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Un lieu spirituel s'ouvre au monde moderne

© Cyberarchi 2020

Restauré et réhabilité, le site cultuel des Filles de la Sagesse à Saint- Laurent-sur-Sèvre s'ouvre au monde à l'aube du XXIe siècle.

 
 
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Les chantiers d'architecture cultuelle sont assez rares aujourd'hui pour que celui qui vient de s'achever à Saint-Laurent-sur- Sèvre, au coeur de la Vendée catholique, mérite une attention particulière, s'agissant de surcroît d'un domaine religieux de 10 hectares. Après deux ans et demi de travaux en site occupé, l'agence Edifices Architectes implantée à Angers (Maine et Loire) vient de livrer un important projet de réhabilitation et de rénovation de la « Maison Mère » des Filles de la Sagesse, une congrégation de femmes soucieuse de moderniser cet établissement congréganiste édifié à partir de 1721 afin d'en favoriser, en partie, l'accès au public ; ce lieu spirituel est, en effet, appelé à devenir un centre de ressourcement et de rassemblement à l'échelle internationale pour la congrégation.

Présente depuis près de trois cents ans dans ce village vendéen qui réunit, autour d'une basilique, deux autres communautés (les frères Saint-Gabriel et les Missionnaires Montfortains) la Congrégation des Filles de la Sagesse fut fondée par le Père de Montfort et Marie Louise Trichet, congrégation consacrée à la Sagesse par le soin des malades et l'éducation de la jeunesse. Depuis le XVIIIe siècle, cet ordre - qui étend très vite son activité à l'enseignement des enfants pauvres - rayonne sur cinq continents (2000 soeurs). En France, l'on compte 680 religieuses réparties dans 66 communautés. Parce que la Maison historique de Saint-Laurent-sur-Sèvre souhaite accueillir et former davantage de novices et s'ouvrir aux laïques, il est décidé au tournant du XXIe siècle d'entreprendre une restructuration du site qui durera plusieurs années.

Démarrée en 2008, la première phase a consisté à la réalisation sur le site d'un EHPAD de 168 lits (architecte : Gaëlle Péneau) par l'association de gestion Marie Louise Trichet, sur un terrain et un bâtiment donné à bail, pour abriter les religieuses âgées et des laïques. Puis la seconde, encore plus ambitieuse, s'attache à reconfigurer le couvent et ses extensions datant des XVIIIe, XIXe et XXe siècles qui ne correspondent plus aux besoins de cette communauté engagée dans le développement de son enseignement. Pour y parvenir et en qualité de maître d'ouvrage, la Congrégation des Filles de la Sagesse a désigné un comité de pilotage international pour la programmation du projet, comité constitué de quatre religieuses (une Canadienne, une Italienne et deux Françaises) et du directeur de Maison Sagesse.

Un projet complexe

L'objectif est de « restructurer le site en conservant l'identité profonde de la Congrégation » et d'avoir une vision pérenne des transformations à opérer : cette mission est portée par Laurent Bahin (ARCAS Conseil), ingénieur et assistant à la maîtrise d'ouvrage, qui joue le rôle d'interface entre la Congrégation, l'architecte et les entreprises. Partant de ce postulat et renonçant à faire appel à concours, le comité de pilotage avec Laurent Bahin préfère lancer une consultation libre auprès de trois agences d'architectures. Le « courant » étant passé avec Roland Korenbaum, cofondateur d'Edifices Architectes, cette agence angevine est choisie, en 2009, celle-ci ayant déjà restructuré, dans la région, la Maison Mère de la Congrégation de Sainte-Marie de Torfou.

L'enjeu du projet de Saint-Laurent-sur- Sèvre (13 000 m2) s'avère d'emblée complexe : les soixante soeurs « actives » du couvent veulent ouvrir leur « Maison » sur la commune et le monde extérieur, tout en préservant des espaces privatifs dédiés à la vie des religieuses. Cette exigence se concrétise par la démolition de 4000 m2 d'édifices vieillissants, puis par la construction de bâtiments neufs sur une surface de 1500 m2, le reste étant entièrement restauré. Le financement du projet (1600 euros le m2 utile) est assuré sur les fonds propres de la Congrégation (Province France et le Généralat à Rome). « Réservé au départ, le dialogue avec les soeurs s'est nourri des divers scénarios que j'ai dessinés, puis la confiance s'est peu à peu établie parce qu'elles ont senti que je ne voulais pas sacrifier leurs souhaits au profit d'un geste architectural qui les aurait violentées », expose l'architecte Roland Korenbaum qui a traduit le pari de la transparence par des percées franches dans les murs d'enclos et par des ouvertures subtiles laissant deviner leur présence sans la dévoiler.

Autre complexité de cette opération : réussir la distinction entre les parties non accessibles au public et celles qui le sont devenues, des espaces maintenant bien différenciés qui s'articulent autour d'une vaste chapelle intérieure. Le dosage dans les interventions de Roland Korenbaum a permis de préserver l'âme du site et les traces de l'histoire qui lui est liée, notamment au travers de poutres, de pans de murs ou de sols en pierre naturelle. Un exercice rendu difficile par le fait que la quasi-totalité des planchers a dû être reprise pour compenser le dénivelé entre la partie haute du site et la partie basse de manière à rendre le lieu accessible à tous. La partition d'ensemble tient son unité grâce à une maîtrise d'oeuvre qui puise sa force dans l'apport d'espaces paysagers et dans l'usage de matériaux nobles, le verre, la pierre naturelle, le cuivre et le bois, ce dernier étant omniprésent au travers de trois essences, le chêne surtout, mais aussi le frêne et le Wengé.

La sobriété de cette réhabilitation contemporaine en perpétuelle recherche de lumière fait pour ainsi dire écho aux valeurs spirituelles de cette Congrégation, un parti pris qui renforce l'atmosphère pacifiée du lieu. Le programme de rénovation se répartit en six zones distinctes : l'accueil et l'administration générale, un espace muséal, deux oratoires, une galerie vitrée reliant les espaces privés des soeurs et les espaces collectifs, les lieux de vie domestique, enfin des espaces communs de réunion, les lieux de vie des religieuses dans lesquels s'intègre un centre de formation pour les soeurs de la Congrégation résidant à l'étranger.

Fiche travaux :

Maître d'Ouvrage : Congrégation des Filles de la Sagesse
Assistant Maître d'Ouvrage : Arcas Conseil - M. Laurent BAHIN
Architectes : Edifices Architectes Roland KORENBAUM - Philippe BODINIER - Samuel de BOURGUES
Bureaux d'Etudes : CERT (Structure) - ISOCRATE (Fluides) - MASSON (Electricité) - GOUSSET (Economiste, OPC)
Scénographe : HISTOIRES DE ... - T.A.K.K
Bureau de contrôle : APAVE

Historique Fondation de la Congrégation en 1703
Implantation sur le site en 1721
Construction principale (Chapelle des Fondateurs XVIIIe, grande chapelle 1862 - 1869)
Constructions étagées sur 3 siècles pour répondre aux besoins évolutifs de la Congrégation

Programme Restructuration / Rénovation :
- des lieux de vie de la Congrégation religieuse (France et international)
- un centre spirituel
- un espace muséal
- un espace administratif Surfaces totales (SHON) :
- avant travaux : 15 800 m²
- démolies : 5 900 m²
- après travaux : 11 700 m² (réhabilitation et reconstruction)
Programmation : 2 phases de travaux - 2011 - 2013 - 2013 - 2014

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