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Odile Decq fervente défenseur de l'égalité homme/femme

© Cyberarchi 2017

Odile Decq a été récompensée par le Jane Drew Prize dans le cadre du Women in Architecture Awards, organisé chaque année à Londres par Architectural Review. L'occasion de revenir sur la carrière d'une architecte hors norme, qui a contribué à la reconnaissance des femmes dans l'architecture. Interview.

 
 
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Dans une profession dominée par les hommes, les membres du jury du Jane Drew Prize l'ont décrite comme « une source infinie d'énergie créative, une rebelle dans l'âme et une fervente défenseur de l'égalité ». Odile Decq rejoint en 2016 les rangs des architectes qui, par leur travail et leur engagement, ont contribué à la reconnaissance des femmes dans l'architecture.

Le prix a précédemment mis en lumière le travail de plusieurs architectes : Zaha Hadid, Eva Jiricna, Kathryn Findlay, Yvonne Farrell, fondatrice de Grafton Arhcitects et Shelley McNamara.

Un « nouvel espoir »

Odile Decq a ouvert son agence d'architecture à la Villette, dès l'obtention de son diplôme en 1978. En parallèle, elle poursuit ses études à l’IEP de Paris (D.E.S.S. d’urbanisme en 1979). Sa première grande commande, la Banque populaire de l'Ouest à Rennes, la propulse très vite sur le devant de la scène médiatique, comme « le nouvel espoir qui met à mal les conventions poussiéreuses ».

Son regard architectural, tantôt tendre, tantôt sévère sur notre monde, plaisent. Elle réalise successivement le viaduc autoroutier de Nanterre, l'UFR de Sciences Eco et la bibliothèque de droit de l'Université de Nantes. Cette production atypique sera récompensée par un Lion d’Or à Venise en 1996.

Une position de résistante

Dans les années 2000 Odile Decq reste fidèle à sa position de résistante, tout en diversifiant et radicalisant sa recherche. Dans l’obsession du détail de conception, la quête in fine de la disparition de la technicité au profit de l’émotion, elle aime intégrer au processus de création le dialogue avec les techniciens. Elle apprécie de se confronter à leur savoir précieux et de comprendre, dans le souci de l’exigence, les mécanismes de production.

« En remettant quelquefois en cause une ligne, une matière, un assemblage, en expliquant la plus-value, économique ou sensuelle de ces mutations, chacun trouve sa place, se sent aspiré par l’œuvre. Le travail n’est plus mécanique. L’intérêt, la difficulté deviennent source de plaisir », précise son agence.

 En 2013, Odile Decq reçoit le prix Femme Architecte de l’année 2013 et la Médaille de Vermeil de l’Académie d’Architecture en 2014.

Un rôle d'enseignante

En parallèle de la vie de l'agence, elle est aussi enseignante depuis 1991. Elle a été professeur invité dans les prestigieuses universités de Columbia à New York, de la Bartlett à Londres, de la Kunstakadémie de Vienne puis de Düsseldorf. En France, elle a été enseignante à l'Ecole Spéciale d'Architecture à Paris de 1992 à 2007, et a dirigée cette école de 2007 à 2012. Cette passion pour l'enseignement l'engage en 2014 à créer à Lyon sa propre école.

Quelques unes de ses œuvres

  • L’Information Center à Shanghai (2008)

  • Le Musée d’Art Contemporain de la Ville de Rome (2010)

  • Le restaurant de l’Opéra Garnier (2011)

  • Le FRAC Bretagne à Rennes (2012)

  • Le siège de GL Events à Lyon (2014)

  • Le Fangshan Tangshan National Geopark Museum de Nanjing en Chine

  • Le CARGO à Paris (2015)

  • La Résidence Saint-Ange et les maisons de verre en Bretagne (2016)

Trois questions à Odile Decq

Batiweb : Qu'est-ce que cette récompense symbolise pour vous ?

Odile Decq : Ce prix représente la reconnaissance depuis l'étranger, d’une attitude dans la vie.

Alors qu'on vient de célébrer la journée des droits des femmes le 8 mars dernier, qu'avez-vous envie de dire à cette jeune génération d'architecte au féminin qui se bat pour trouver du travail et obtenir l'égalité salariale ?

O.D : Je ne sais pas  ce que c’est que de se battre pour l’égalité salariale, n’ayant toujours exercé qu’en mon nom. Mais je trouve insupportable et inacceptable qu’il n’y ait pas égalité. De plus, je pense que les femmes doivent croire qu’elle peuvent y arriver, alors même que l’éducation qu’on leur a donné toute leur vie depuis l’enfance ne facilite pas la confiance en soi.

Lorsque les mères adorent leur enfants garçon et demandent à leur fille de les aider, déjà la situation est mal partie; lorsque les pères admirent leur fille par leur beauté et leur garçon pour leur force et leur courage, la situation est mal partie. Parents, s’il vous plaît, donnez l’égalité des chances à vos enfants!

Alors que l’enseignement fabrique, soit de l’escale d’agence soit du chômeur, il y a une autre alternative qui est de réinventer la pratique de l’architecture. Et cela est la grande opportunité des jeunes étudiants aujourd’hui.

Quels sont vos projets pour 2016 ?

O.D : Développer l’école d’architecture que j’ai créée à Lyon (la Confluence: Institut pour l'Innovation et les Stratégies Créatives en Architecture, ndlr.) et continuer à exercer mon métier sous toutes ses formes telles que je les pratique aujourd’hui, avec de plus en plus de plaisir : architecture, design, art contemporain, etc. mais sans jamais me compromettre dans des choix dont je ne serai pas fière. Cela s’appelle la liberté et à l’heure où Claude Parent disparaît, il ne faut pas oublier la grande leçon de liberté qu’il nous a laissée, liberté de penser d’abord, liberté d’opinion ensuite et liberté de créer.

Propos recueillis par Claire Thibault

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