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Un stand d'avocats spécialisés, une première à Batimat

© Cyberarchi 2020

Les avocats en robe noire, sur les marches du palais de justice en imposent. Une vision réductrice de la profession, surtout quand il s'agit d'un cabinet spécialisé dans le droit de la construction. Parfaitement au fait des problématiques rencontrées tant par les entreprises, les architectes que les maîtres d'ouvrage, le cabinet Cousin est présent, sur le terrain, à Batimat (Hall 7.2, Stand M52).

 
 
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Le stand affiche fièrement "Cabinet Cousin, société d'avocats". Un cabinet d'avocat à Batimat ? La surprise est de taille. Et pour cause, c'est la première fois qu'un tel cabinet tente l'expérience, sa fondatrice, Patricia Cousin, avocate spécialisée, ayant d'ailleurs pris soin d'en demander l'autorisation à l'Ordre des avocats. "Nous sommes des avocats de terrain", dit-elle. Elle veut dire par là que depuis 20 ans qu'elle se rend sur les chantiers (elle a été mariée à un entrepreneur du BTP), les bottes dans la boue ou les visites sur les toits n'ont aucun secret pour elle. Sa présence au salon, en toute logique, lui permet de "rencontrer les gens du bâtiment là où ils sont". Et sur Batimat, ils y sont en nombre.

Tous ne sont pas heureux de ce brutal rappel à la réalité et l'appréhension, pour quelques-uns d'entre eux, est manifeste. La plupart sont curieux cependant. Patricia Cousin et son associé Arnaud Krieger-Metzger ayant le chic pour se montrer disponibles et se mettre à la portée du visiteur. De fait, le BTP étant le pain et le beurre de leur cabinet, ils sont idéalement placés pour comprendre le langage de leurs visiteurs, fussent-ils entrepreneurs du bâtiment, architectes ou maîtres d'ouvrage.

C'est d'ailleurs à leur intention qu'ils ont mis au point un système de forfait étonnant puisqu'il va du simple conseil juridique (2H pour 300 euros par mois) au conseil illimité pour 3.000 euros par mois (information, formation, audit, conseil, contentieux dit la brochure). Leur principe initial est fondé sur le fait que la PME ou le cabinet d'architecte n'est jamais préparé au souci juridique - il n'y a jamais de service juridique en interne dans ces entreprises - et que quand les problèmes apparaissent, par manque d'anticipation ou de rigueur ou quelle qu'en soit la raison, ils se trouvent fort démunis alors même que l'entrepreneur, le maître d'ouvrage ou l'architecte peut se retrouver face à des adversaires disposant de services juridiques eux parfaitement constitués et efficaces. C'est le cas d'un sous-traitant par exemple face à un grand groupe de BTP, d'un architecte face à un maître d'ouvrage puissant, ou d'un petit maître d'ouvrage face à un constructeur sans scrupules. Nombreux sans doute sont ceux qui se reconnaîtront...

Si la première tâche de Patricia Cousin est souvent d'expliquer à ses clients qu'elle est leur partenaire, l'objectif est ensuite "d'utiliser les procédures pour renverser les rapports de force", ce qui permet le plus souvent de trouver des solutions transactionnelles, c'est-à-dire des solutions amiables qui permettent de clore rapidement les affaires. Par passion, par amertume, par méconnaissance, "le client souvent se nuit à lui-même", note-elle. L'intervention de l'avocat, fort de son autorité, permet ainsi, souvent, de dépassionner les débats et de trouver des solutions à des situations apparemment insolubles. D'autant plus que souvent, en amont, un "simple coup de fil à notre cabinet", pour un conseil ou une évaluation "aurait permis de sauver un contrat" et, sans doute, beaucoup de rancoeur. D'où ces forfaits bon marché.

Quel est donc le profil de leurs clients ? Concernant les entreprises, Patricia Cousin note que c'est le manque d'anticipation qui se révèle dommageable. "Les entrepreneurs raisonnent à court terme car, avec des marges très réduites, ils vivent la peur au ventre, l'oeil axé sur la trésorerie", dit-elle, évoquant par ailleurs la "prédation" des très grosses entreprises - plus financières que bâtisseuses désormais - sur les sous-traitant. Sans compter que ces PME ne déposent pas de brevets et "s'étonnent ensuite d'être spoliées".

"Idem pour les architectes", intervient Arnaud Krieger-Metzger. Lesquels, à entendre les avocats, ont peu conscience des dangers qu'ils courent alors même que "leur responsabilité est systématiquement engagée". Patricia Cousin se montre extrêmement convaincante quand elle les décrit coincés entre le marteau et l'enclume. "Ils sont d'une part trop souvent soumis au maître de l'ouvrage alors même qu'ils ont du mal à gérer les rapports juridiques entre eux et leurs client et les entreprises d'autre part". Ce n'est pas tout. Un exemple édifiant est, selon les avocats, quand un constructeur de maisons individuelles fait appel à un architecte pour concevoir de nouveaux modèles. L'architecte sera payé au forfait sur un modèle unique alors même que le constructeur va travailler sur la multiplicité puisque c'est l'aspect de la maison qui plaît à ses clients. Une rémunération en fonction du nombre de maisons vendues serait alors plus justifiée.

Concernant les maîtres d'ouvrage enfin, Patricia Cousin en distingue deux types. Les institutionnels, parfaitement renseignés, qui sauront utiliser tous les moyens pour maximaliser leur profit et le petit maître d'ouvrage, "qui fait confiance" et qui se retrouve bientôt perdu par manque de professionnalisme.

Au fil de la discussion, il apparaît ainsi que loin d'être iconoclaste, la présence de ce cabinet d'avocats spécialisés n'est pas seulement justifiée, elle est sans doute nécessaire. Et pour tous ceux qui furent confrontés à la difficulté d'entamer une action en justice ou de se défendre, sans doute peut-on s'étonner que cette présence ne se soit pas imposée plus tôt sur le salon.

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