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Scape ou l’architecture plurielle

Roberta Krasnig : Copyright 2019

Ludovica Di Falco et le nom de l’agence d’architecture SCAPE ne font qu’un. A cheval entre la France, à Paris, où l’agence possède ses bureaux et l’Italie, des projets variés, des concours gagnés mais aussi un parcours atypique que l’architecte nous raconte avec ardeur.

 
 
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Ludovica Di Falco est une architecte dynamique qui, après s’être associée à trois autres architectes italiens, dirige aujourd’hui seule l’agence SCAPE. Littéralement le mot scape est un suffixe utilisé pour former des mots décrivant un point de vue ouvert sur quelque chose « Nous pouvons parler de cityscape ou landscape, toutes les formules sont bonnes pour nous rappeler que l’architecture et son contexte sont indissociables. » Souligne l’architecte.

 

Chef d’orchestre

 

La ville avec un grand V est le terrain de jeu favori de Ludovica Di Falco. L’architecte, née à Naples de père italien et de mère suisse, a fait ses études dans les lycées français de Naples et de Rome avant de s’orienter vers l’architecture. Dès le départ, la jeune étudiante en architecture rêvait de travailler à Paris. Par un concours de circonstance, elle quitte son pays natal pour faire un stage chez l’architecte Jean-Pierre Buffi, un compatriote installé dans la capitale française. Mais l’un des éléments importants dans le parcours de Ludovica Di Falco est la participation aux Nouveaux Albums des Jeunes Architectes & Paysagistes (NAJAP). SCAPE est lauréat en 2008 et Ludovica prend en charge l’installation de l’agence à Paris.

 

Pour Ludovica Di Falco travailler à Paris en tant qu’architecte est une grande chance. Elle considère qu’il faut exercer dans « un environnement qu’on aime et qui nous inspire ». Bien que profondément liée à ses origines méditerranéennes, l’architecte se sent stimulée géographiquement et culturellement par la ville lumière, plus européenne. Aujourd’hui, depuis son agence parisienne de la Cité Paradis, Di Falco dirige ses projets européens qu’ils soient en France, en Italie ou ailleurs. Une petite antenne milanaise lui permet de garder le lien avec son pays d’origine.

 

La dirigeante de SCAPE compare l’architecte à un chef d’orchestre ou, pour être plus proche du monde du cinéma qu’elle affectionne particulièrement, à un metteur en scène. En effet pour elle, il s’agit du personnage qui coordonne les divers métiers et les différentes connaissances. « Aujourd’hui, de plus en plus d’experts participent à un projet, c’est l’architecte qui crée le lien entre tous. » Souligne Ludovica Di Falco qui prône une architecture modeste loin des standards égocentriques que certains architectes cultivent. « Gio Ponti était un professionnel », Dit-elle avec le sourire. Tout en étant consciente qu’une œuvre soit unique, l’architecte reste mesurée. Cette modération est non seulement un trait de caractère mais une volonté qui se décerne dans les travaux de l’agence. Et bien qu’il s’agisse de projets variés, chaque idée ou réalisation s’adapte parfaitement à son entourage. « J’aime faire un bâtiment qui regarde la ville en 360° » Rajoute-t-elle.

 

La soliste du BIM

 

Selon la dirigeante de SCAPE « En Italie, la notion de l’histoire est très présente dans la conception architecturale. Une lecture sélective de la mémoire d’un site permet d’adapter un projet à son environnement et d’anticiper les évolutions futures ». Imprégnée de ces enseignements, l’architecte conçoit des projets durables dans le temps. En témoigne plusieurs projets que l’agence a réalisés comme le bâtiment pluri-équipements réalisé en 2014 situé dans la ZAC des Lilas sur lequel la mairie demande aujourd’hui une extension. Un exercice atypique que l’architecte prend avec philosophie. « C’est très intéressant de compléter, après des années, un projet qu’on a réalisé » Souligne cette dernière.

 

L’agence qui vient de livrer avec Baumschlager Eberle un bâtiment en structure bois de 17000m² de bureaux dans la ZAC de Clichy-Batignolles à Paris, développe actuellement plusieurs projets : la gare de Bondy sur la ligne 15 est du Grand Paris Express, un complexe d’entrepôts, d’ateliers et de bureaux de la ZAC de la Bonde à Massy, le centre de commande ferroviaire de Pantin, l’hôtel de 233 chambres en structure mixte béton-bois à Montévrain, 99 logements et espace public à Milan-Bovisa, le musée national du judaïsme italien et de la Shoah de Ferrara. Des conceptions hétéroclites qui ne mettent pas en avant ni une signature particulière ni un matériau particulier mais un savoir-faire unique.

 

Notons que SCAPE a adopté la technologie BIM depuis longtemps, aujourd’hui, pionnière et experte, l’agence est reconnue comme une référence dans la matière. Cela demande beaucoup de rigueur que l’on trouve partout et dans toutes les phases de travail de l’agence. En évoquant le BIM comme méthode de travail à la base du travail de l’architecte, Ludovica donne Brunelleschi et le dôme de Florence comme exemple, « Plusieurs experts du BIM identifient ce chantier et son auteur comme les premiers « procès collaboratifs » de l’histoire de l’architecture. On peut dire que Brunelleschi est le premier architecte BIM », dit-elle tout sourire.

 

L’agence d’architecture qui, jusque-là possède de remarquables réalisations, semble, grâce à la volonté de Ludovica di Falco, continuer sur la même lancée.

 

Sipane Hoh

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