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Toitures végétalisées : un retard français que l'excellence des entreprises peine à combler

© Cyberarchi 2019

Si elles n'étaient que trois (Le Prieuré, Siplast, Soprema) au Salon Batimat 2005, les entreprises françaises spécialisées dans la végétalisation de toiture s'illustrent en améliorant les techniques de mise en oeuvre et l'efficacité des produits, comme le prouve la médaille d'or (dans la catégorie 'Structure et enveloppe') obtenue lors du Concours de l'innovation par la société 'Le Prieuré'.

 
 
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Cet 'Hydro pack', développé avec le soutien de l'ANVAR en collaboration (remarquable, c'est à noter) avec les sociétés Siplast et Eternit, consiste en un bac précultivé à réserve d'eau accrue, destiné à la végétalisation des toitures, facilitant l'écrêtage des rejets d'eaux pluviales lors de fortes précipitations et réduisant ainsi les besoins en arrosage. Facile à poser, il évite les pics de pluviométrie dans les réseaux d'évacuation. Utilisable sur les toitures terrasses, en pente ou exposées à des vents violents, sur étanchéité ou sur supports étanches (plaques de fibres-ciment), ce produit "tout-en-un" évite les solutions traditionnelles qui imposent la mise en place successive de plusieurs couches (drainage, filtre, substrat, végétation).

Les avantages de la végétalisation des toitures et des terrasses ne manquent pas d'intérêts et sont désormais bien connues des spécialistes. En effet, la végétalisation permet une rétention d'eau, c'est-à-dire qu'elle a un effet retardateur d'écoulement des pluies d'orage (qualité cruciale eu égard au problème d'inondation, lequel met en cause les pratiques constructives traditionnelles) et diminue les volumes et les débits d'eau rejetés dans le réseau. Corrélativement elle améliore la qualité de l'air, en l'humidifiant et en réduisant la température, filtre les poussières et les polluants. De plus, elle a un rôle au plan thermique et acoustique puisqu'elle améliore le confort d'été, offre une économie d'énergie et une protection acoustique (une réponse aux RT). Plus étonnant encore, elle protège le bâti en réduisant les chocs thermiques, protège de l'étanchéité aux ultra-violets et accroît la durée de vie des toitures.

Une innovation qui s'inscrit donc parfaitement dans le thème du salon (le développement durable) dans la mesure où la mise en oeuvre de telles toitures permet de lutter contre l'effet de serre par absorption du CO2 par les végétaux. Au plan esthétique, elle s'intègre parfaitement au paysage, offre un confort visuel, une qualité de l'aménagement urbain et la création d'espace nature. La toiture terrasse végétalisée est une alternative intéressante aux protections meubles par gravillons en offrant une surface vivante qui change d'aspect selon les saisons. Que ce soit sur structure béton, bac acier ou bois, les professionnels de l'étanchéité et de la végétation, proposent des solutions techniques maîtrisées, testées et agréées par des organismes professionnels. Enfin, sa facilité d'entretien (maintenance réduite, reproduction naturelle des plantes et arrosage limité) est un atout intéressant. Bref, elle apporte une plus value au bâtiment.

Sauf qu'avec seulement 1% de toitures étanchées végétalisées, la France est, par rapport à l'Allemagne notamment, en retard. Ce n'est rien de l'écrire puisque, avec à peine 150.000 m² installés en France par an contre 13 millions de m² outre-Rhin, la comparaison se passe de commentaire. Le potentiel est en conséquence considérable si l'on considère les 22 millions de m² de toitures étanchées par an dans l'hexagone (toits des grandes surfaces, écoles, hôpitaux, etc.).

Qui plus est, le recours à la végétalisation reste souvent reléguée au rang de simple finition esthétique. C'est l'une des raisons, multiples, du retard français. Les professionnels se heurtent en effet à la méconnaissance des solutions de végétalisation par les acteurs de la construction et de l'aménagement urbain. "Les architectes autant que les services d'urbanisme assimilent la végétalisation extensive à la terrasse-jardin alors que cette dernière solution obéit à une réglementation et à des contraintes qui lui sont propres", souligne Pierre Georgel, PDG d'Ecovegetal.

De plus l'absence d'incitations financières et d'un véritable cadre réglementaire freinent un développement qui semble de toute façon, dans le cadre de l'accent mis sur le développement durable, inéluctable. En Allemagne et en Suisse, c'est justement ce qui est à l'origine de l'essor du marché, indique des spécialistes. "Parallèlement à la mise en place d'un cadre réglementaire, l'Allemagne a rapidement proposé des incitations financières. En 2000, la Bavière subventionnait à hauteur de 30 euros le m² de toiture végétalisée", souligne François Lassalle, président de l'ADIVET (association pour le développement et l'innovation en végétalisation extensive de toiture). D'autres landers allemands incitent voire obligent une telle opération sous peine d'amende. La ville de Bâle, en Suisse, subventionne à hauteur de 40% la végétalisation extensive en se fixant comme objectif la végétalisation annuelle de 30.000m² de toitures. Développée au début des années 80, la végétalisation des toitures représentait ainsi en 2001 en Allemagne un marché d'environ 9 millions de m² en 2001 ; ce qui a conduit à la création de plusieurs centaines d'entreprises travaillant partiellement ou exclusivement dans ce domaine. De tels efforts financiers s'inscrivent dans ces pays dans de véritables politiques urbaines et environnementales. En effet, l'effet positif de la végétalisation extensive dans la régulation et l'assainissement des eaux de pluie autant que dans l'amélioration du confort urbain est indéniable.

En France, une prise de conscience des pouvoirs publics semble lentement émergée. Ainsi, la mairie de Paris a intégré le concept de toiture végétalisée dans son Plan Local d'Urbanisme (PLU) et d'autres agglomérations sont prêtes à suivre le chemin frayé par la capitale. En tout état de cause, il faudra également compter avec l'ADIVET, créée en décembre 2001 sous l'impulsion d'Ecovegetal et de Soprema, pour agir auprès des autorités afin d'actualiser la réglementation en vigueur et favoriser des mesures incitatives. "Il devient urgent d'obtenir enfin la possibilité d'assimiler les toitures végétalisées à des espaces verts. Il est temps que les communes acceptent d'intégrer la végétalisation dans le coefficient d'espaces verts exigé par leur plan local d'urbanisme", explique François Lassalle.

Un objectif partagé par la Chambre Syndicale Française de l'Etanchéité (CSFE) qui s'est également fixée comme objectifs d'assurer la promotion de la "toiture verte", de coordonner et fédérer les diverses initiatives dans ce domaine, de stimuler les pouvoirs publics et de lancer des campagnes de communication pour mieux faire connaître les avantages des toitures-terrasses végétalisées. "Le terreau, si j'ose dire, s'y prête tout particulièrement, à travers les concepts de développement durable de l'aménagement urbain et, tout simplement, d'esthétique. Il y a donc un double enjeu, économique et civique", indique Dominique de Bray, président de la CSFE.

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