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Un architecte met ses plans à la disposition du grand public

Romuald Marlin, architecte dans les Hautes-Alpes et concepteur de maisons en bois depuis 23 ans, tente aujourd'hui un nouveau pari, la vente de plans de maisons en ligne. Un concept qui demande encore à être affiné mais dont le grand public semble demandeur.

 
 
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«Les gens arrivent avec des magazines. Aussi je me suis demandé 'pourquoi je ne ferais pas mon propre magazine afin de travailler avec l'image de l'une de mes maisons' ?» A partir de ce constat simple, Romuald Marlin, architecte dans les Hautes-Alpes, est parti pour défricher des terres inconnues. En effet, depuis deux mois à peine - quatre semaines en fait que le site est opérationnel - Romuald Marlin propose sur son site la vente de plans de maisons.

«J'expérimente», dit-il en toute modestie, «n'ayant aucune idée où cela va me mener». Les objectifs sont nombreux et diffus, ce qui tend à prouver que le concept n'est pas encore tout à fait clair, mais la réaction des particuliers qui se sont d'ores et déjà manifestés tend elle à prouver que l'architecte avance dans une bonne direction.

Concernant le kit, il s'agit d'un immense lego en bois (de lamellé collé de Douglas), sans entretien, sans fondation, qui permet d'élever une 'maison' d'une surface couverte de 77 m2 qui peut servir au choix d'habitat temporaire pour couple, étudiant, célibataire, de salle polyvalente, d'atelier d'artiste, de bungalow pour amis, etc..

Si le projet est celui d'une véritable maison d'architecte, le client peut donc désormais acheter les plans, passer commande et se retrouver bientôt avec une belle maison d'architecte. Le modèle Shama par exemple, d'une surface utile de 165 m² (+ annexe/dépendance de 77 m² et une terrasse en bois de 54 m²) pour... 180.000 euros. «Des modèles de maisons dans lesquelles il fait bon vivre ; le bois et le soleil, matériaux et énergie renouvelable, sont sources de création et d'art de vivre», assure-t-il. C'est l'idée de base, un objectif pourtant «contraire à toute ma démarche» de recherche de la maison individuelle unique.

Ce premier objectif n'est que l'arbre qui cache la forêt. En effet, l'architecte sait pertinemment que «l'on ne peut plaquer comme çà un projet n'importe où». Il s'agit donc de montrer plus largement, à partir d'une trame de «ce qui est possible», que le bois en général, et l'architecture bioclimatique dont il est l'un des pionniers en particulier, peuvent s'adapter à toutes les conditions régionales. Or, comme «on est toujours capté par une image», des plans de principe avec les images afférentes offrent aux clients une base de discussion, y compris avec leur propre architecte. «L'idée est de communiquer à partir de quelque chose, puis faire abstraction de l'image et re-écrire l'histoire», explique-t-il.

L'aspect commercial n'est évidemment pas perdu de vue puisque l'architecte considère cette approche comme un produit d'appel pour la maison à ossature bois, une façon de communiquer avec les gens, quitte à reprendre la trame. Les plans proposés sont donc des modèles issus de l'expérience d'un architecte, qui n'a travaillé qu'avec la commande privée (plus d'une centaine de maisons), des contraintes et des besoins exprimés par ses clients

Définir une gamme de prix pour ces plans fut un autre casse-tête puisque les éléments de comparaison n'existent pas. Aussi l'architecte est parti sur une base de 3.000 euros pour des plans de permis de construire, adaptation du plan de base et volet paysager inclus. «Mais ce n'est pas encore arrivé», explique-t-il en riant. En revanche, ses plans de principe (1.500 euros) ont déjà suscité l'intérêt des particuliers, les premiers à réagir à la nouveauté offerte sur son site. «Nous avons déjà reçu beaucoup de demandes de particuliers, qui semblent agréablement surpris», dit-il. Son intuition, qui dans ce cas a valeur d'étude de marché, semble donc être la bonne.

Reste désormais à affiner le concept et tester sa viabilité. En tous cas, s'il constate qu'en France la HQE tient encore plus du discours que de la réalité, il note cependant un intérêt de plus en plus marqué de ses clients pour les questions d'économie d'énergie, de construction 'environnementale' et a le sentiment désormais de ne plus tout à fait prêcher dans le désert. Une réaction peut-être aux horreurs construites dans les Alpes dans les années 70 et 80. Assurément un souci d'authenticité auquel il tente, à son échelle, de répondre.

Christophe Leray

Pour découvrir le travail de Romuald Marlin : www.architecte-bio.com

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