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Sous les Dunes, la plage ?

Jean-Pierre Porcher pour Architectures Anne Démians : Copyright 2019

 

À quoi doivent ressembler les bureaux d’une grande banque française ? Anne Démians a eu l’occasion de répondre à cette question au travers d’un projet XXL : le nouveau « campus tertiaire » de la Société Générale, à Fontenay-sous-Bois. Le résultat est rationnel, net et sans bravade…

 
 
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C’est le grand déménagement pour la Société Générale. À ce jour, 2500 salariés ont rejoint son nouveau « campus tertiaire », à Fontenay-sous-Bois, dans la banlieue est de Paris. Presque 3000 autres sont attendus d’ici la fin du mois de novembre. Quittant pour la plupart les sites de la Défense dont la deuxième banque française n’était que locataire, ils devront se familiariser avec l’éloignement de la capitale. Petite compensation géographique de leur nouveau lieu de travail de 89 000 m2 : il ne se situe qu’à 200 mètres de la gare de RER A, arrêt Val de Fontenay.

C’est l’architecte Anne Démians, lauréate du concours en 2011, qui a eu le soin de concevoir cet imposant projet de bureaux sur un terrain de 23 000 m2 du quartier d’affaires du Val-de-Marne. Face à la densité du programme, il lui revient le mérite d’avoir adopté un parti-pris d’une efficacité redoutable, source d’économies d’échelle. L’architecte a divisé la parcelle en cinq bandes parallèles nord-sud. Deux d’entre elles ont été laissées presque vierges pour constituer des cours de grande longueur qui s’intercalent entre des bâtiments construits sur les trois autres. 

Ces vastes « courées » ensoleillées à l’adresse des salariés (à l’heure des pauses ou des réunions informelles en plein air, par exemple) sont perforées de patios arborés qui éclairent le niveau en sous-sol. L’ambiance y est presque relaxante, voire réparatrice avec ses chaises déplaçables comme au jardin du Luxembourg, et peu perturbée par la ligne ferroviaire du RER dont le site n’est séparé que par un rideau de verre. En bref, le rapport plein-vide génère des espaces extérieurs assez convaincants, malgré un plan-masse succinct sur le papier. À l’aide du paysagiste Pascal Cribier, l’architecte a su déployer une vision apaisée de la forte densité en milieu urbain, exploitant le caractère particulièrement protégé de l’ensemble tertiaire, à la fois piéton et privé.

 

Ambiance start-up

 

Les trois bâtiments de bureaux, dont le plus long mesure 180 m environ, présentent une morphologie identique. Ils sont largement vitrés et sont drapés d’une enveloppe en matériau composite à base de bois. Surnommés « les Dunes », en raison du profil plissé de cette seconde peau à claire-voie qui filtre les rayons du soleil, ils s’amenuisent de 25 cm d’étage en étage de façon à mieux ouvrir les cours vers le ciel. Il en résulte des plateaux de bureaux de largeur variable qui, néanmoins, restent tous conçus selon le même modèle : un noyau central avec sanitaires et « print corner », des postes de travail le long des façades et toute une batterie d’espaces collaboratifs et individuels, inhabituelle dans les immeubles tertiaires conventionnels.

Au-delà des bénéfices du déménagement en termes de coût d’exploitation, la Société Générale visait en effet une refonte de la manière de travailler de ses collaborateurs. La banque s’est inspirée de l’exemple de Google que d’autres, avant elle, ont repris, traduisant une tendance lourde sur une nouvelle façon de concevoir les espaces de travail et la mise en avant du principe de sérendipité. Dans les Dunes, chacun est libre de s’installer là où une place est disponible. Les salariés disposent de casiers individuels où ranger leurs affaires personnelles et leurs dossiers en cours. Ils peuvent ensuite rejoindre un open space, téléphoner longuement dans une cabine prévue à cet effet sans déranger leurs voisins, gagner une salle de visioconférence, un salon informel de réunion, faire une séance de brainstorming en binôme dans quelques fauteuils confortables…

 

Double niveau de référence

 

Pour les moments de décompression, chaque étage réserve un espace cafétéria, équipé d’une télévision, d’un baby-foot ou d’un jeu électronique identique à ceux que l’on rencontre dans les cafés parisiens. Ces espaces clos trouvent des prolongements extérieurs au moyen de balcons coiffés d’une pergola dont la répétition donne un peu de relief aux façades.

En dépit de surfaces de plancher importantes, l’organisation générale du complexe tertiaire est d’une grande limpidité. Le niveau des cours (reliées entre elles par des passages sous porche) constitue le sol principal de référence, en correspondance avec l’espace public du côté de la gare de RER. Un niveau plus bas, un second sol de référence, presque à niveau avec l’arrière de la parcelle (avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny), offre également la possibilité d’accéder aux étages de n’importe quel bâtiment grâce à une rue souterraine. On y trouve les principaux éléments mutualisés du programme éclairés par les patios (restaurants d’entreprise, café, auditorium, etc.). Comme partout ailleurs, les finitions y sont impeccables, riches, mais jamais clinquantes. Une sobriété motivée, selon Anne Démians, par le souhait de la Société Générale de « gommer les signes extérieurs de pouvoir et de modifier l’image de l’entreprise bancaire. »

 

Tristan Cuisinier

 

Fiche technique :

Maîtrise d’ouvrage : Société Général
Maître d’ouvrage mandataire : Sogepro
Architecte : Anne Démians, architecte (équipe de projet : Martin Mercier, Jack Weinand, Malik Darmayan, Gabriel Ober, Francesco Girardi, Minsu Lee, Maïté Casas, Davis Dahan, Igor Sanchez, Alain Sabounjian)
BET : Mazet & associés (économie), VP & Green (façade et structure), Egis (fluides et électricité), Gaury (cuisiniste), Alto Ingéniérie (HQE)
SHON : 89 000 m2
Coût : 210 M€ H.T

 

Les Dunes
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