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Philippe Rahm, un architecte expérimental ?

© Artemide : Copyright 2017

 

Connu à l’international, invité dans les plus prestigieuses institutions architecturales mondiales, Philippe Rahm est l’électron libre de l’architecture. Ce féru de recherche et de développement, peut-il changer le regard vis-à-vis de certains préceptes concernant la discipline rigoureuse qu’est la profession d’architecte ?

 
 
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Diplômé de l'école Polytechnique de Lausanne, aujourd’hui installé à Paris, Philippe Rahm connu par ailleurs comme « l’architecte météorologique » est toujours prêt à expliquer ses idées. Avec une grande modestie et un discours approprié, le tout teinté parfois d’une pointe d’humour, l’architecte étale ses pensées, ses recherches, ses explorations, ses réalisations mais aussi ses diverses déceptions.

 

L’échange primordial

 

L’architecte suisse enseigne aux Etats-Unis dans les universités de Princeton et de Harvard mais aussi à l’école d’architecture de Versailles. Pour Philippe Rahm, l’enseignement est comparable à un « laboratoire » où l’architecte non seulement manifeste son savoir devant ses étudiants mais il en tire quelques préceptes l’aidant à l’élaboration de ses recherches.

Au premier abord, il peut sembler laborieux de suivre le fil de la pensée de l’architecte dont la démarche se distingue de celle de ses confrères par l’apport d’une nouvelle orientation en matière de protection de l’environnement. Mais très vite le questionnement, resté un petit moment en suspension, trouve ses réponses dans les différentes propositions qui vont au-delà des gestes actuels, très rudimentaires, utilisés en architecture. Avec de telles idées novatrices, des projets comme « Réinventer Paris » ne connaîtraient-ils pas une autre tournure que celles envisagées aujourd’hui ? Il est permis de le penser.

 

Les données essentielles

 

Tout en citant Vitruve ou d’autres pointures de l’architecture classique, Philippe Rahm arrive à rompre naturellement avec quelques représentations du modernisme et exprime clairement son idée selon laquelle un édifice devrait intégrer trois données essentielles : la température, l’humidité et la lumière. Ces dernières, souvent absentes d’un programme architectural habituel et une fois étudiées dans les moindres détails, peuvent devenir les déclencheurs d’une nouvelle démarche et en conséquence d’une architecture qui interprète les évolutions climatiques. Mais malgré l’image révolutionnaire de la chose, ne s’agit-il pas de revenir à certains fondamentaux ? Contre toute attente, l’homme de l’art affirme que sa démarche puise dans l’architecture vernaculaire. Une attitude surprenante dont l’effet s’estompe avec les explications et les exemples cités.

C’est en se référant à « Central Park » de New-York que l’architecte explique sa gigantesque réalisation à Taiwan, un projet de grande envergure où un parc paysager de 70 hectares remplace l’ancien aéroport de Taichung. Jade Eco Park  s’avère être un terrain de jeu plaisant et une occasion en or où l’architecte met en application ses idées à une très grande échelle. Ainsi, en étudiant l’ensemble des critères météorologiques, Philippe Rahm réalise un projet capable de moduler le climat chaud, humide et pollué. Des « situations aléatoires » où l'air est refroidi par endroits et par géothermie ou les lumières sont contrôlées mécaniquement où l’électricité est fournie à travers des panneaux photovoltaïques. Sans parler de l’ensemble qui est en permanence contrôlé par des capteurs fournissant des données sur la température et l'humidité, ce qui déclanche les appareils climatiques en cas de nécessité.

 

La rupture technologique

 

Tandis que d’autres architectes discutent pierre, béton, acier, verre et textures, Philippe loue avant tout les effets sensoriels de la lumière, exploite les avantages de la chaleur ainsi que de la fraîcheur et fractionne le programme selon une démarche pointue en prenant appui sur les nouvelles technologies. Ses projets concernant l’enveloppe des bâtiments sont les résultats d’une mure réflexion qui se traduit dans une logique de gradation et toujours dans le même esprit de modulation des éléments météorologiques.

Tout ceci nous ramène à une importante question : Philippe Rahm est-il l’architecte purement expérimental enfermé dans un monde parallèle à celui de l’architecture actuelle ? Vu les projets réalisés et la portée des analyses rapportées, l’architecte démontre une grande cohérence dans ses idées. Et même si ces dernières n’ont que timidement encore été approuvées sur le territoire français, l’architecture novatrice de Philippe Rahm possède un grand potentiel qui formera probablement un jour une institution à part entière. Il suffit juste de s’y intéresser.

 

Sipane Hoh

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