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Syndicat de l'Architecture : les PPP, la mort sur ordonnance de l'architecture publique

© Cyberarchi 2019

Trois jours après la lettre ouverte signée du CNOA, du CICF, de l'UNGE, de l'UNSFA et de l'UNTEC, le Syndicat de l'Architecture a adressé, le 9 mai 2008, une lettre aux parlementaires pour signifier son désaccord concernant la généralisation des Partenariats Publics Privés (PPP). Texte intégral.

 
 
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Mesdames et Messieurs les parlementaires,

Un projet de loi est actuellement en discussion, qui vise à faciliter et généraliser le recours aux Contrats de Partenariat notamment en contournant les restrictions imposées par le Conseil Constitutionnel qui souhaitait en limiter l'usage.

Le Président de la République a solennellement déclaré que "l'urbanisme et l'architecture sont des leviers profonds d'une politique de civilisation".

Parce que les bâtiments publics constituent des repères singuliers dans la cité et dans les mémoires, parce qu'ils abritent les missions de service public et témoignent de la présence et du rôle de l'Etat et de la République, ils doivent exprimer dans l'espace et dans le temps les valeurs sociales et culturelles d'une société.

Transférer la maîtrise d'ouvrage publique à des groupes privés pour concevoir, réaliser, assurer la maintenance ou gérer des ouvrages publics, c'est à coup sûr détruire le sens qu'ils doivent porter, c'est compromettre l'équilibre des villes, c'est prendre le risque de rater l'objectif souhaité par tous d'une ville plus amène, plus accueillante, plus conviviale, plus juste et c'est condamner les générations futures à servir des rentes profitables aux actionnaires des groupes financiers.

"Le Partenariat Public Privé c'est la Programmation du Profit Privé, c'est la Perte du Pouvoir Politique" (Professeur Riccardo Petrella au congrès du Conseil des Architectes d'Europe, Bruxelles avril 2008).

Il est des domaines qui, malgré les risques financiers, n'auront qu'un impact relatif sur l'espace de vie des citoyens ; des tunnels, des éclairages publics ou des réseaux enterrés par exemple, mais livrer l'architecture et l'urbanisme, art du visible, à la seule ingénierie technique et financière, c'est condamner l'espérance d'un 'mieux vivre ensemble'.

L'architecture publique a toujours innové et la maîtrise d'ouvrage privée s'en est parfois inspirée, mais le contraire ne s'est jamais vu.

La Loi MOP (loi sur la Maitrise d'Ouvrage Publique) a organisé la séparation entre les missions de conception réalisées par l'architecte et la réalisation du projet par l'entreprise, mettant ainsi un terme aux confusions générées par les marchés de 'modèles' ou autres marchés-cadres.

Au moment où nombre d'entre vous souhaitent que tous les Français soient propriétaires de leur maison, pensez-vous raisonnable que l'Etat et les collectivités soient locataires des bâtiments publics devenus désormais propriétés privées ?

Mesdames et Messieurs les parlementaires, devant ce risque immense de banalisation de l'espace de vie de nos concitoyens, nous vous demandons solennellement d'exclure l'architecture et l'urbanisme du champ des Contrats de Partenariat car il en va du sens même de vos responsabilités d'élus de la République et de l'héritage culturel que vous laisserez.

Le Syndicat de l'Architecture

Lire également la lettre ouverte signée par le CNOA, le CICF, l'UNGE, l'UNSFA et l'UNTEC et notre article 'PPP NON ! NON ! NON !'.

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