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Rennes Métropole choisit l'urbaniste pour EuroRennes

© Cyberarchi 2019

Les élus de Rennes Métropole ont attribué, le 17 décembre 2009, au groupement FGP - TER - OGI la maîtrise d'oeuvre urbaine du site stratégique d'aménagement de la gare de Rennes 'EuroRennes'. Cette décision marque une nouvelle étape dans la réalisation de ce grand projet urbain pour un rayonnement européen. Communiqué.

 
 
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Pour choisir le maître d'oeuvre urbain d'EuroRennes, Rennes Métropole a décidé de recourir à une procédure négociée au vue de la complexité du projet avec, à l'issue, un accord cadre mono-attributaire.


Trois équipes ont participé à la négociation :
>> Studio 9, Bernardo Secchi et Paola Vigano et leurs sous-traitants : AMCO, Dirk Jasepaert et TRIBU ;
>> FGP, Jacques Ferrier, Philippe Gazeau et Louis Paillard et leurs co-traitants : Agence TER et Omnium Général Ingénierie ;
>> Atelier des Paysages, Alain Marguerit et ses co-traitants : Eurostation, Bres+Mariolle et associés, Soberco Environnement, ETC - Philippe Masse, Cabinet Guillemot et ACOGEC.

A l'issue de cette procédure, les élus de Rennes Métropole ont retenu l'offre de l'équipe FGP-TEROGI.

Les intentions de l'équipe FGP repose sur les principes suivants :

  • les liaisons urbaines Nord / Sud ne peuvent réussir que dans le cadre d'une réflexion qui intègre et utilise les caractéristiques topographiques du site ;
  • la gare et le nouveau pôle d'échanges doivent dépasser les limites d'un bâtiment-pont et l'intégrer dans un nouveau paysage ;
  • cet ensemble doit être un lieu animé d'échanges superposant des activités diverses, franchissant largement les infrastructures ferroviaires et tissant des liens différenciés avec les secteurs environnants ;
  • le projet urbain général doit relier les rives du fleuve ferroviaire aux berges de la Vilaine.
"paysage construit"

En outre, l'organisation de l'équipe permet de constater que des moyens humains conséquents sont mobilisables. La proposition de FGP est à la hauteur des ambitions de Rennes Métropole de faire d'EuroRennes une opération majeure et emblématique de la ville de demain, une ville qui se construit là où est le mouvement.

Interview des urbanistes et paysagistes

L'équipe qui intervient sur EuroRennes
Jacques Ferrier : "L'équipe qui intervient sur le projet EuroRennes, ce sont d'abord FGP (Ferrier, Gazeau, Paillard), qui est l'association de trois agences d'architecture au sein d'un laboratoire de Recherche urbaine. Nous abordons le projet urbain vraiment comme un champ d'innovations expérimentales. Nous sommes associés étroitement à l'agence TER, qui sont nos paysagistes. En effet, dans nos intentions, les notions de paysage, d'urbanisme et d'architecture sont indissociables, puisque nous avons mis en avant le concept de paysage construit.

C'est un tandem qui va travailler de façon assez fusionnelle pendant tout le projet EuroRennes. De plus, nous nous sommes également entourés de consultants pour compléter l'équipe : OGI, pour l'ingénierie et Franck Boutet, qui est notre spécialiste environnemental".

Les modalités de la consultation
Philippe Gazeau : "En ce qui concerne les modalités de consultation à laquelle nous avons participé, ce qui les caractérisent le plus, c'est la grande liberté d'échange et de discussion que l'on a pu avoir avec la maîtrise d'ouvrage. Tout d'abord, la maîtrise d'ouvrage a été le moteur et nous a expliqué les fondements de la question posée.

Et puis, au fur et mesure, notre équipe de maîtrise d'oeuvre a été force de propositions. A l'occasion de toutes ces réunions, nous avons pu avoir une grande liberté de ton. De plus, nous avons également été frappés de la manière dont les élus ont pu échanger avec nous sur tous les sujets, sans a priori et de manière très ouverte. Cela nous a donné confiance pour faire des propositions les plus ambitieuses, celles qui nous paraissaient être les plus pertinentes dans le cadre de la consultation".

Ce qui vous a attiré dans le projet EuroRennes
Jacques Ferrier : "Ce qui est passionnant avec le projet EuroRennes, c'est qu'il est emblématique des questions qui se posent pour les grandes métropoles européennes aujourd'hui : c'est la question des liens des centres historiques avec les nouveaux centres, des périphéries qui deviennent des nouveaux centres ; c'est la question de l'échange des divers modes de transports.

En effet, le projet EuroRennes est axé autour de la gare TGV, de ses évolutions et des autres modes d'échange. Et c'est comment utiliser l'énergie disponible créée par tous ces mouvements : 120.000 voyageurs / jour. C'est une sorte de matière de base urbaine conséquente : comment, à partir de ces notions de fonctions, de ces notions quantitatives, nous pouvons créer une qualité urbaine et un plaisir d'être là, de voyager, d'avoir des commerces, des restaurants, un paysage et une ville qui se construit là où est le mouvement".

Les intentions du projet
Philippe Gazeau : "Les grandes lignes du projet, c'est trois choses fondamentales :

  • la première, c'est gérer le court et le moyen terme. Nous allons travailler, à la fois sur un projet qui va durer une vingtaine d'années et puis en même temps, il y a la gare, le Pôle d'Echange Multimodal, qui lui est plus à gérer dans le court terme, puisque la ligne à grande vitesse est dans quatre ans ;
  • la deuxième problématique est celle de la gare contemporaine. Qu'est ce qu'une gare moderne ? Nous pensons que ce n'est plus un bâtiment technique et uniquement fonctionnel, mais un univers : nous avons développé cette idée de paysage construit, qui va apporter beaucoup plus que sa simple fonction à la ville ;
  • dans un troisième temps, c'est la question des échanges et de la communication entre la partie Nord et la partie Sud de la ville, qui au niveau de la gare actuelle, pose beaucoup de problèmes de liaisons en raison de la spécificité topographique rennaise. Dans un même temps, on voit que le Sud de la ville se développe très rapidement et il y a cette nécessité absolue, pour que le Pôle multimodal soit vraiment le coeur de la nouvelle agglomération. A travers ce pôle multimodal, nous souhaitons créer une relation facile et urbaine et des communications pour tous les habitants de l'ensemble de la ville"
.
Le concept de paysage construit
Michel Hoessler (agence TER) : "La notion de paysage construit qui sous-tend tout notre travail, c'est celui de décloisonner les savoir-faire, les approches. Nous sommes au service de la métropole, nous travaillons pour la ville de demain et cela nous oblige à oublier chacun notre fonction d'architecte, d'urbaniste, de paysagiste, d'ingénieur. L'idée c'est de travailler tous ensemble sur ce que peut-être le programme d'une métropole, d'une gare, que tout cela fonctionne ensemble et que cela soit toujours la ville et pas un objet fonctionnel, que représentent la gare et la ville autour. L'idée est vraiment de travailler en interpénétration et de superposer ces approches pour avoir le plus possible un résultat satisfaisant en terme de fonctionnement, d'usages et de qualités.

Un peu plus concrètement, il n'y a pas un bâtiment avec autour un parvis, avec autour la ville qui commence. La ville peut aussi arriver dans la ville, la gare peut aussi déborder dans la ville. On est tour à tour usager du TGV, piéton, puis quelqu'un qui va aller au cinéma ou dans un commerce et qui se rend à l'Hôtel de Ville. Pour cette même personne, il n'y a pas de raisons pour que les espaces changent radicalement d'un endroit à un autre. Il faut que l'on sente que tout cela se passe à Rennes".

Le concept de "rives ferroviaires"
Michel Hoessler (agence TER) : "Le concept de rives ferroviaires, qui est aussi une partie de notre travail, c'est celui de considérer que les voies ferroviaires ne sont pas une coupure. On ne dirait pas cela d'un fleuve, même si elle l'est en terme de trafic. C'est un endroit à partir duquel on peut apercevoir l'horizon : il y a une rive qui fait face. Là encore, nous avons essayé de décloisonner cette approche, qui serait une approche purement fonctionnelle, considérant qu'une voie ferrée, c'est seulement une voie ferrée, qui fait transiter des trains.

Mais nous considérerons que c'est d'abord une manière d'arriver dans la ville et d'en partir. Avant d'arriver en gare, il y a ce long travelling de part et d'autre du wagon qui fait que l'on commence à aborder la ville. C'est dans la manière dont la ville va se présenter au voyageur, que nous considérerons que ce travail sur le bord, sur la limite de rupture entre la ville et la voie ferrée. Celle-ci doit être traitée un peu comme une rive, avec ses qualités, où l'on puisse se promener et découvrir le ciel, ce qui est une grande qualité de la gare de Rennes".

Le travail urbain topographique
Louis Paillard : "Les idées principales de notre proposition urbaine étaient de remettre en place un travail urbain topographique, c'est-à-dire de jouer avec les différences de niveaux des sols pour en faire une sorte de pliage, comme un origami au niveau du sol. Tout le jeu est de fabriquer cette nouvelle topographie qui passerait au-dessus de la gare, pour fabriquer un grand belvédère sur le Nord et sur le Sud praticable par les utilisateurs pour venir connecter cette nouvelle topographie paysagère ce qui se passe en-dessous de la gare et de la faire remonter verticalement".

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