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Prix d'architecture 2003 : extension d'une maison à Saint-Cyr-sur-Mer (Var) de Julien Monfort

© Cyberarchi 2020

L'architecte Julien Monfort, titulaire d'une mention au Prix de la première oeuvre détaille sa réalisation : une extension d'une maison à Saint-Cyr-sur-Mer.

 
 
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Situation

Un petit cap rocheux, près de la calanque du Port d'Alon à Bandol, sur la côte d'Azur. Un site en plein mistral et plein vent d'est, mais qui offre 220° de vue imprenable sur la grande bleue.

Terrain

3000 m² plantés en dénivelé montant d'environ 1 mètre vers le sud. Vis à vis gênant sur l'arrière de la très inesthétique maison du voisin.

Existant

Une maison en pierre de 250 m² sur deux niveaux, construite en 1965. Les chambres sont en bas, dos au vent, mais sans vue à cause du dénivelé et de la végétation. Les espaces de vie se trouvent à l'étage, avec terrasse au sud sur toute la longueur de la maison.

Maître d'ouvrage

Un aventurier ! Il a acheté la maison à un ami par hasard, sans trop savoir encore s'il la garderait ou la vendrait immédiatement.

Analyse

40 ans après sa construction, la maison est devenue obsolète : elle a été construite avant celle du voisin, qui lui gâche aujourd'hui la vue de sa terrasse. Depuis la loi littoral, une cohorte bariolée et bruyante de touristes arpente le sentier disposé entre la maison et la mer. Le ballet s'étale de juin à septembre sans interruption. Depuis la loi, la terrasse est devenue une sorte de «zoo paysager» à double sens.

Réglementation

Le POS autorise une "extensions de 50 m²". Ce sera l'intitulé administratif du projet. La toiture sera provençale - tuiles bariolées - à moins d'être accessible. Le lotissement date des années 50. Son règlement prévoit une zone aedificandi minimale, déjà bourrée à craquer par la construction existante.

Dans les années 50, il n'y avait pas de piscines dans les lotissements. Il est écrit que tout aménagement doit se trouver dans la zone aedificandi... et il est répondu qu'une piscine est un aménagement. Littéralement appliquée, la réglementation décrit donc un hamburger : on empile d'abord l'extension, puis la piscine sur la maison (à la NY délires) et puis on presse jusqu'à ce que tout rentre dans le prospect...

Proposition rez-de-chaussée

Le rez-de-chaussée en pierre abrite les chambres. Il est frais, confortable, et pas mal fait. Il restera tel quel. Nous le transperçons depuis la porte d'entrée pour faciliter l'accès au jardin. Nous proposons que l'extension de l'étage déborde vers le sud, pour couvrir en dessous une nouvelle terrasse, à l'abri du vent.

Proposition étage

L'étage est complètement à revoir. Il sera démoli et reconstruit en totalité. La vue est cadrée dans des "tableaux" choisis, dont sont exclus les éléments indésirables tels que la maison du voisin. Les cadres vitrés déterminent des "grottes" ombragées. Le contre-jour - augmenté du reflet des vitrages - protège du regard des promeneurs. La programmation de l'étage suit le parcours du soleil : un cadre à l'est - vers Bandol - pour la chambre principale, un cadre plein sud pour le séjour, un cadre vers le couchant pour le salon-bibliothèque-cheminée-télé-whisky. Entre ces grottes, les salles de bain, remises, niches secrètes, rangements, etc. La façade en pierre sur rue est conservée sur toute sa hauteur. L'aspect de la maison pour le voisinage reste inchangé. C'est la "façade politique" du projet.

Proposition toiture

A partir d'une certaine hauteur, la maison du voisin «coule» sous un horizon enfin reconstitué du levant au couchant. Elle devient totalement anecdotique. Le toit est aménagé en terrasse accessible, aussi exposée que la terrasse du rez-de-chaussée est protégée. Une piscine à débordement, sorte d'horizon artificiel, ceinture toute la toiture. Les touristes du premier plan sont «noyés». Restent la mer et quelques cimes.

Le fond de la piscine est noir. La surface de l'eau reflète le ciel et se fond en continuité avec la surface de la mer. La terrasse est une île posée au milieu de l'eau. On y accède du dessous, par un escalier. Rien ne dépasse. Le garde corps, c'est l'eau. Dans l'île, sous une trappe, on trouve le rangement des chaises et parasols et l'important système de filtration des 300 m3 de la piscine.

Commentaire du jury

Encastrée dans la roche, la "boîte" moderne en béton, verre et acier rehausse une maison ancienne. Sur le toit, la piscine indécelable depuis l'entrée semble se dissoudre dans le paysage grâce aux parois noires qui lui donnent la couleur de la mer et au système à débordement qui efface ses limites. L'intérieur propose des ambiances sciemment contrastées.

Prix d'architecture 2003 : extension d'une maison à Saint-Cyr-sur-Mer (Var) de Julien Monfort
Prix d'architecture 2003 : extension d'une maison à Saint-Cyr-sur-Mer (Var) de Julien Monfort
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