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Un projet de diplôme à tiroirs

© Cyberarchi 2020

Johana Boktor et Benoît Moreau ont choisi, à l'occasion de leur PFE, de réhabiliter le grand ensemble des Bosquets (93). A quartier sensible, ils proposent une rénovation toute en douceur... et toute en échelles, de celle du territoire à celle de l'architecture, en passant par la ville et le quartier. Découverte d'un projet inventif.

 
 
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Dans le cadre de la loi sur le Renouvellement Urbain (loi SRU), il est envisagé de détruire une grande partie des immeubles qui constituent nos quartiers dits 'sensibles'. Dans bien des cas, cette option est considérée comme l'ultime solution.

Pourtant, nombreux sont les professionnels, architectes, urbanistes, historiens, sociologues, écologistes mais aussi usagers, qui plaident pour la conservation de ces ensembles bâtis.

D'autre part, quels sont les systèmes paysagers, urbains et architecturaux permettant de réconcilier la ville avec l'entité des grands ensembles ? Pouvons-nous éviter ce mélange amer mêlant soulagement et profonde déstabilisation ?

Partant de ces différents questionnements et constats, nous avons essayé, à travers ce projet de fin d'étude, de montrer que, même aux Bosquets, une réconciliation urbaine est possible.

Les Bosquets

La zone Franche urbaine (ZFU) de Clichy-sous-bois / Montfermeil lance l'élaboration de son programme de renouvellement urbain. Les quartiers de la Forestière et des Bosquets vont donc connaître, selon les projets actuels, une série de lourdes destructions. Cette zone d'étude est choisie lors de notre visite 'touristique' des quartiers de grands ensembles (Aulnay-sous-bois, Bondy, Sevran, Sarcelles, Garges les Gonesse, Le Blanc Mesnil et Clichy / Montfermeil).

Différentes caractéristiques différencient cette zone des autres quartiers visités : le sentiment de vide qu'elle provoque (absence d'activités, zones désertes au milieu des barres, absence de repère, etc.), l'état de délabrement de ses quartiers (l'espace public est laissé à l'abandon, les bâtiments sont en partie murés, les façades décharnées et les rez-de-chaussée souillés), son enclavement au regard du département (accessibilité difficile, absence de polarités) et, conséquence des caractéristiques précédentes, les quartiers de cet espace ont subi un processus de ghettoïsation. Les grands ensembles de Clichy / Montfermeil, très médiatisés pendant les révoltes de septembre 2005, sont ainsi dotés d'une image extrêmement péjorative.

Le projet : un travail à différentes échelles

A partir de deux champs de référence, la ville pavillonnaire et la forêt, nous mettons à jour quatre échelles qui formeront notre projet.

L'échelle du territoire : un problème d'accessibilité dû à un site historiquement enclavé

Le quartier des Bosquets à Montfermeil est systématiquement rattaché à son voisin clichois, La Forestière. Ces deux entités se rejoignent au niveau d'un aqueduc, La Dhuys, sur le Massif de l'Aulnoy. Les flancs de ce massif accueillent Clichy-sous-bois à l'ouest et Montfermeil à l'est.

Seules quelques lignes de bus aux parcours complexes permettent aux habitants des quartiers situés en amont de rejoindre la ligne du RER E. Résultat : pour réaliser le trajet les Bosquets / Gare du Nord, qui s'étend sur 15 kilomètres, il faut compter une heure et demi.

A ce titre, nous proposons d'orienter le passage du tramway au coeur du quartier et d'élaborer une voie verte sur l'emprise de l'aqueduc de la Dhuys. Ces deux nouveaux axes de circulation (déjà envisagé par le PRU) se croisent au niveau de la jonction Clichy-sous-Bois / Montfermeil, précisément au sein du marché forain, coeur commun de deux quartiers et lieu de rencontre bi-hebdomadaire à l'échelle intercommunale. Ces deux interventions constitueront le point de départ de notre projet.

L'échelle de la ville : absence de polarités et de liaisons avec le contexte

Le plateau de Montfermeil est constitué de différentes entités géographiques, lesquelles entourent la zone étudiée des Bosquets : le quartier de La Forestière au nord, une zone urbaine diffuse à l'ouest, une zone pavillonnaire au sud, la forêt de Bondy à l'est. Logé au centre de ces quatre zones, le quartier des Bosquets est pourtant déconnecté de ses abords. Nous proposons différentes interventions à cette échelle.


Le principe de la rotule urbaine : un collier d'équipements attractifs
A la jonction Dhuys / Tramway se trouve la première place du quartier. A cheval sur l'aqueduc, située face au passage du tramway, elle accueille un marché couvert associé à des locaux de rencontres pour la coopérative projetée. Sur cette place principale pourra également être implantée un cinéma de quartier. Ce schéma (une place / un équipement en agrafe sur la Dhuys) sera ensuite reproduit le long de l'aqueduc.


Un nouveau quartier d'habitations, une transition entre cité pavillonnaire et grands ensembles
La création d'un nouveau quartier d'habitations à l'ouest permettrait de pallier au non lieu urbain actuel et d'intégrer un nouveau système viaire reliant le quartier de grands ensembles à la zone pavillonnaire. Ce quartier permettrait d'autre part une transition bâtie allégeant le contraste actuel entre les barres de dix étages et les pavillons privés. De plus, en accueillant de nouveaux habitants, ce quartier pourrait jouer un rôle déterminant dans le métissage social et économique tant nécessaires au lieu.

La lanière végétale, une trame entremêlant les espaces
A l'échelle du quartier, nous proposons un système de rideaux végétaux permettant de relier la ville, le quartier et la forêt du nord au sud. Cette intervention crée une continuité visuelle entre ces différentes entités : longeant les rues ou s'en détachant parfois, ces lanières arborées accordent au lieu une échelle humaine et constituent un filtre sur la masse bâtie. Cette trame arborée se superpose au système viaire actuel et forme un véritable milieu écologique.

L'échelle du quartier : une urbanité à l'agonie

Le site est ponctué de nombreuses friches, d'espaces délaissés et de parkings qui accueillent des barres et des tours de logements. Les équipements sont absents du site, ainsi que des installations ludiques et toutes places propices au regroupement.

A ce titre, nous proposons de redéfinir le sol et le sous sol pour en faire des lieux à vivre. Des masses végétales plus ou moins denses seront insérées entre les lanières arborées, intégrant ainsi la nature au sein de la ville. Elles abriteront des jardins aux thèmes et aux usages variés (jardins familiaux, jardin en gradins, jardin en sous-bois, jardins inclinés, jardins humides). Ces respirations urbaines offrent également l'occasion de résoudre le problème de l'automobile car des espaces de stationnements sont installés sous les jardins. Ils pourront aussi accueillir d'autres usages comme des équipements ou des commerces.

L'échelle du bâtiment : une diversité architecturale inexistante

"Le sentiment d'appartenance et de dignité s'améliore quand on habite quelque part et non dans le même machin que tout le monde. Paradoxalement, pour produire de l'égalité, il faut être inégalitaire dans le traitement architectural". Roland Castro pose ici le problème de la relation entre habitations et habitants.

A ce titre, nous proposons l'élaboration d'un 'cadavre exquis'. Afin d'insérer de la diversité architecturale au sein du quartier, nous avons choisi de découper les barres en lots plus modestes et indépendants les uns des autres, lesquels seraient traités par différents architectes mais soumis au même cahier des charges préalable. C'est ce que nous appelons le 'cadavre exquis', soit un puzzle urbain au sein duquel différentes architectures viennent s'épanouir. Nous avons expérimenté ce principe avec un groupe d'une quinzaine d'amis étudiants en architecture, auxquels nous avons présenté un cahier des charges. Nous avons par ailleurs proposé deux projets de réhabilitation (deux lots associés au sein de la même barre de dix étages), établis selon deux modes opératoires différents. Ces exemples représentent la traduction physique de nos intentions et de nos recherches architecturales.

Johana Boktor et Benoît Moreau

Consulter l'album-photos du projet 'A rénovation urbaine, réhabilitation sémantique'.

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