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Timothée Boitouzet : un architecte-chercheur très demandé

Woodoo : Copyright 2017

 

Comment un architecte de trente ans devient-il un entrepreneur récompensé par une grande université américaine ? A force de recherche, de réflexion et de travail passionné, vous dira celui qui a inventé Woodoo, un bois reconstruit à l'échelle moléculaire. Ce matériau permettra peut-être un jour de construire des immeubles entiers, augurant la ville en bois de demain.

 
 
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La journée type d'un chercheur-entrepreneur ? « Très intense. Mon téléphone sonne toutes les deux minutes. Des appels des quatre coins du monde. Depuis ma victoire en tant qu'innovateur du MIT, je suis très sollicité, tous secteurs et tous pays confondus ». Entre les entretiens avec la presse, les industriels qui veulent en savoir plus, les financiers qui veulent investir dans cette technologie, sans oublier les responsabilités de fondateur-président de société (un associé et un chimiste de la Silicon Valley à coordonner) : les journées sont chargées !

Pour comprendre comment il est arrivé là, il faut reprendre la route, depuis le début du pèlerinage. Il commence ses études à l'École d'Architecture de Versailles. A 20 ans il part au Japon pour deux ans où il étudie à l'Institut Technologique de Kyoto. Et travaille à Tokyo pour SANAA et Kengo Kuma. « Ce qui m'a vraiment fasciné au Japon, c'est leur sensibilité pour intégrer l'objet architectural dans son environnement, dans le traitement des matériaux. Chez SANAA le bâtiment est comme dissous dans son environnement naturel. Kengo Kuma, ce qui l'intéresse, c'est surtout la dématérialisation. Tout cela est sous-jacent à la culture japonaise : le bâtiment n'est pas fait pour être éternel, il a différentes vies en fonction des saisons, de l'air, de la lumière. »

 

« Combiner la nature avec la technologie »

 

Le jeune étudiant décide alors d'aller plus loin dans sa recherche. Il estime que pour contrôler tout le processus créatif, il faut que l'architecte crée ses propres matériaux. Et applique ses connaissances de l'architecture à la matière elle-même. Son intuition : « combiner la nature avec la technologie. »

Il postule dans plusieurs facultés américaines et choisit Harvard pour « l'émulation, cette énergie trans-disciplinaire, et des équipements phénoménaux pour travailler sur ce genre de recherches. » Il commence à faire son métier d'architecte, mais sous microscope. Et se focalise sur le bois, à l'échelle macro comme à l'échelle moléculaire, pour en faire un matériau de demain.

A son retour en France il rejoint Dominique Perrault, où il retrouve cet attrait pour la matière et la géométrie. Et s'envole un an plus tard pour le Danemark avec une culture scandinave également très portée sur ces questions. Puis ce sera l'agence Herzog et de Meuron qui fait appel à ses talents, pour le stade de football de Chelsea à Londres.

 

Le rôle de l'architecte : être un médiateur

 

C'est alors qu'il décide de monter sa propre agence, avec un camarade de promo de Versailles, Younes Diouri. « On s'est dit que le XXIème siècle serait celui de l'Afrique. Quand j'ai réalisé qu'il y avait plus d'architectes dans le 11ème arrondissement de Paris que dans tout le Maroc, je me suis dit qu'il y avait plus d'opportunités au Maroc » !

Le rôle de l'architecte ? « A une certaine époque – les années 50, 60 – l'architecte avait un vrai rôle social. Il avait vocation à améliorer nos conditions de vie. Il devait repenser le logement pour que celui-ci soit en phase avec la modernité. » A l'École il apprend surtout sur l'aspect esthétique. Mais pour lui, en tant qu'architecte, il faut trouver quelle valeur ajoutée apporter à la société. « On a toutes les capacités pour le faire. On est une profession prédisposée pour l'entreprenariat. On a un très fort potentiel de communication, on se focalise sur de grandes idées, et on a cette faculté de parler à plein de professions qui n'ont rien à voir, c'est le coeur de notre métier : être médiateur ».

 

Laurent Perrin

 

Un bois innovant
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