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Un « nuage flottant » recouvre le musée des Arts de l'Islam du Louvre

La couverture de la cour Visconti du musée du Louvre imaginée par les architectes Rudy Ricciotti et Mario Bellini est bientôt achevée. Une verrière ondulante qui forme un véritable nuage doré flottant recouvre ces nouveaux espaces dédiés aux Arts de l'Islam.

 
 
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Vingt an après la création de la Pyramide, le musée de Louvre proposera une nouvelle oeuvre architecturale majeure : le département des Arts de l'Islam. La création et l'intégration de ces nouveaux espaces dans un environnement particulier a constitué un un véritable défi pour les architectes Ruddy Ricciotti et Mario Bellini, ainsi que le muséographe Renaud Perriard. Pour réaliser leur projet, les architectes ont du réaliser une excavation de 12 mètres de profondeur dans la cour Visconti. En gardant les fondations des façades, consolidées et prolongées avec du béton grâce à la technique du « jet Grouting ». Cette manoeuvre consiste à injecter un fluide à très haute pression (150 bars) pour déstructurer le terrain et le mélanger avec un coulis liquide visant à former un « béton sol » dans la masse du terrain.

Les architectes ont décidé de garder un équilibre entre le néoclassicisme de la cour du XVIIe siècle et l'évocation des Arts de l'Islam à travers une verrière ondulante laissant passer discrètement la lumière du jour dans les espaces d'exposition. Cet ensemble alliant le verre et le métal prolonge les façades existantes de la cour pour créer sur 2800 m² deux niveaux souterrain au-dessous d'une zone d'espaces techniques. Au Rez-de-Chaussée des nouveaux espaces, les parois verticales en verre transparent donnent sur les façades de la cour permettant ainsi au regard de d'apercevoir ces façades et le mouvement de la couverture. Les volumes de verre sont larges d'environ 2,40 m de manière à correspondre avec la trame de joints de la résille métallique de la verrière. Autre réalisation à voir dans ce projet, l'escalier monolithe en béton noir de 6 mètres qui relie le sous-sol au rez-de-cour, et injecté par le bas en une seule fois grâce au béton auto-plaçant de Lafarge, l'un des mécènes de ce nouveau département.

Une « aile de libellule » flottante

La véritable prouesse architecturale concerne la couverture de la cour Visconti. Architecturalement complexe, car de construction hétérogène, cette cour n'offrait pas toutes les garanties pour poser aisément une verrière qui aurait culminé à plus de trente mètres au-dessus du département. Les équipes du projet se sont donc tournées vers la création d'un écrin de verre et de métal qui se détache des façades historiques (distance entre 2,5 et 4 mètres). La structure qui supporte la verrière est constituée d'une résille double nappe, de forme libre, réalisée avec des tubes ronds d'acier. Le voile de toiture se compose de trois couches : un ensemble de panneaux de verres, permettant d'assurer l'imperméabilité du complexe, et deux mailles de métal déployé entourant la verrière au-dessus et en-dessous de sa couleur or anodisé, clair et brillant. La maille extérieure sert de brise-soleil et la maille intérieur de plafond La maille intérieure est complétée par un nid d'abeille métallique qui, sans réduire le passage de la lumière naturelle, permet de limiter les vues latérales et de révéler des vues directes vers l'extérieur, donnant un aspect oxymorique à la couverture.

La surface est composée 2350 triangles métalliques, qui peuvent être ouvert pour l'entretien, dont la projection sur un plan horizontal forme des triangles isocèles rectangles d'environ 1,20 m x 1,20 m. Ce ne sont pas moins de 135 tonnes qui reposent sur huit points d'appui circulaires inclinés. Quatre d'entre eux vont de l'aile de verre jusqu'au sous-sol, sur une hauteur qui peut aller jusqu'à 9 mètres. La totalité de la structure a été homologuée par une procédure spécifique, un ATEx (Appréciation Technique d'expérimentation), visant à tester la résistance à la charge de neige, à l'échauffement, et la dilatation entre verres et joints pour s'assurer de leur étanchéité, tester également la tenue dans le temps de l'ensemble du complexe.

Bruno Poulard


Chiffres clés :

Côut total du projet : 98,5 M€
Surfaces créées : 4600 m²

Principales entreprises :
Altempo : installation chantier - hors maîtrise d'oeuvre DAI
Laine Delau et Soletanche Bachy : gros euvre, reprise en sous oeuvre, assainissement
Waagner - Biro : charpente, ocuverture et façade
Forclum et Spie : électricité courant forts et faibles
Cegelec : CVCD / plomberie
Otis : appareils élévateurs électriques
Chapelec S.A.S : étanchéité
Desmoineaux : serrurerie, métallerie
Bredy : menuiserie
Flipo : peinture
DBS : plafons suspendus, cloisons, doublage
Monolite : faux planchers, revêtements de sol
Goppion : vitrines, socles, podiums...
Axians : équipements muséographiques

Assistants Maître d'Ouvrage :
OPC synthèse : EGIS
Coordinateur SPS : BECS
Bureau de contrôle : SOCOTEC
Acoustique et surveillance acoustique et vibratoire du chantier : Jean- Paul Lamoureux
Technique : Nerco
Géotechnique : ARCADIS

Crédits photos : R. Ricciotti / M. Bellini / Musée du Louvre / SPACEM / Antoine Mongodin / Olivier Ouadah / Raphaël Chipault / Claire Tabbagh / Collections Numériques / RMN / Franck Raux / Jean-Gilles Berizzi /

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