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« Réconcilions nous avec le monstre», un travail de fin d'études en territoire italien

© Cyberarchi 2017

Le territoire d'étude de Céline Bosal pour l'obtention du diplôme d'architecte se situe à Rome, à l'Est du centre historique. Elle effectue une analyse de l'environnement autoroutier et urbain et propose le projet d'un parc urbain mettant en liaison des logements et des équipements culturels et sportifs.

 
 
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Le territoire d'étude se situe en Italie, à Rome, à l'Est du centre historique. Il comprend de fortes unités urbaines telles que le cimetière historique du Verano, la plus grande université d'Europe, La Sapienza, et deux grandes artères ferroviaires découlant des stations Termini et Tiburtina. Il englobe les quartiers de San Lorenzo, l'Esquilino et le Pigneto, séparés par les voies ferrées mais surtout par la présence du Scalo Merci de la FS (zone de dépôt, de maintenance et de bureaux appartenant à la société ferroviaire de Rome). Ce qui fait l'exception de ce territoire est la présence étonnante d'une double voie autoroutière surélevée traversant les quartiers au raz des habitations: c'est la Sopraelevata ou comme l'appellent les romain, « Le monstre de San Lorenzo ». Elle fait partie de la Tangenziale Est, l'anneau circulaire autoroutier de Rome.

Comment peut-on reconnecter ce territoire à la ville ? Comment redonner une nouvelle image attirante à la ville ? Pour répondre à ces problématiques, j'ai étudié avant tout les futurs rôles que pourraient avoir la Sopraelevata et la friche ferroviaire attenante. Le dépôt ferroviaire est la cause principale de la construction de la Sopraelevata. Une fois la cause supprimée, que fait t-on de l'effet ? Quel est l'avenir de la Sopraelevata dans la requalification du dépôt ferroviaire ? Conserver, récupérer ou détruire la Sopraelevata ? Le projet urbain met en oeuvre une stratégie globale menée à l'échelle de Rome. Il s'agit de mettre en oeuvre une grande opération d'urbanisme : désenclaver et relier cette portion du territoire, la doter d'une trame d'espaces publics de qualité. Le but est de créer les conditions de son renouveau et de sa mutation en un quartier de ville, mixte et pérenne. Il s'organise autour de trois grands axes.


Mutation d'usage de la Sopraelevata avec la mise en place d'une nouvelle mobilité de transports en commun

La Sopraelevata est un maillon irremplaçable de l'histoire de l'infrastructure de Rome. D'environ 3 kilomètres de longueur, avec une extension de 2,6 hectares d'espaces ouverts en hauteur, elle traverse et connecte deux arrondissements enjambant l'aire ferroviaire de San Lorenzo. Si sa structure devait être détruite, elle perdrait l'énorme potentialité que cette quantité de sol public représente. En aucun cas, il serait possible de recréer une configuration similaire d'espace ouvert linéaire (...) La Sopraelevata apparaît alors comme un outil parfait pour accueillir des nouveaux réseaux. Elle accueillera sur sa partie supérieure, le tramway 19 existant qui passe actuellement en dessous et un nouveau tramway qui connectera le quartier à la future première station ferroviaire de Rome et au centre historique. Sur la partie inférieure, un mini métro sera créé prenant le nom « La Minerva » qui serpentera autour du Parc. Sur les 8 mètres de largeur du viaduc inférieur, trois seront utilisés pour « la Minerva », les cinq autres offriront un espace piétonnier et cyclable. Les arrêts seront tous les 200 mètres accompagnés d'un escalier et d'un ascenseur pour accéder sur les parties surélevées.

Aujourd'hui, les rues alentours sont congestionnées par les véhicules, les tramways et les bus à lesquels viennent s'ajouter les voitures stationnées en bordure de trottoirs. Le projet consiste donc à diminuer le trafic routier en hiérarchisant le réseau viaire actuel, en créant des nouveaux axes majeurs de circulation et en apportant des aires de stationnements aux entrées du quartier et du Parc. L'objectif premier étant de redonner de l'espace au piéton et au cycliste. Au niveau du Parc, La Sopraelevata apportera de l'ombre aux promeneurs. Pour ceux qui emprunteront le chemin surélevé, ils se situeront au dessus de la cime des arbres, une vision inhabituelle et attrayante.


La reconquête d'un vaste espace ferroviaire en la Villa Sapienza, un véritable coeur universitaire rassemblant et intégrant les milliers d'étudiants de la ville.

Le projet d'aménagement San Lorenzo se déploie sur la vaste emprise ferroviaire du Scalo San Lorenzo, soit 40 hectares. Cette emprise est aujourd'hui enclavée par les infrastructures ferroviaires et routières qui traversent le site. Le déplacement et la réorganisation des activités ferroviaires et logistiques qui occupaient le site permettent de dégager les espaces nécessaires à la réalisation de ce grand projet. La stratégie sera de requalifier les emprises ferroviaires en développant un nouveau quartier dédié aux étudiants, organisé autour d'un grand parc urbain et qui comprendra des logements, des activités culturelles et des équipements sportifs. Cette requalification importante de l'aire ferroviaire apportera une nouvelle image à la ville et plus particulièrement à l'est de Rome.

Le souhait est de faire un parc urbain totalement imbriqué dans les quartiers, c'est-à-dire qu'il soit en fusion, que le parc épouse la ville et que la ville épouse le parc. On emprunte le parc comme on emprunterait une rue. Les entrées coïncident avec des nouvelles places publiques qui font le lien entre le parc et la ville. Il joue le rôle à la fois de corridor humain et biologique. Humain car il relie fonctionnellement les différents habitats des populations des quartiers sur deux axes majeurs « nord - sud » et « est - ouest » et permet leur migration et leur dispersion. Biologique car il assure les flux d'espèces et de gènes dans la direction est-ouest qui sont nécessaires pour la survie des espèces (insectes et oiseaux) et leur évolution adaptative.

Lieu d'inspiration et d'évocation de la mémoire, le parc s'appuie sur la topographie des anciennes halles ferroviaires pour former des terrasses ou des jardins en creux. D'autres éléments sont conservés comme des caténaires ou encore le grand quai de déchargement. La trame arborée suit l'ancienne trame dessinée par les rails qui seront pour la plupart conservés. Le choix des végétaux est orienté sur les jardins de friche, sur les lignes de chemin de fer abandonnées : les ronces, le prunelier, le cornouiller sanguin, sont les plus communes, mais on y trouve aussi le cerfeuil, les chardons et les épilobes. Faire un parc urbain, c'est comment parvenir à la fois à marier une diversité d'usages qui répond à une diversité d'âges. Il y a les petits, les moyens, les adolescents, les personnes âgées, chacun a une manière totalement différente de s'approprier un espace. Pour permettre au corps d'être « dans tous ces états », on multipliera les espaces ludiques pour les enfants, des zones de repos et de promenade, des terrains de sports, des espaces festifs, etc....

A quelques centaines de mètres de ce nouveau parc, se situe l'Université La Sapienza. Elle fait partie des plus grandes du monde avec plus de 145 000 étudiants mais sa renommée n'égale pas sa grandeur. De plus, aucune résidence universitaire n'existe et les équipements sportifs se situent en dehors de la ville. La destinée de ce parc urbain sera alors d'accueillir une nouvelle cité emblématique baptisé la « Villa della Sapienza ». Elle sera le coeur universitaire regorgeant de logements et de services pour les étudiants italiens et étrangers. Son objectif sera de recevoir et d'intégrer les étudiants italiens mais plus particulièrement étrangers afin de dynamiser les échanges entre les universités européennes et mondiales. En effet, la ville de Rome a toujours représenté un voyage initiatique pour les étudiants. La Villa della Sapienza souhaite redonner l'opportunité aux étudiants étrangers de venir étudier dans la Ville Eternelle.

Certains anciens bâtiments industriels tel que la rotonde, sont conservés et reconvertis en équipements culturels et sportifs. Un véritable centre sportif trouvera sa place au sein du Parc. Des nouveaux équipements seront aussi créés au sein du Parc et en bord de rue. Ils seront ouverts à tous sans exception, contrairement aux équipements de la Cité internationale Universitaire qui sont destinés aux étudiants seulement.

Le long de la rue du Scalo San Lorenzo, du côté du parc, de nouveaux logements remplaceront les anciens immeubles. Ils seront en retrait par rapport aux anciens bâtiments afin de dégager plus d'espace public dans la rue, d'apporter plus de luminosité et d'être à une distance suffisante de la Sopraelevata. De plus, ils offriront plus d'ouverture sur le Parc. Le rez-de-chaussée sera entièrement dédié aux commerces et aux services locaux. Ils possèderont de larges terrasses communes orientées au sud et donnant sur le Parc.


La requalification des borghettos du quartier de San Lorenzo

Le projet urbain San Lorenzo s'intéresse aussi à certaines zones du quartier désorganisées et dégradées, à savoir les Borghettos des artisans. Le Borghetto dei Marmi est situé entre la Place du Verano et le Largo Passamonti en bordure du Cimetière du Verano, ou plus particulièrement entre l'Université et la future Villa della Sapienza. L'opportunité serait alors de le requalifier afin de venir créer un axe fort : le Viale del Verano, une large voie qui connectera l'Université, le Cimetière du Verano, la Villa della Sapienza et la Place Caballini, début du quartier du Pigneto. La trame s'appuiera sur celle existante afin de définir des nouveaux ilots d'habitations. Une attention particulière sera portée aux nouveaux espaces de travail pour les artisans en implantant le long du Viale del Verano les halles aux artisans. Un parc de stationnement sera disposé sous le Borghetto en venant profiter du dénivelé de 5 mètres. Le nouveau Borghetto s'organisera autour d'une cour centrale. Elle desservira des ateliers d'artisans tandis que des logements donneront sur la rue. Elle débouchera sur une place belvédère qui offrira un panorama sur la Sopraelevata et l'entrée du Parc.


Le secteur San Lorenzo constitue l'une des plus grandes opportunités foncières de la capitale et offre à ce titre un potentiel d'évolution et d'aménagement de première importance. Il occupe une position charnière entre le centre de Rome et l'est romain. Plus qu'un nouvel espace de vie, le projet « San Lorenzo_Villa della Sapienza » instaure une continuité urbaine, fédère les quartiers existants et établit des liaisons nécessaires pour donner une meilleure et nouvelle image à la ville de Rome.


Céline Bosal

« Réconcilions nous avec le monstre», un travail de fin d'études en territoire italien
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