en concordances !

 

Sipane Hoh

 

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