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Un nouveau visage pour le domaine de Chantilly (60) en avril 2009

© Cyberarchi 2020

Après la renaissance du Hameau en 2008, deux autres grands chantiers, initiés par la Fondation pour la sauvegarde et le développement du Domaine de Chantilly, verront leur aboutissement en avril 2009 : la restauration des célèbres jardins à la française dessinés par André Le Nôtre et la rénovation du dôme des Grandes Ecuries édifiées par l'architecte Jean Aubert au XVIIIe siècle.

 
 
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Rénovation du dôme des Grandes Ecuries : Le nouveau visage d'un majestueux Théâtre équestre

Véritable 'cathédrale civile', le palais que le duc de Bourbon, septième prince de Condé, fit édifier pour ses chevaux entre 1719 et 1735, conduisit la gloire de Chantilly et, avec elle, celle de la vénerie, à son apothéose. Colossal vaisseau de pierre où piaffent et caracolent les chevaux d'un somptueux décor sculpté à la gloire du vénérable équidé, l'édifice construit par Jean Aubert frappa de stupeur les invités du petit-fils du Grand Condé (et de Louis XIV), au point que le duc de Croy en jugea la magnificence outrée. Rien n'était trop beau cependant pour les chevaux de Monsieur le duc, que l'on conduisait ici s'abreuver à une monumentale fontaine à décor de rocaille où l'eau, entre quatre figures de cerf plus grand que nature, coule encore en cascades, sous l'immense dôme construit à la croisée des deux nefs occupées par les carrosses et les stalles.

L'optimisation de l'espace n'était pas vraiment le souci de l'architecte Jean Aubert lorsqu'il dessina le principe du dôme séparant les deux nefs des Grandes Écuries en 1719. Il s'agissait d'une sorte d'agora où l'on menait les chevaux de chasse et des attelages princiers s'abreuver à la magnifique fontaine. Louis-Henri de Bourbon, puis le duc d'Aumale utilisèrent alors ce dôme pour fêter et recevoir. Au XXe siècle, cet endroit se révéla être une salle parfaitement adaptée aux spectacles équestres, bien que très contraignante pour les chevaux et cavaliers. Les arts musicaux qui se sont de plus en plus imposés dans ces spectacles équestres ont révélé une nouvelle vocation pour cette fabuleuse coupole : une salle de concert à l'acoustique parfaite. Les premiers y furent programmés en 2008 par la Fondation.

Les gradins, devenus spartiates au XXIe siècle, étaient le point faible de ce lieu. Dès le 5 janvier 2009, ils ont été démontés pour être remplacés par des sièges spacieux permettant de profiter pleinement des spectacles équestres, concerts et autres manifestations culturelles qui animeront à nouveau cet espace dès le mois d'avril 2009. Le budget de ce premier chantier s'élève à plus de 700.000 euros, entièrement assuré par la Fondation.

Doté d'une nouvelle piste de 13 mètres, mais aussi de gradins amovibles permettant l'ouverture de la porte bordant la pelouse faisant face à l'hippodrome (qui, jusqu'à présent, était obturée), le dôme rénové restitue ainsi un point de fuite aboli par le temps (l'axe Nord-Sud) ; ressuscitant, du même coup, l'ampleur majestueuse des perspectives et des volumes grandioses savamment agencés en un subtil entrecroisement sous la voûte baroque d'un édifice que d'aucuns considèrent comme un des triomphes de l'architecture civile du XVIIIe siècle.

Pour permettre l'achèvement de ces travaux, bruyants et parfois inquiétants pour les chevaux, les pensionnaires des Grandes Ecuries ont quitté Chantilly début février pour s'installer pendant deux mois dans l'ancien manège des Ecuyers à Saumur. C'est dans ce site historique où est né le Cadre Noir que seront installés chevaux et écuyères.

Le réaménagement du dôme n'est que la première tranche d'un programme ambitieux. Les Grandes Ecuries vont vivre ensuite une grande phase de restauration, être consolidées dans leurs structures et leur architecture intérieure sera rétablie comme l'avaient imaginée et conçue Louis-Henri de Bourbon, son ordonnateur et Jean Aubert, son bâtisseur, au XVIIIe siècle.

Restauration des Grandes Eaux du Parterre Le Nôtre : La renaissance d'un système hydraulique somptuaire

Chef-d'oeuvre d'ingéniosité n'ayant d'égal que celui qui fut conçu à la même époque pour Louis XIV à Versailles, le système hydraulique créé en 1662 par André Le Nôtre pour alimenter les fontaines et les bassins du château du Grand Condé aurait pu ne rester que l'un des plus fastueux vestiges du Grand Siècle. Célébré dans les lettres et les mémoires des hôtes éblouis du Prince de Chantilly, mais enfoui sous la terre... Trop altéré et détérioré pour être exploité.

Démantelée à la Révolution, qui fit table rase des jardins de Le Nôtre, cette 'fabuleuse machinerie' avait pourtant failli renaître de ses cendres à la fin du XIXe siècle, lorsque le duc d'Aumale décida de restaurer le Parterre du Grand Axe. Sous-dimensionnés, les nouveaux tuyaux de fonte installés à la place des anciennes canalisations de bois, ne permirent jamais, en effet, de restituer aux jets d'eau leur hauteur d'origine (culminant jusqu'à 5m pour la Gerbe.) N'atteignant guère plus qu'1,50m, ces derniers ne pouvaient, depuis lors, que difficilement traduire la magie des Eaux de Chantilly qui avait envoûté pendant plus d'un siècle tous les Grands du Royaume.

Ce sont les mêmes partenaires ainsi que le Département de l'Oise, la DRAC et l'Institut de France qui financent la spectaculaire rénovation du grand parterre pour un budget total de 6 millions six cent mille euros.

L'oeuvre de Le Nôtre nécessitait une importante remise en état. Il s'agissait notamment de rétablir le très ingénieux système hydraulique conçu par le non moins génial architecte des jardins il y a plus de trois siècles. Après avoir étudié les documents de l'époque, Pierre-Antoine Gatier, architecte en chef des monuments historiques et Serge Darroze, responsable des parcs et jardins du domaine de Chantilly, vont pouvoir présenter en avril 2009 un nouveau spectacle aquatique avec des jets et fontaines atteignant parfois six mètres de hauteur et alimentés par les étonnantes techniques du XVIIe siècle.

Autour de ces bassins, les allées seront consolidées et dotées de nouveaux revêtements, les statues de la terrasse du Connétable et du Grand Parterre seront restaurées et les 'fleuves' incrustés dans le contrebas de la terrasse restitueront leurs spectaculaires murs d'eaux qui ne se déversaient plus depuis des siècles.

La Fondation, l'Etat et la Région financent ce programme architectural, qui s'inscrit dans le projet global de la Fondation : faire du Domaine de Chantilly une référence dans le paysage culturel et touristique mondial.

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