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Quand, au milieu de la ZAC, pointe une maison d’église

Sergio Grazia : Copyright 2019

D’ici 2016, le nouveau quartier du Trapèze à Boulogne-Billancourt (92) accueillera 15 000 habitants. Une maison d’église, signée Brenac & Gonzalez, s’est glissée de façon improbable en bordure du macrolot B4…

 
 
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Sa silhouette laisse peu de place au doute. Arborant un fier clocher entaillé de plusieurs croix, l’oeuvre de Brenac & Gonzalez appartient bien au registre religieux. Au milieu des immeubles de bureaux et de logements au vocabulaire débridé, un espace cultuel trône en bordure du macrolot B4. Les archétypes sont bien là : le parvis, la porte sous un porche, la toiture en pente et le clocher. Mais, à la différence d’un simple lieu de culte, l’édifice – une maison d’église - abrite des espaces d’accueil, de formation et de rencontres à l’adresse des chrétiens et des habitants de la ZAC.

L’idée ? « Aller au devant des gens et améliorer la visibilité de l’Eglise dans un quartier en plein renouveau », signalent les représentants des Chantiers du cardinal, une œuvre qui finance le bâtiment à hauteur d’un million d’euros . Et Mgr Gérard Daucourt, ancien évêque de Nanterre, d’ajouter que, dans un secteur où la population a trente ans de moyenne d’âge, « la maison d’église aura pour mission de soutenir les parents et de promouvoir la vie de famille. On y sera attentif d’abord aux personnes et on y accueillera toutes les situations familiales, détaille-t-il. Ce sera un lieu d’écoute, d’entraide, de consolation, de partage d’expérience et d’information. »

Archétype versus modernité

Du côté de l’architecture, les intentions sont plus équivoques. La morphologie du bâtiment traduit une forme d’hésitation entre les archétypes et la modernité. Selon Jean-Pierre Lévêque, architecte associé de l’atelier Brenac & Gonzalez, « il y avait besoin d’un élément identificateur fort. » D’où la présence d’un clocher. Parallèlement, l’uniformité et le plissé de l’enveloppe tendent vers l’abstraction. Résumant le parti pris formel de Saint-François-de-Sales, Alain Lotodé, vicaire épiscopal en charge des maisons d’église, exprime un élan de piété symbolique : « Le zinc, qui recouvre l’ensemble du bâtiment de haut en bas, est comme une manifestation du Christ qui descend du ciel jusqu’à la terre. » Moins mystique, Jean-Pierre Lévêque, raconte que le programme hétérogène - regroupant des espaces aussi divers qu’une salle polyvalente, des bureaux, des salles de rencontres et un oratoire – imposait un traitement unitaire.

Confirmant cette tendance à l’abstraction, l’architecte explique qu’un seul geste rassemble toutes les salles et que « ce geste se termine dans l’émergence du clocher. » Il précise en outre que « les percements ne devaient pas ressembler à des fenêtres » et que les lits diagonaux du zinc pré-patiné permettent de « brouiller le rapport d’échelle avec la grande hauteur des immeubles alentours. »

Espaces laïques

Côté intérieur, le choix s’est porté sur une typologie à patio autour duquel s’enroulent les différents éléments du programme. Hormis l’oratoire, qui dispose d’un imposant autel en pierre de Volvic, aucun espace ne semble avoir de connotation religieuse. A commencer par la grande salle polyvalente, plus japonisante que chrétienne, avec sa grande paroi coulissante contiguë à l’oratoire qui permet de célébrer des messes pour le plus grand nombre.

Aussi laïques paraissent-ils, les espaces intérieurs n’en sont pourtant pas neutres. Une qualité que l’on retrouve dans tout le bâtiment. De fait, différentes natures de lumière règlent les ambiances en fonction des usages. Une baie en double peau, à la fois intime et généreuse, éclaire largement l’espace d’accueil. La lumière tamisée de l’oratoire est filtrée par un lattis de bois. Tout comme celle de la salle polyvalente dont les ouvertures se situe en toiture, à l’endroit du ciel. Et l’architecte de préciser la dimension spirituelle des intérieurs sous la forme interrogative : « Quel élément, autre que la lumière, est le plus propice à exprimer le sacré et le mystère ? »

Tristan Cuisinier

Fiche technique :

Maître d’ouvrage : Association diocésaine de Nanterre

Maître d’œuvre : Brenac & Gonzalez & associés

BET technique : INGENI

BET structure : SCYNA 4

Economiste : TOHIER

Acousticien : ACV

Entreprise générale: CBC

Bureau de contrôle : Qualiconsult

Surface SHON : 1 157 m2

Coût : 3,12 M €

Calendrier : études (2009) / livraison (septembre 2014)

Quand, au milieu de la ZAC, pointe une maison d’église
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