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Tsunamis : une mobilisation sans précédent des architectes, qui ne doit pas faiblir

Suite au séisme qui a touché l'Asie du Sud le 26 décembre dernier provoquant de gigantesques raz-de-marée, les Architectes de l'urgence, dont la mission est d'apporter une aide aux sinistrés, ont rapidement réagi puisque les premières équipes se sont rendues sur place dès le 4 janvier dernier.

 
 
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Pourquoi des architectes ? «L'intervention de l'architecte est celle d'un généraliste qui formule, en utilisant ses compétences professionnelles ordinaires, des lectures de site, des analyses structurelles de bâti, des diagnostics de mise en sécurité...Il privilégie l'aide aux sinistrés et devient un allié très utile dans ces moments de détresse. Il sait s'adapter au terrain, opérer des classements, réaliser des cartes... et il permet par cette pratique une meilleure compréhension de la catastrophe», explique l'association, créée en avril 2001 à Amiens après les inondations dans la Somme. L'association s'est ainsi rendue début 2004 à Bam, en Iran, après un séisme meurtrier qui a fait plus de 30.000 victimes. En 2002, elle est intervenue lors des inondations dans le Sud de la France et, plus récemment, l'association s'est installée depuis le mois de juillet 2004 à Kaboul en Afghanistan.

Ce sont donc des équipes expérimentées, dont Patrick Coulombel, président des Architectes de l'urgence, qui se sont rendues dans un premier temps dans les zones affectées de l'Indonésie et du Sri Lanka afin d'effectuer une évaluation globale du sinistre et orienter une assistance à la reconstruction.

Au Sri Lanka, une autre équipe a pu se rendre sur les sites affectés de Colombo mais également sur certains villages de la côte sud et de la côte est. Là aussi, contacts ont été pris avec les institutions et les professionnels du pays, dont M. De Silva, président du Sri Lanka Institute of Architects.

Cette première phase a donc permis de définir les territoires sur lesquels les Architectes de l'urgence pourrons intervenir en mobilisant à la fois des architectes français et des architectes d'Indonésie et du Sri Lanka encadrés par des experts du processus global de reconstruction.

Au siège de l'association, on tient à saluer le formidable élan de solidarité des architectes français qui furent plus nombreux que jamais à proposer leur aide. Sauf que le défaut d'une pratique courante et écrite de l'anglais technique fut, en cette occasion, souvent un frein aux bonnes volontés.

C'est d'ailleurs cette mobilisation exceptionnelle des architectes français qui a poussé Jean-François Susini, président du Conseil national de l'Ordre des Architectes, à pousser un formidable coup de gueule à l'attention de Gilles de Robien, ministre de l'Equipement. Ce dernier a en effet invité lundi 10 janvier les professionnels du BTP afin de définir la manière de mobiliser l'expertise et le savoir faire français en ingénierie et BTP «pour les mettre à disposition» des pays d'Asie touchés par les tsunamis du 26 décembre. Une mission d'évaluation de deux semaines sera donc envoyée sur place a indiqué le ministre. Sauf qu'aucun architecte n'était invité à cette réunion et que le savoir-faire, justement, des Architectes de l'Urgence aurait sans doute pu s'avérer d'un grand secours, c'est le cas de l'écrire, à l'équipe du ministère. «Sans la moindre concertation comme d'habitude, une mission du BTP équivalente à celle des Architectes de l'urgence déjà sur place doit être organisée», écrit un Jean-François Susini dépité, pour le moins, et qui juge l'attitude du ministère «regrettable». «Saluons le ministère de la Culture qui a soutenu et relayé l'initiative des Architectes de l'urgence», conclut-il.

De fait l'association, ayant à coeur de mettre en place une coordination efficace et significative, les ordres nationaux des architectes d'Australie, des Pays-Bas et du Royaume-Uni, entre autres, ont d'ores et déjà pris contact avec leurs homologues français afin que des opérations de reconstruction d'envergure puissent être envisagées. Il n'est certes pas trop tard pour les fleurons du BTP français de se rapprocher des équipes déjà sur le terrain.

Il n'en reste pas moins que l'association a «vraiment besoin d'aide», pour l'Asie aujourd'hui en particulier, pour les autres actions qu'elle mène en général, le rythme des catastrophes, naturelles ou industrielles, semblant devoir à l'avenir s'accélérer. Les architectes peuvent aider l'association de plusieurs façons : en envoyant des dons - l'argent étant le nerf de la guerre -, voire tout simplement en devenant adhérant. Par ailleurs, l'association est également engagée dans des programmes de long terme, comme à Kaboul, pour lesquels les bonnes volontés sont les bienvenues. Plus précisément, en ce qui concerne l'Asie, l'association recherche par ailleurs de la documentation et des synthèses d'information concernant l'habitat local, les systèmes constructifs et les matériaux des régions dévastées. Spécialistes de l'analyse de photos satellitaires ne pas s'abstenir.

Pour donner un coup de main ou un coup de pouce, voire de simples encouragements :
www.archi-urgent.com.

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