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Prix Européen d'Architecture Philippe Rotthier 2008 : les 10 lauréats

© Cyberarchi 2019

Cette année, le Prix Européen d'Architecture Philippe Rotthier pour la reconstruction de la ville récompense les 10 plus beaux quartiers d'Europe construits ces 25 dernières années. La cérémonie de remise de prix s'est déroulée samedi 18 octobre 2008, à la Fondation pour l'Architecture, à Bruxelles (Belgique). Résultats.

 
 
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Le jury international, réuni les 13 et 14 juin 2008 à la Fondation pour l'Architecture, à Bruxelles, a attribué les prix, lesquels ont été remis lors d'une cérémonie qui a eu lieu samedi 18 octobre 2008, au même endroit.

Les lauréats et les projets distingués sont présentés dans une exposition à la Fondation pour l'Architecture à Bruxelles jusqu'au 30 novembre 2008, puis à Bologne lors de la 5e triennale 'A Vision of Europe', ainsi que dans plusieurs villes européennes en 2009. Un catalogue du Prix Européen d'Architecture présentant les différents projets lauréats est publié.

Grand Prix pour 'La meilleure renaissance d'une banlieue urbaine' : Le Plessis-Robinson (92)

En vingt ans, la ville du Plessis-Robinson, située en banlieue près de Paris, a largement changé de visage. Dès 1989, un coeur de ville a été réalisé d'après les plans de François Spoerry, auteur de Port-Grimaud et un des fondateurs du New Urbanism.

En 2001, l'ancienne cité-jardin a été entièrement repensée et réaménagée. Les barres et les tours des années 1930 et 1960 ont cédé la place à des quartiers neufs, denses et mixtes, articulés par des rues, des places, un marché couvert, des jardins et des parcs publics. La déprimante uniformité fonctionnaliste s'est effacée au profit de la variété, de la complexité et de la convivialité. Fait remarquable, le logement social est entièrement intégré dans le tissu urbain et ne se distingue pas des autres constructions.

Prix Rotthier pour la meilleure nouvelle ville : Val d'Europe (77)

Edifiée à 35km à l'est de Paris, la construction de la nouvelle ville de Val d'Europe a été entamée il y a vingt ans, selon les principes constitutifs de la ville européenne. Pour la première fois depuis l'après-guerre, des urbanistes ont projeté une ville constituée de quartiers à l'échelle de la marche à pied et structurés par des rues et des places. Elle a été conçue dans une stratégie de développement durable en recherchant une certaine densité et compacité, tout en veillant à conserver aux bâtiments une échelle conviviale ainsi que des espaces de respiration. Un système de transport en site propre performant, un réseau de parcs, des jardins et pistes cyclables, une bonne mixité urbaine (emplois/logements) encouragent les habitants à ne pas utiliser leurs voitures et contribue à limiter les trajets domicile/travail.

Prix Rotthier pour la meilleure reconstruction d'un centre historique : Quartier du Neumarkt, Dresde (Allemagne)

Lors du bombardement du 13 au 15 février 1945, un tiers de la surface de la ville (15 kilomètres carrés) qui comptait alors 630.000 habitants a été rasé par les bombes incendiaires et à fragmentation anglaises et américaines. On estime aujourd'hui le nombre de morts à 35.000. La ville de Caspar David Friedrich, surnommée la Florence de l'Elbe et immortalisée dans les peintures de Belotto, a été, à l'exception de quelques monuments historiques majeurs isolés, reconstruite pendant la période communiste selon les normes anti-urbaines du fonctionnalisme de l'époque.

Il faut attendre la réunification en 1990 pour qu'une initiative citoyenne lance une campagne pour la reconstruction de la Frauenkirche et, forte de ce succès, la Gesellschaft Historischer Neumarkt Dresden obtient de la municipalité la reconstruction des îlots qui entouraient l'église. Les nouveaux immeubles reprennent les caractéristiques de ceux qui furent détruits, mais en supprimant les défauts qui pouvaient exister (comme des cours intérieures trop étroites) et en intégrant les notions contemporaines de confort, d'écologie, d'économie, d'énergie et de durabilité. Avec la reconstruction du quartier du Neumarkt (le nouveau marché) qui était jusqu'à la réunification de l'Allemagne une surface déserte dominée par les ruines de la Frauenkirche, Dresde a aujourd'hui la chance de retrouver son identité historique telle que désirée par la grande majorité de ses habitants.

Prix Rotthier pour la meilleure reconstruction d'un centre ville : Palerme (Italie)

L'objectif du plan directeur est l'entretien et la conservation du patrimoine architectural existant et la restauration de la ville ancienne telle qu'elle était avant les destructions de la Seconde Guerre mondiale et l'abandon qui s'en suivit. Le plan considère que le centre historique forme, avec ses monuments et ses bâtiments ordinaires, un monument en lui-même. Il interdit la démolition de bâtiments historiques, mais aussi des bâtiments ordinaires. Sa particularité est d'imposer la reconstruction des terrains vagues et des ruines en s'inspirant de ce qui existait, ou ce qui aurait pu exister avant les démolitions. La reconstruction philologique s'impose, quand la documentation est disponible. Quand elle fait défaut, on a recours à la reconstruction typologique. Tout nouveau projet commence par une analyse typologique du site et de ses environs, puis par la recherche des formes et des significations des immeubles voisins.

Beaucoup plus qu'une approche simplement basée sur l'imitation, il s'agit d'un travail qui repose sur la connaissance culturelle et la conscience historique. Pour attirer des investisseurs privés dans les zones les plus dégradées, l'administration municipale a donné la priorité aux interventions dans les propriétés publiques. Ceci de manière à rendre le contexte urbain plus attractif par l'amélioration de l'éclairage, des pavements, des parcs et jardins publics. Des réductions de taxes et des aides pour l'obtention des permis sont également consenties aux privés qui restaurent ou reconstruisent des bâtiments. Très rapidement, un retour des habitants vers le centre ville a été constaté ainsi qu'une véritable renaissance de la vie sociale.

Prix Rotthier pour le meilleur nouveau village : Poundbury, Dorchester, Comté de Dorset (Grande-Bretagne)

Poundbury constitue une extension de la ville de Dorchester (17.000 habitants) dans le sud de l'Angleterre. Ayant comme maître d'ouvrage le Prince de Galles, son plan a été conçu de 1989 à 1995 par Léon Krier, un des premiers architectes européens à avoir démontré et illustré dans ses projets, la validité de l'urbanisme traditionnel européen et la nécessité de concevoir des villes polycentriques. Poundbury, qui sera complétée en 2025, est composée de quatre quartiers villageois dont la distance de centre à centre n'excède pas 10 minutes de marche. Les quartiers accueillent des activités multiples et le tracé des rues est irrégulier, de manière à dissuader la vitesse et former des espaces publics variés dont la géométrie informelle s'inspire de celle des villages de la région et se marie parfaitement avec une architecture simple et pratique, proche du langage vernaculaire.

Pour résoudre la question du stationnement des voitures privées, Léon Krier s'est inspiré de la tradition anglaise des 'mews' (allées intérieures aux îlots desservant jadis des écuries). Poundbury accueille aujourd'hui de nombreuses entreprises et le taux de satisfaction de ses habitants et de ses usagers est extrêmement élevé.

Prix Rotthier pour la meilleure intervention publique : Gladbeck, Quartier de l'hôtel de ville, Rhénanie du Nord - Westphalie (Allemagne)

Les deux immeubles de bureaux construits en 1974, en extension de la mairie historique de 1908, se sont révélés tellement pollués par l'amiante que le maire de l'époque, Michael Stojan, décida de les détruire et d'initier des études d'urbanisme pour définir la forme et l'échelle des nouvelles constructions. Il insista pour que les matériaux utilisés s'inspirent du contexte historique : maçonnerie en briques et en pierres naturelles grises locales, toitures en tuiles et façades ne dépassant pas quatre à cinq étages.

Au terme de ces études, un concours partenariat privé-public est lancé. Le projet retenu et réalisé inclut une aile, comprenant une cafétéria sur deux étages, qui relie l'ancien hôtel de ville aux nouveaux bâtiments. Ceux-ci sont disposés autour de deux cours intérieures dont une, couverte, abrite un vaste hall pour l'accueil du public. L'arrivée sur la place depuis l'ouest se fait par un passage étroit qui suggère une ancienne entrée de ville. La nouvelle place de l'hôtel de ville met en valeur les nouveaux bâtiments et est devenue aujourd'hui, avec ses terrasses de cafés, un lieu très animé de la ville.

Prix Rotthier pour le meilleur centre de quartier : Borgo Città Nuova, Alessandria (Italie)

Cet ensemble urbain, qui accueille 300 habitants, a été édifié à l'emplacement d'une friche industrielle et constitue la démonstration qu'il n'est pas nécessaire de faire des tours et des gratte-ciel pour obtenir de la mixité et de la densité. La disposition des immeubles d'habitation et des commerces génère des rues avec arcades, deux places publiques et une esplanade de dimensions et de caractères différents. Les voitures stationnent en sous-sol de manière à ce que les piétons puissent parcourir agréablement les espaces publics intérieurs en coeur d'îlot.

Prix Rotthier pour la meilleure place urbaine : Erromes Plaza, Irun (Espagne)

La place est située en bas d'un escalier monumental (Eskoleta Karrika) et à proximité immédiate de l'ancienne église Notre Dame del Juncal avec son superbe retable de 1643. Elle constitue le centre d'un quartier neuf construit à l'extérieur de l'ancienne ville, là où était jadis le port d'Irun et à l'emplacement d'anciennes friches industrielles et de terrains marécageux. Elle s'ouvre par un portique sur le chevet de l'église et par un autre sur le canal de la Dunboa.

La place est une interprétation moderne de celles traditionnelles du Pays basque, qui étaient souvent utilisées pour les courses de taureaux. La sobriété de ses lignes et l'accent vertical rappellent la manière d'Auguste Perret et la place donne l'impression d'être intemporelle, construite en dehors de tout phénomène de mode. Elle constitue une excellente illustration de la ville polycentrique qui possède plusieurs centres attractifs et de beaux espaces publics répartis dans ses différents quartiers. Au rez-de-chaussée, on trouve des commerces, des professions libérales et un bar restaurant avec sa terrasse.

Prix Rotthier pour la meilleure cité-jardin : Heulebrug, Knokke-Heist (Belgique)

Le thème de la cité-jardin a été exploré au début du XXe siècle avec des réussites incontestables comme celles du Floréal et du Logis à Bruxelles, du quartier de la Garbatella à Rome, de la cité-jardin Héliopolis à Séville... Délaissées au profit de l'urbanisme de barres et de tours, les cités-jardins réapparaissent aujourd'hui comme solution pour la construction de quartiers de faible ou moyenne densité. Pour être efficace, il est nécessaire qu'elles soient pensées non pas comme des lotissements monofonctionnels, mais comme de véritables quartiers avec des édifices publics, des commerces et des espaces publics.

La cité-jardin de Heulebrug est située au sud de la gare et donne sur l'étendue du paysage des Polders. Elle a été conçue par les urbanistes américains Duany et Platter-Zyberk, les principaux promoteurs du New Urbanism aux Etats-Unis.

Prix Rotthier pour le meilleur campus : Le campus d'Akroken, Sundsvall (Suède)

Le nouveau campus d'Akroken accueille la Midsweden University de Sundsvall, principale ville du centre de la Suède. Contrastant avec un environnement construit rigide issu de l'urbanisme fonctionnaliste, ce campus convivial est composé comme un quartier étudiant dans la tradition de l'architecture locale et des coloris de la région. C'est une alternative réussie à la majorité des autres campus européens construits après la Seconde Guerre mondiale et qui sont souvent faits d'une succession chaotique d'immeubles isolés.

Ici, les étudiants et professeurs se promènent dans des rues nouvelles pour aller d'une faculté à l'autre, de la bibliothèque au restaurant ou rejoindre par une passerelle jetée au-dessus de la rivière les aires de stationnement. Les toits en forte pente sont justifiés par à un climat marqué par la pluie et la neige. Vu depuis la rivière, le campus ressemble à une petite ville médiévale suédoise. A l'intérieur, on s'y sent comme dans un centre de village animé et à échelle humaine.

Mention spéciale du Prix Rotthier pour la qualité de l'extension des villes espagnoles : Alicante, Bilbao, Burgos, Carbajosa de la Sagrada, Gijón, La Coruña, Oviedo, Pamplona, Salamanca, San Sebastian, Santander, Santiago de Compostela, Valladolid, Vitoria

En dehors de toute publicité, la majorité des villes espagnoles s'étendent en construisant de véritables quartiers mixtes et denses, articulés sur des espaces publics familiers et inspirés de la culture urbaine locale. Cette pratique d'extension des villes espagnoles, reliée à une tradition de l'ensanche (l'agrandissement) développée tout au long du XIXe siècle fait des extensions des villes espagnoles des réalisations de référence.

En savoir plus sur les projets lauréats :
Web : www.avoe.org/euprizewinner.html

Prix Européen d'Architecture Philippe Rotthier 2008 : les 10 lauréats
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