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Requalification du Passage Stinville signée Babel, à Paris

© Cyberarchi 2020

Sur un territoire urbain hétérogène et contrasté, entre une zone composée de barres de grande hauteur et la ZAC Reuilly, Babel (Michel Seban, Elisabeth Douillet, Bernard Mauplot), ont réalisé pour le compte de la Ville de Paris et la Semidep un ensemble de 45 logements locatifs sociaux en étage, un Centre d'Animation à rez-de-chaussée et un parking sur trois niveaux.

 
 
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Babel, de passage à Stinville, a construit un Centre d'Animation et un ensemble d'appartements destinés à la location ; ouvert l'îlot en élargissant le passage vers le square, pour mettre en valeur et pérenniser les habitudes des habitants du quartier ; arrondi les angles en reconstituant l'alignement de la rue Montgallet, en accompagnant les retraits des immeubles voisins, en ménageant les vues et le soleil des riverains, en privilégiant les vues et les meilleures orientations solaires sur le square ; organisé la cohabitation entre un équipement public et des logements, en donnant au public, le passage, et au privé, le coeur d'ilôt ; mit le Centre d'Animation sens dessus-dessous au travers d'un projet bipolaire, organisé de part et d'autre du Passage et dans lequel l'économie de moyens ne se cache pas, où sols et plafonds se rejoignent sur les murs, se disputent la couleur, et font le spectacle dans une mise en scène ludique de la technique ; et agrandi les pièces des logements de 25% à 30%, en s'appuyant sur des usages et des pratiques différenciées du logement, en proposant un choix qui dépasse le seul nombre de pièces, pour offrir le luxe de l'espace avec la souplesse et adaptabilité.

L'opération se situe près de la rue de Reuilly, sur un territoire urbain hétérogène et contrasté, entre une zone composée de barres de grande hauteur et la ZAC Reuilly. Son terrain est divisé en deux parties, de chaque côté du passage Stinville, dont l'une forme angle avec la rue Montgallet et s'y développe sur près de 50 mètres. L'ensemble compte 45 logements locatifs sociaux en étage et un Centre d'Animation à rez-de-chaussée. Un parc de stationnement sur trois niveaux en sous-sol accueille 80 places de parking.

... Ouvrir l'îlot...

La requalification du Passage Stinville est un regard porté sur l'îlot dans son ensemble. Ce dernier se caractérise par une série de circulations piétonnes traversantes dans des espaces publics, ou privés à usage public. Ces passages, rues, places, associés au square, forment des cheminements parallèles reliant les rues de Reuilly, Charenton, Erard et Montgallet. L'élargissement du Passage Stinville proposé ici et le jardin intérieur qui dessert les logements, contribuent à pérenniser et valoriser cette logique d'usage des coeurs d'îlot.

... Arrondir les angles...

La rue Montgallet montre le visage d'un tissu urbain parisien traditionnel décousu au fil des ans, entre les barres du quartier Saint-Eloi, l'église et la Z.A.C. Reuilly, fortement animé par une activité commerciale dense à rez-de-chaussée (magasins d'informatique). Le projet reconstitue l'alignement sur la rue Montgallet, et cadre fortement le Passage Stinville, vue des deux côtés, mais accompagne aussi les retraits des immeubles voisins, ménage les vues et le soleil des riverains. Il va jusqu'à "mimer le mitoyen", tout en conservant une modénature contemporaine, écrite dans le détail des menuiseries et de sa vêture de cuivre brun et de brique.

Dans la frange sud du passage, il montre en revanche sa différence de situation et souligne la transition entre deux espaces urbains contrastés : la rue, d'une part, avec ses alignements de façades et les gabarits "parisiens" cernant l'îlot et le square et les "barres isolées ", d'autre part. Ainsi, la figure de l'immeuble sur rue évolue vers une façade ouverte, dont la modénature est héritée de la variété des situations offertes aux logements, privilégiant les vues sur le square, la recherche des meilleures orientations solaires, les prolongements extérieurs, les balcons, les terrasses, les loggias...

Le dessin des grilles et des garde-corps développé pour l'ensemble de l'opération trouve son inspiration dans celui des garde-corps parisiens, au fil des siècles, détournés, retranscris dans leurs trois dimensions au travers d'un modèle mathématique aboutissant à la création d'un motif original, léger et transparent, aléatoire et répétitif. Ce travail a été conduit en association avec les architectes d'Objectile.

... organiser la cohabitation...

Une des particularités de l'opération tient à la nécessité d'intégrer deux programmes dans un même bâtiment (logements et équipement vont devoir cohabiter) et de les distinguer, autant sur le plan fonctionnel que sur le plan urbain (il fallait "voir" l'équipement, il ne fallait pas gêner les riverains...).
Les nécessités du phasage de l'opération ont voulu de surcroît que l'imbrication des deux programmes se répète sur chaque rive du passage. En regard de la différence de nature d'usage entre les logements et le Centre d'Animation, l'un privé, l'autre public, une distinction et une indépendance entre eux étaient nécessaires à l'intérieur de chaque ensemble bâti. Ainsi cette distinction logique a t-elle été étendue à l'espace urbain.
- Au public, le Passage.
- Au privé, le coeur d'îlot.

... mettre le centre sens dessus-dessous...

Le Centre d'Animation tire sa force de son économie générale, des contraintes de phasage et de son implantation de part et d'autre du passage public.
Deux données de départ ont présidées à sa conception :
- Démarquer visuellement l'équipement des bâtiments de logements et ne pas "noyer" les 600 m² qui lui sont dédiés dans les 4.600 m² de logements attenants.
- Développer une identité visuelle et fonctionnelle entre les deux parties du Centre, dont la séparation n'est que le résultat du phasage du programme, condition première ici à sa réalisation.

Il en résulte un projet bipolaire, organisé de part et d'autre du Passage qui lui est principalement dédié.
Il convient de dire aussi, qu'in fine, le phasage n'a pas eu lieu ....

A l'intérieur, l'économie de moyens - béton brut et sols souples - ne se cache pas. Sols et plafonds se rejoignent sur les murs, se disputent la couleur, et font le spectacle dans une mise en scène ludique de la technique, mise sens dessus-dessous. Le hall d'exposition se développe le long de la façade vitrée, ouverte sur le jardin attenant et l'ensemble des pièces se distribue autour de cet espace que le visiteur peut balayer du regard. On y trouve des bureaux, des salles d'activités, une salle informatique, une salle d'art plastique, des vestiaires... Une salle de danse s'implante en limite de parcelle et se trouve totalement séparée du volume du bâtiment de logements afin de répondre efficacement aux contraintes de hauteur et d'isolement acoustique.

... et agrandir les pièces...

L'organisation intérieure des logements découle de deux principes de base, apparemment contradictoires :
- S'inscrire dans des surfaces globales compatibles avec les contraintes du logement social et la capacité locative des résidents.
- Offrir en revanche des surfaces unitaires de pièces supérieures de 25% à 30%, parfois plus, aux canons usuels du logement social.

Pour ce faire, un regard spécifique a été porté, en collaboration avec le maître d'ouvrage, sur la distribution interne des appartements. Dans le but d'augmenter de façon sensible les surfaces des chambres et séjours, quelques principes de distribution "traditionnelle" des logements sont ici remis en question, partant de constats sur l'évolution même des locataires et de leur variété. Ainsi, des alternatives à l'organisation "type" sont ici développées, s'appuyant sur des usages et des pratiques différenciées du logement.

Le principe de séparation jour/nuit est conservé, car il garde sa pertinence dans une grande majorité de cas, mais séjours et cuisines s'articulent autour d'un espace unique ; certaines cuisines sont au centre du logement, les entrées et circulations sont réduites à leur strict minimum (Pour cela, il faut aussi parfois traverser les séjours pour accéder à la zone des chambres, mais le séjour atteint entre 25 et 30 m²), les portes sont coulissantes et s'effacent dans les cloisons libérant pour chacune d'elle 1 m² d'espace. Deux chambres peuvent partager une salle de bain, ce qui supprime le couloir et offre à chacune d'elle 13 à 14 m², à vivre...

Proposer un choix de logements qui dépasse la stricte typologie du nombre de pièces, offrir le luxe de l'espace et toute la souplesse d'utilisation et d'adaptation qui s'y attache, tel est le sens de la démarche engagée. En prime, l'énergie électrique associée à une isolation thermique par l'extérieur, gage de charges maîtrisées pour les habitants, durablement...

Consulter également notre album-photo 'Avec Babel, logements et équipements parlent le même langage'

Fiche technique

Centre d'Animation et 45 logements, Passage Stinville, rue Montgallet à Paris 12ème
Maîtres d'ouvrage :
Centre d'Animation, Ville de Paris, Direction de la Jeunesse et des Sports
Logements : SEMIDEP
Maître d'oeuvre : Babel (Michel Seban, Elisabeth Douillet, Bernard Mauplot)
Entreprise : Demathieu et Bard
Coordinateur SPS : ANM Consultants
Contrôleur technique : Norisko Construction

Requalification du Passage Stinville signée Babel, à Paris
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