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Prix d'architecture 2003 : stade en bord de Seine à Nanterre de P. Barthélémy et S. Griño

© Cyberarchi 2019

Mentionnés à l'unanimité du jury des Equerres d'argent, Philippe Barthélémy et Sylvia Griño présentent point par point les détails de leurs travaux du stade de Nanterre

 
 
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Le contexte

Cet ensemble d'équipements sportifs se déploie dans un environnement périurbain difficile. Le terrain, une ancienne friche industrielle, est isolé de la ville par l'autoroute A86 et par une voie ferrée de desserte d'usines. La Seine, dont les berges seront intégrées dans un nouveau parc, coule, invisible, derrière un champ de transformateurs électriques. Au Sud et au Nord, le stade est longé par le long mur d'enceinte de la maison d'arrêt des Hauts de Seine où les bâtiments désaffectés d'un centre de formation accentuent la dureté du paysage.

Le mail et la nouvelle topographie

Dans l'axe du pont qui enjambe l'A86, le nouveau chemin, ou mail, vers la Seine s'élève en douceur en longeant les stades. Le promeneur, en quittant le niveau de référence, dispose d'un point de vue moins prégnant du côté du mur d'enceinte mitoyen. Le jardin vertical, planté sur la clôture du mail, réoriente naturellement les regards vers les activités sportives. Cette incitation ne dispense pas le public de prendre place sur les gradins protégés par des auvents.

La nouvelle topographie est aussi fondée sur le respect d'une forte contrainte environnementale. La nature inondable du terrain impose, en effet, la recherche d'un équilibre entre les mouvements de terre générés par les terrassements. Le décapage du sol sur l'emprise des terrains de jeux a produit des masses de terre excédentaires qui ont été utilisées en remblai pour surélever le mail. Le remblai offre aussi l'opportunité de dissimuler les vestiaires et les bassins de récupération des eaux pluviales, côté stade derrière un talus planté de fusain ou derrière les gradins des tribunes. Les vestiaires sont éclairés naturellement sur la bande de retrait devant la maison d'arrêt.

Les auvents

L'enfouissement des éléments techniques libère la perspective et met en valeur l'envergure des auvents. Les toitures en ailes de papillon de 28 et 48 mètres de longueur s'éploient avec légèreté au dessus du mail. La structure des coques qui supportent la couverture est en bois naturel, du pin Douglas purgé d'aubier et non traité. Ce choix satisfait aux critères d'un projet labellisé HQE. L'emploi d'un matériau unique, massif pour les planches et lamellé collé pour les sections plus importantes, confère aux tribunes toute leur élégance. Toutefois cette absence d'affectation ne doit pas masquer la complexité d'une structure dont la rigueur constructive se poursuit jusque dans l'exécution d'assemblage bois/bois.

La disposition non jointive des planches, combinée avec la transparence de la couverture, accentue la délicatesse d'une structure dont la géométrie est librement inspirée par l'oeuvre de l'ingénieur Uruguayen Eladio Dieste.

La palissade

L'implantation des autres éléments du programme est dictée par l'obligation réglementaire de dissimuler les terrains de jeux (Fédération Française de Tir à l'Arc).
Le pas de tir à l'arc, les locaux d'accueil et d'exploitation s'associent et se fondent dans une seule et même enveloppe de 110 mètres de long qui forme une palissade le long de l'autoroute. La continuité de la vêture estompe les fonctionnalités pour mieux exalter le parement en pin Douglas. Pour les locaux, la construction de cette vêture est traditionnelle, par juxtaposition de planches et de couvre joints verticaux. Pour le pas de tir, non couvert, les planches ne sont plus utiles et les seuls couvre joints forment une claire voie qui contient les flèches perdues.

De même les couvre joints protègent les baies et préservent l'intimité des locaux. Des affiches géantes disposées sur la palissade «racontent» les activités qu'elle dissimule aux regards. Les portes extérieures des locaux sont complètement intégrées dans les images. Une double intervention, graphique d'abord, artistique ensuite, a permis successivement d'abstraire ces emprunts à l'imagerie sportive et de les adapter à la matérialité de ce «bâtiment palissade».
Le dispositif contribue à brouiller l'échelle de la construction.

L'esthétique de cette palissade qui combine bois brut et figuration narrative délie les regards des codes urbanistiques qui prédominent à Nanterre.

Tout dans ce projet concourt finalement au respect d'un budget limité et de contraintes environnementales d'un chantier au label HQE : du choix des matériaux à la gestion des terrassements. En somme, le traitement de la promenade vers les bords de Seine, la matérialité des tribunes, la délicatesse de la palissade sont autant de choix dont le tranchant poétique entame efficacement la dureté du paysage.

Commentaire du jury

Cet équipement modeste veut faire oublier la brutalité du paysage alentour. Le long de l'autoroute A 86, une palissade de 110 mètres de long - des planches de pin douglas simplement clouées avec en impression, des images de sportifs - fédère le pas de tir à l'arc, les locaux d'accueil et d'exploitation. Même esthétique de bois brut pour les deux tribunes, adossées à un mail surélevé et dont les auvents composent un tressage inventif de pin douglas également.

Prix d'architecture 2003 : stade en bord de Seine à Nanterre de P. Barthélémy et S. Griño
Prix d'architecture 2003 : stade en bord de Seine à Nanterre de P. Barthélémy et S. Griño
Prix d'architecture 2003 : stade en bord de Seine à Nanterre de P. Barthélémy et S. Griño
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