• Accueil
  •  > 
  • Populuxe H-itecture ou l'essence du gratte-ciel
Rejoignez Cyberarchi : 

Populuxe H-itecture ou l'essence du gratte-ciel

© Cyberarchi 2020

Le 30 mai dernier Jacques Ferrier et Emin Iskenderov ont dévoilé dans le détail leur projet "Hermitage Towers" à la Défense. Avec, pour le second le souci, apparemment sincère, de reloger la "totalité" des résidents des immeubles existants aujourd'hui sur le site et pour le premier de démontrer la cohérence d'un projet qui est "plus qu'une tour".

 
 
A+
 
a-
 

Le rendez-vous était pris. Hôtel Crillon. 9h30. Hermitage présente au coté de Jacques Ferrier son projet de tours... pardon... de tour. Il n'y a qu'un objet unitaire... mais plusieurs polémiques. Le projet n'a jusqu'à présent été observé que sous le prisme de la controverse. Un signal déchu sera (dixit Hermitage), serait (dixit l'EPAD) construit en bord de Seine en lieu et place de logements sociaux.

L'émotion est vive. Alors que Paris s'embourgeoise de toute part en ces mandatures socialistes, Courbevoie fait l'événement. Des riches vont remplacer des pauvres. A l'origine de la transhumance sociale, un groupe russe au nom barbare... Stroïmontage. Aucune anticipation n'avait prévu un tel scénario catastrophe. Pas même un Jetsoninov. Et pourtant...

Néanmoins malgré cette qualité l'EPAD n'a pas jugé bon de retenir ce projet de tours sous le label "Signal". Rien n'y fait. Elles seront/seraient construites. La cacophonie des intentions, le trouble apporté, il y aura des signaux... et Phare sera peut-être le signal attendu... qu'importe la marque, attendons l'appropriation et l'appréciation des projets par les citadins.

... et l'architecture dans tout ça ?! La médiatisation l'oublie. Jacques Ferrier qui a su retenir l'attention avec son concept hypergreen, participant même au renouveau de la verticalité en France, s'efface derrière la polémique...

"so bling bling !" Stade Dubaï de l'architecture. "Architecture canard", relent d'architecture "programmatique"... Coup de barre, le H ne passe pas...

Mais c'est une question d'apparence. Le contenu du projet est clair, l'intention justifiée, l'argumentaire séduisant. La rapide critique s'efface. Ferrier propose un "gratte-ciel" et joue sur l'essence de la verticalité : voir et être vu.

Avant que le projet architectural ne soit dicté par une économie visuelle où la vue de l'objet ou depuis l'objet se consomme, l'ambition urbaine oriente le programme vers une mixité de fonctions. Au-delà c'est le réaménagement d'un secteur de la Défense qui est proposé. Hermitage prétend prendre à sa charge l'ensemble des aménagements... l'intention est là. Attendons alors pour juger.

Créer une porte, ouvrir le quartier, proposer un lieu attractif... les souhaits sont multiples. La verticalité s'ouvre, la tour s'ambitionne comme une place publique sinon comme un "monument partagé".

De son sommet, la Seine, les Champs Elysées... au loin la tour Eiffel. La tour panoptique exprime son désir de voir, d'observer la ville... de la contrôler. Le mot est employé : "deux vigies" couronnent l'objet. Aussi la tour est pensée comme un vaste périscope urbain "capturant le ciel" et l'idée de regard détermine la forme. "Le regard bienveillant" (gardien veillant ?), dont parle Ferrier.

Au-delà de la controverse et du possible renouveau du populuxe architectural, Ferrier propose, impose (la relation du promoteur et de l'architecte est plus que surprenante) dans ce projet l'essence même du gratte-ciel. C'est un colosse de verre qui marquera l'entrée de la Défense.

Jean-Philippe Hugron

Populuxe H-itecture ou l'essence du gratte-ciel
Mot clefs
Catégories
Article précédent  
Article suivant  
< Une  

Recevez la newsletter

CYBER