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Rendre ses lettres de noblesse à l'architecture agricole

© Atelier Cosme Architecture : Copyright 2018

 

Atelier Cosme Architecture livre dans un village du Pays-de-Caux une école qui veut réconcilier les élus-agriculteurs avec l'architecture rurale. L'environnement agricole doit retrouver ses lettres de noblesses, selon les architectes, qui pensent leur projet en appentis adossé à la mairie.

 
 
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Ce projet prend place dans un village de moins de mille habitants. Nous sommes en Pays-de-Caux, plus précisément à Berville-en-Caux. Dans ce genre de petite commune, les élus n'ont pas l'habitude d'endosser la casquette du maître d'ouvrage. Il fallait pourtant s'y coller pour réaliser cette école. Et rester à l'écoute de l'équipe d'architecte, pour arriver à un résultat qui plaise au plus grand nombre, tout en respectant l'enveloppe.

L'Atelier Cosme Architecture organise des séances de projections, de longs et riches débats : « Du bac acier ! on n’est pas à l’arrière-cour de la ferme... ». « Nous répondrons que non seulement nous y sommes, mais qu’il est question de valoriser le lieu comme tel. Les élus, agriculteurs pour certains, se font l’écho d’une déconsidération grandissante de l’environnement agricole : il est temps de rendre à ce monde ses lettres de noblesse ». Aux questions d’image du service public, de confort du bâtiment, de budget à respecter, Cosme « oppose » la construction patiente et bienveillante d'une relation de confiance.

L’école est au centre du village. Il faut dépasser l’ancienne maison de maître de briques et de silex, devenue mairie, pour accéder à l’école par sa cour. On est alors au cœur d’un clos-masure, cette unité agricole du Pays-de-Caux, reconnue pour ses qualités paysagères, patrimoniales et environnementales, mais demeurant menacée. L’été, les veaux investissent le pré clôturé par le talus planté de grands hêtres.

 

Une figure déconsidérée : l'appentis

 

Dans cette ancienne ferme, l'idée est de ne pas dénaturer le lieu, en valorisant une figure architecturale trop souvent déconsidérée : l’appentis. Celui-ci raconte l’histoire du lieu, l’évolution des pratiques agricoles, et la construction du bâti par les paysans. « Imaginer l’école selon cette figure c’est reconnaître le patrimoine agricole et rural, son architecture franche et économe telle qu’elle a été, mais aussi telle qu’elle est aujourd’hui, (...) ; c’est d’autre part créer un vocabulaire architectural commun entre le monde des enfants et le monde des paysans, deux sphères qui s’ignorent (...) ; enfin l’appentis est adossé à un bâtiment principal ». Ici l'école prend appui sur la mairie, autrement dit le service public.

Le site comprend une école existante, composée de deux parties. La première, une extension ancienne en maçonnerie brique, est à rénovée. La seconde, un ensemble de bâtisses de fortune ou préfabriquées éparses, sont à démolir/reconstruire. Le tout doit finalement présenter une architecture fonctionnelle et cohérente.

 

« L'école regarde le pré, la ligne d'horizon et son rideau d’arbres »

 

La distribution des espaces, l’implantation du bâtiment neuf et les choix d’ouvertures convergent vers une finalité commune : « que l’école regarde le pré, la ligne d’horizon et son rideau d’arbres. Les matériaux appartiennent à la famille des matériaux utilisés dans le monde agricole normand : le bois, l’acier. Ils sont aussi une réponse au budget très contraint de l’opération. »

La charpente traditionnelle en bois et la couverture en bac acier à petites ondes débordent largement sur la façade Sud. Elles sont portées par des poteaux bois pour créer une longue galerie qui ponctuellement devient préau. Les porteurs sont moisés et posés sur une pièce d’acier créant une structure allégée, élancée, laissant passer la lumière et proposant des ombres riches au sol. La galerie-préau conduit les enfants dans les classes à l’abri de la pluie et les protège l’été de l’ensoleillement. La couleur jaune de sa sous-face se poursuit sur les plafonds des circulations intérieures, générant un continuum visuel.

Toute la façade sur pré présente un habillage bac acier. Une claire-voie de bois rythme la façade et lui confère une partition horizontale adaptée à l’échelle de l’enfant. A l’intérieur, les salles de classes sont largement ouvertes sur le pré, de même que les circulations. Le dortoir, également salle de motricité, est plus en retrait, ouvert à l’Est, au calme.

 

Laurent Perrin

 

Maître d'ouvrage : Commune de Berville (76) 
Marché public - procédure adaptée 
SHON : 420 m2 
Budget travaux : 700 000 euros hors taxes 
Livraison juillet 2018

Architecte mandataire : Atelier Cosme Architecture 
Économiste : Patrick Rizzi 
BET fluides : BET Cayla 
BET VRD : Soderef

Travaux réalisés en site occupé en 2 phases - Démolition de bâtiments existants avec désamiantage

Entreprises :

Démolition / désamiantage : Marelle 
Gros-oeuvre / VRD : Syma sas 
Charpente / ossature bois : Callais 
Couverture / Bardage : Isotoit 
Menuiseries extérieures : Mongrenier 
Menuiseries intérieures : Lanos

Sols souples : Ledun 
Carrelage / Faïence : Syma sas 
Plomberie / Chauffage / Ventilation : Harlin 
Électricité : Sedelec 

Rendre ses lettres de noblesse à l'architecture agricole
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