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Remporter Europan : Etude de cas

© Cyberarchi 2019

2.430 dossiers, 431 projets présélectionnés, 56 lauréats. Europan continue d'attirer, malgré un taux de réussite avoisinant les 2,3%. Vincent Barué, Nicolas Boutet et Etienne Bourdais ont terminé premier avec leur projet 'Acte : 1 Entrez en Scène' sur le site de Dunkerque. Retour sur performance.

 
 
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Outre l'occasion de réfléchir aux thématiques variées allant de l'urbain à l'architectural, d'être confronté aux réalités spatiales de cas européens divers, le concours Europan représente pour une jeune génération d'architectes l'opportunité d'être connue et reconnue. Vincent Barué, lauréat, partage son expérience.

Etudiant à l'école d'architecture de Paris-Malaquais, Vincent Barué entend dès sa première année les bienfaits d'une participation au concours Europan. L'échéance du diplôme approchant, l'événement lui apparaît comme "un saint Graal". La neuvième édition arrive prématurément, la dixième sera la bonne.

Le dessein est couronné en 2008 du prix de l'Académie Française d'Architecture. Première consécration.

Etienne Bourdais, un ami commun, à l'époque étudiant, rappelle à Nicolas Boutet et Vincent Barué la prochaine échéance du concours. Le trio s'amusait, peu de temps auparavant, d'une possible participation ; l'appel à candidature donne du sérieux à l'intention. Les deux architectes s'inscrivent. "Pour participer, Etienne Bourdais, bien qu'étant alors à l'école, s'associe en son nom à notre structure", précise Vincent Barué ajoutant que, d'une pierre deux coups, Europan sera pour l'étudiant son sujet de diplôme.

D'aucun voit en l'événement l'occasion d'accéder à la commande. De fait, dans cet objectif, de nombreux participants optent pour un territoire de leur pays. Le trio, qui a retenu à l'unanimité le site de Dunkerque, ne se réclame pas de cette logique. "Notre choix était motivé par l'intérêt du site, qu'il soit français ou étranger. Dans ce cas, il était français, tout compte fait, un hasard. Nous souhaitions avant tout un projet qui puisse allier architecture, urbanisme et ingénierie", souligne Vincent Barué. Le site de Dunkerque, sous le thème de la revalorisation, proposait dans le cadre d'Europan 10 l'occasion de créer des "aimants urbains" propres à "réactiver un espace en y attirant les citadins".

Succinct et clair, ce programme offrait aux jeunes architectes une part de liberté qu'ils allaient s'approprier. En effet, au delà de points spécifiés exigeant notamment la création de logements étudiants ou la mise en place d'une passerelle amovible, Vincent Barué motive également le choix de l'équipe par la dimension culturelle des attentes des Dunkerquois. En prime, l'objectif de proposer une stratégie urbaine en deux temps s'est révélé pertinent. Le phasage caractérise d'ailleurs un projet qui s'intitule 'l'acte 1 : entrez en scène'.

De janvier à mai 2009, le trio se retrouve pour travailler son projet plusieurs fois par semaine, jusqu'à trois jours. Lors de ces séances, les partis urbain et architectural sont esquissés puis dessinés, les contours précisés. "Nous ne voulions pas métamorphoser l'existant, nous avons alors fait le choix 'plugger' et 'réhabiliter'", explique Vincent Barué. En clair, 'réhabiliter' le patrimoine industriel significatif et 'plugger', au sens d'y ajouter en son sein des installations légères. Il reste que la principale difficulté reposait dans le délicat équilibre à trouver entre liberté offerte et pragmatisme nécessaire à l'aune de toute commande.

"Notre projet n'a pas été dicté par la commande, ni même été conditionné par quelques simulations budgétaires", se défend Vincent Barué qui rappelle alors son idéal, "proposer le minimum pour avoir le maximum". Bref, sans aucun chiffrage, le trio s'est contraint au réalisme. "Pour ce faire, nous nous sommes appliqués aux détails afin d'être crédibles", ajoute-t-il. Encore et toujours, lors de la discussion, Vincent Barué souligne son propos par la "crédibilité du projet". Pari gagné apparemment puisque le jury d'Europan leur a exprimé sa surprise face à un tel niveau de précision. L'originalité de la démarche prend son sens alors même que la problématique du détail est généralement en suspens dans le cadre d'Europan.

"Nous avons opéré par zoom et de-zoom successifs", explique Vincent Barué à propos de la méthode retenue. "Il y a eu ainsi, au début, l'analyse urbaine puis celle du site, ensuite l'architecture et enfin, un retour à l'échelle urbaine pour mesurer les degrés d'interactions entre les propositions et la ville". Le détail n'est ainsi pas incompatible avec une vision d'ensemble et la cohérence globale du projet n'en est sans doute que plus assurée.

Europan n'était donc en aucune façon l'exutoire d'une somme de désirs et le territoire choisi un prétexte pour dessiner un fantasme architectural. En identifiant clairement les problématiques, en jouant des échelles, en faisant appel à différentes sources d'inspiration et en faisant un usage contraint de sa liberté, le trio d'architectes s'est dès lors appliqué à une conception réaliste de son projet ; une méthode récompensée.

Jean-Philippe Hugron

Lire également nos dossiers :
>> 'Europan 10 : les Français primés sur sites à l'étranger' ;
>> 'Europan 10 : les Français primés, sur sites en France'.

Et consulter nos albums-photos :
>> 'Sur la scène d'Europan, Vincent Barué et Nicolas Boutet' ;
>> 'Europan 10 : du Portugal à l'Espagne, en passant par la Suisse et la Norvège' ;
>> 'Europan 10 : de Saintes à Alès, par Triel et Seilh...'.

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