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Prix Public de l'Architecture :

© Cyberarchi 2019

La première édition du Prix Public de l'Architecture est une réussite grâce au taux de participation conséquent - 53 500 personnes en France ont voté sur Internet ou découpé leur bulletin dans la presse régionale - mais aussi grâce aux enseignements que l'on peut en tirer.

 
 
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Rappel de l'organisation du prix. Jean-Jacques Aillagon s'était engagé à communiquer auprès du grand public en faveur de la qualité architecturale. "Il est important que nos concitoyens se sentent concernés par la question architecturale", répète à l'envie le ministre. Donner au public l'occasion de s'exprimer et d'exprimer ses préférences allait donc dans ce sens.

Ainsi, avec le partenariat de Radio France et le soutien sans retenue de son président Jean-Marie Cavada - "l'architecture est trop mal connue des média et sensibiliser nos auditeurs nous est apparu comme une nécessité", dit-il - ce sont donc 450 réalisations architecturales divisées en cinq catégories (Maison, Immeuble, Espace commercial/lieu de travail, Espace urbain, Equipement public) qui furent soumises au vote du public dans 18 régions.

Les 18 palmarès régionaux, soit 90 réalisations réparties dans les cinq catégories, furent ensuite soumises aux délibérations d'un jury national composé de huit auditeurs de France Info, assistés de cinq personnes qualifiées pour répondre à leurs questions et de dix rapporteurs chargés de présenter au jury les réalisations retenues par le public.

Pour la première fois, un jury d'un prix d'architecture n'était pas uniquement composé de professionnels ou de spécialistes de l'architecture, les huit membres ayant été choisis parmi les auditeurs de Radio France. Il ne s'agissait pas pourtant tout à fait de citoyens lambdas puisqu'on compte en son sein un étudiant en architecture, une professeur d'arts plastiques, deux ingénieurs et un responsable du département architecture chez Gallimard. Il était complété par un magistrat, un psychologue et une attachée de direction. Il s'agissait donc pour le moins d'un jury de citoyens avertis. Chacun disposait d'une voix pour élire les cinq (finalement six) lauréats.

Les enseignements de ce premier prix public. Il n'y a que les architectes qui s'intéressent à l'architecture dit-on. Mais, sauf à considérer que seuls les 27.000 architectes de France et leurs épou(x)ses - il y eut 53.500 votants - aient participé, il faut bien convenir que l'initiative a touché le grand public. De façon modeste certes puisque seulement un Français sur 1.000 a déposé un bulletin mais en nombre suffisant pour considérer que ce prix public, pour sa première édition a trouvé son ... public. Il est donc permis de supposer que le nombre atteint cette année est un minimum par rapport à l'avenir.

De plus, les projets lauréats sont l'oeuvre autant d'architectes confirmés et que de parfaits inconnus. Or, lors d'une enquête réalisée l'an dernier par le ministère de la Culture, la grande majorité des Français ne pouvaient nommé le nom d'un architecte. C'est donc bien la qualité du projet et non celle de l'auteur qui fut récompensée, ce qui invite à penser que le public sait parfaitement reconnaître un bon projet d'un projet médiocre. Cela semble indiquer que l'adage répété jusqu'à plus soif que "les Français n'ont aucune culture architecturale" mérite d'être nuancé et que ce n'est pas parce qu'ils ne s'expriment pas régulièrement à ce sujet que les Français n'en pensent pas moins.

D'ailleurs, presque tous les lauréats ont pensé leur projet avec les gens qui en auront l'usage. "Ma pratique de ce métier a toujours été conçue comme une pratique ouverte sur le monde", assure Alexandre Chemetoff. "La culture architecturale n'est pas forcément celle des architectes. On s'aperçoit que les gens sont assez pertinents dans leurs critiques et qu'ils sont beaucoup plus cultivés qu'on ne le croit généralement sur ces questions", dit-il.

Philippe Madec partage ce point de vue. "Pour ce qui concerne notre projet (Place de la Mairie à Plourin-lès-Morlaix) il n'y a jamais eu de rupture entre la culture savante des architectes et la culture populaire. Il est faux de dire que cette rupture existe, aussi longtemps que l'on a le souci de partager ce savoir et de le mettre au service de la communauté. La reconnaissance élargie d'un public de non spécialistes est un bonheur en soi".

Autre enseignement, le maître d'ouvrage est aussi important que l'architecte pour ce qui concerne la qualité architecturale. De fait, tous les lauréats, sans exception, ont tenu chacun a mettre en valeur la relation privilégiée qui s'est instaurée entre maître d'ouvrage et maître d'oeuvre, une intime collaboration à laquelle intuitivement le public fut sensible et qui fut remarquée lors de la remise des prix. Les maîtres d'ouvrage ont pour la plupart fait le déplacement à Paris.

Une relation qui apparaît comme une lapalissade mais qui prend tout son sens dans l'insistance des architectes à mettre en valeur cette relation dans ce cadre, laissant ainsi entendre que ce n'est pas toujours le cas. Or, là encore, il est convenu parmi les architectes de mettre en cause le manque de compétences des maîtres d'ouvrage. Or les compétences s'acquièrent : l'effort de pédagogie, au moins dans ces cas précis, a largement payé (au sens propre et figuré) en retour.

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