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Réhabilitation de la Gaîté lyrique : un réveil à l'ère numérique

© Cyberarchi 2019

Haut lieu de l'opérette dans les années 1860, ce bâtiment Napoléon III était à l'abandon depuis 1991. Gérée par la Mairie de Paris et destinée aux arts numériques, la Gaîté se réveille, métamorphosée par Manuelle Gautrand.

 
 
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Un univers gai et convivial

De l'extérieur, son ancienne façade néoclassique parfaitement ravalée ne laisse rien présager de son nouveau « contenu ». Une fois entré, le visiteur plonge progressivement dans l'univers coloré et ouaté de Manuelle Gautrand. Les tons de gris dominent l'architecture, ce qui met en valeur les deux concepts de mobilier déclinés le long du parcours. D'une part, des « éclaireuses », grands modules « flashy » sur roulettes, bardés d'aluminium, qui peuvent jouer, selon les cas, les rôles de vestiaires, d'étagères ou de « transats » pour écouter de la musique ou regarder une vidéo.

D'autre part, des « grappes de cubes » en résine translucide, plus ou moins volumineuses, qui diffusent une lumière douce. Tour à tour bancs, comptoirs d'accueil, lampes, elles scénographient les différents volumes. Les escaliers aux teintes vives, seules parties colorés du bâtiment (à l'exception de l'auditorium, entièrement jaune), desservent des « espaces de respiration » à la luminosité réglable. La médiathèque, la chambre sonore, les lieux d'exposition sont en accès libre.

Histoire d'un renouveau

« C'est un lieu attachant et qui a une histoire rocambolesque. Offenbach s'y est produit, la salle a même accueilli une troupe de cirque, Magma y a donné un concert en 1970 ! », confie Manuelle Gautrand. Malgré ses attributions changeantes, le bâtiment s'est dégradé peu à peu faute de moyens suffisants pour un entretien sérieux. En 1989, la salle à l'italienne est détruite et remplacée par le parc d'attraction urbain « Planète magique », qui ouvre ses portes en décembre... et les referme 3 semaines plus tard !

Il faut tout réinventer, mais comment faire basculer ce vaste bâtiment du XIXe siècle dénaturé et en piteux état à l'ère d'Internet ? « C'est surtout « Planète Magique » que nous avons cherché à effacer ! Dans les pièces historiques, au contraire, nous avons gratté les murs jusqu'à retrouver la peinture d'époque », répond Manuelle Gautrand. Le vestibule et le grand foyer sont les seuls lieux d'origine conservés. Ils ont retrouvé tout leur éclat, agrémentés d'éclaireuses et de cubes lumineux - traits d'union discrets avec les autres espaces -, ainsi que de grands abat-jour « ovni », clin d'oeil aux lustres d'antan.

Une « boîte à outils » flexible

« Nous avons créé une « boîte à outils , un bâtiment en mouvement, à l'image de sa programmation », déclare Manuelle Gautrand. En effet, comme le déclare Jérôme Delormas, son directeur, la Gaîté n'est « pas un musée, la programmation des expositions, conférences, concerts et performances change régulièrement ». De nombreux espaces sont donc largement aménageables. Les salles ne sont pas orientées, leur plancher est modulable, seuls leurs contours étant figés. Par exemple, les quatre murs de la grande salle peuvent être couverts d'écrans en un clin d'oeil ! Dans les « espaces de respiration », les plafonds sont équipés de tringles qui permettent des installations variées. Partout, il est ainsi possible de donner de petits concerts. Une technologie très pointue autorise le pilotage à distance du son et des images dans l'intégralité du bâtiment.

Enfin, l'isolation acoustique a constitué le principal défi pour Manuelle Gautrand, car le bâtiment est entouré de... 120 appartements. Pour ne pas déranger le voisinage, toutes les salles sont ainsi confinées par deux coques de béton emboîtées séparées par du vide. La grande salle « flotte » de surcroît entre des boîtes à ressort, qui suppriment toute vibration.

La Gaîté lyrique, après plus de 3 ans de travaux, a (ré)ouvert ses portes au public le 2 mars dernier autour de la jeune garde berlinoise. Elle a désormais pour vocation de présenter aux Parisiens des artistes encore méconnus de la création numérique. « C'est une démarche ambitieuse. Il faut saluer le courage de la Mairie de Paris », conclut Manuelle Gautrand, en admiration devant une oeuvre étonnante de « design sonore ».


Marie-Clarté Mougeot

Réhabilitation de la Gaîté lyrique : un réveil à l'ère numérique
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