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Pas d'armistice pour Batimat

© Cyberarchi 2019

Vendredi 11 novembre, les visiteurs ont parcouru le salon comme ils vont à la fête foraine ou à la fête de la bière. "Dis Papa, quand est-ce qu'on arrive ?". "Encore une petite dizaine de km mon chéri et nous y sommes". Reportage sur la route des vacances d'un week-end prolongé.

 
 
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Le carillon est une nouveauté de ce vendredi 11 novembre, jour férié. Ding ding dong ! "Votre attention s'il vous plaît. Une petite fille de deux ans est perdue dans le bâtiment 7. Si vous la trouvez, la ramener au commissariat général". Le bâtiment 7, sur trois niveaux, doit représenter pas loin de 10 terrains de foot. A deux ans, ce n'est pas la petite fille qui sera la plus angoissée, surtout si elle a trouvé son bonheur devant l'un des multiples écrans plasma qui font l'ordinaire de l'animation, ou encore devant une porte de garage automatique qui s'ouvre et se ferme toute seule, s'ouvre et se ferme, s'ouvre et se ferme...

Ding ding dong ! "Les parents de Clémentin sont attendus sur le stand G3 du Hall 7.2". La voix est moins aimable puisque l'enfant n'est visiblement pas en danger. Le nom du stand est CASANOVA. Qu'a pu y trouver Clémentin ? Des hôtesses à son goût ? Las, rien à voir avec le Don Juan italien. Paradoxe, il s'agit d'un stand de... télésurveillance. Sauf que le petit Clémentin aura du mal à retrouver ses parents sur les écrans de contrôle tant la foule est serrée.

La veille, les organisateurs de Batimat, qui avaient décidé cette année d'organiser le salon du 7 au 12 novembre, donc en y incluant le jour férié du 11, se demandaient encore ce qui allait se passer. Les gens en profiteraient-ils pour venir au salon ou, au contraire, seraient-ils tous partis en week-end prolongé ? A voir en fin de journée les mines défaites de fatigue des exposants et des mamans à poussettes, ou celles encore des enfants en âge de marcher, la réponse est claire. Pourtant, puisqu'il s'agit d'un salon professionnel dont le but est de "faire des affaires", les familles ne sont pas particulièrement encouragées à venir ; c'est la raison du prix d'entrée dissuasif (45 euros), un ticket que les familles ne peuvent faire passer en note de frais.

En réalité, ces dates ont eu un effet étonnant. Comme l'explique un exposant - lequel avait d'ailleurs eu plus de 2.000 contacts jeudi soir (un contact = une entreprise) contre 1.800 pour l'ensemble du salon 2003 - les prescripteurs et les entreprises sont venues en nombre dès lundi et mardi, peut-être justement en prévision du long week-end. Les particuliers ont ensuite pris le relais. D'habitude, le salon montait plutôt en puissance au fil des jours. Il faut dire que cette année, le développement durable particulièrement à la mode sur fond de catastrophe climatique annoncée et thème de Batimat, a permis au salon de faire les journaux de 20h de toutes les télés nationales. Ceci expliquant peut-être cela.

Si les exposants auront au final réalisé une excellente journée - même si le contact de monsieur et madame et leurs enfants n'a pas la valeur de celui avec monsieur, gérant de l'entreprise truc -, les milliers d'employés qui gravitent autour du salon - nettoyage, hôtesses, restauration, etc. - auront eux diversement apprécié (c'est un euphémisme ; ça ne leur a pas fait plaisir) l'opportunité d'un long week-end ainsi perdue, surtout après celui de la Pentecôte passé par perte sans profit.

Reste l'inconnu du samedi. "Faut-il réellement maintenir le samedi comme jour ouvré du salon ?" est la question qui taraude les uns et les autres. En effet, le salon ferme à 17h00 samedi et il n'est pas un exposant qui, dès 16h59, ne soit dans les starting blocks pour en finir au plus vite. Pourrait-on compenser les heures du samedi par une fermeture plus tardive en semaine ? Par une nocturne ? Par le passé, les nocturnes ont laissé des souvenirs mitigés à l'organisation.

Et pour cause. Entendu sur un stand : "Vous ne conduisez pas, j'espère ?", demande un commercial inquiet, retenant son geste. "Non, non, c'est mon collègue qui conduit". Le collègue, qui n'en est visiblement pas à sa première flûte de champagne non plus, confirme. Ding ding dong ! (Voix pas aimable, mais alors pas aimable du tout) : "le propriétaire de la Mercedes grise immatriculée XXX ZZ 68 est prié de rejoindre son véhicule IMMEDIATEMENT". Les deux compères se marrent. Ils le peuvent. La voix synthétique n'a pas eu à insister concernant la petite fille perdue. Papa et maman, éperdus, ont dû la ramener à bon port.

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