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Nouvelle intervention d'Intégral Ruedi Baur au parc de la Villette : un design graphique sur la Maison de la Villette

© Cyberarchi 2020

La Maison de la Villette est dorénavant revêtue d'un design graphique créé par Intégral Ruedi Baur. L'Etablissement Public du Parc et de la Grande Halle de la Villette a fait appel à l'équipe pour valoriser le bâtiment. Recherche graphique et réflexion urbaine ont permis d'aboutir à une intervention innovante et réussie.

 
 
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Présentation

Designer franco-suisse, Ruedi Baur , dirige les ateliers Intégral Ruedi Baur à Paris, Zurich et Berlin. On lui doit l'identité visuelle et signalétique du Centre Pompidou, du Parc de Chambord, de la Cité Internationale de Lyon et de la Cité Internationale Universitaire de Paris. Ruedi Baur est également enseignant en Allemagne, en Chine et à Paris à l'Ecole Nationale des Arts Décoratifs où il donne des cours de graphisme et dirige une recherche sur l'écriture cérémoniale «Comment le pouvoir s'exprime dans l'espace public-urbain».

La Maison de la Villette est sa quatrième intervention sur le site de la Villette, elle succède à trois interventions : en 2004, la signalétique de la Cité Administrative du parc (une dizaine de bâtiments), en 2005 la signalétique et la mise en scène durant deux ans du chantier de la Grande Halle, et en décembre 2009 la signalétique de la «Folie Information» à l'entrée principale du parc dont une intervention sur des supports d'informations temporaires.

Ancienne Rotonde des vétérinaires au temps des abattoirs puis résidence d'artistes, la Maison de la Villette est depuis février 2010 le «WIP Villette» (Work in Progress), un lieu permanent dédié aux nouveaux territoires de l'art, aux cultures hip-hop et à toutes les initiatives de démocratie culturelle.


Un contexte marqué par les oeuvres de Bernard Tschumi

Le Parc de la Villette est rythmé par les Folies, oeuvres architecturales du franco-suisse Bernard Tschumi (1983), «objets architecturaux» rouges plus ou moins déconstruits qui font le lien avec les différents équipements situés à la Villette (Cité des Sciences, Géode, Zénith, Grande Halle, Cité de la Musique) et les jardins à thème.

Le rouge choisi par l'architecte Bernard Tsumi a été repris par Ruedi Baur pour qui : «Le projet de Tsumi est un travail historique qui participe à la culture du XXIe siècle. La Maison de la Villette se situe dans le système qu'il a mis en oeuvre, il fallait montrer que ce lieu fait partie du programme culturel de la Villette. Le projet participe aux Folies mais n'est pas tout à fait une Folie puisque le bâtiment n'est qu'à 50% rouge.»

Ruedi Baur et son équipe ont changé la perception du bâtiment en le transformant en un élément graphique contemporain. L'intervention consiste à un dessin de lignes rouges qui partent de l'arrière du bâtiment (façade sud), se transforment en une structure rouge de pergola située sur la terrasse arrière avant de revenir marquage sur le toit et sur les autres faces du bâtiment pour converger enfin vers l'entrée située au nord. Les quatre façades à l'origine identiques ont été transformées en façades dissymétriques.
Le dessin a été effectué sur les façades à l'aide d'une peinture en bande directement sur la pierre avec un pré-peinture qui permet de l'enlever.

Les lignes rouges schématisent les vibrations dynamiques du vent sur la façade.
Ruedi Baur explique son choix du passage de l'air comme thème de départ : «Il me semblait que le bâtiment était très isolé et que tout ce qui a été bâti autour à fait qu'il devrait être retourné de 180 degrés. Aujourd'hui le point d'entrée c'est le parc, à l'époque c'était la porte de la Villette. L'orientation du bâtiment était un peu fausse et en même temps il était isolé d'où cette idée de l'air qui indique cette ouverture et qui joue la dynamique qui est cultivée à l'intérieur.»

Le dessin des lignes a fait l'objet d'une étude effectuée en laboratoire pour analyser le déplacement du vent sur les façades si celui-ci venait souffler depuis la façade sud. Ruedi Baur explique la nécessité de cette étude : «Une fois qu'on a eu l'idée de cette circulation d'air vers l'entrée, on a commencé à imaginer les flux, puis on a profité pour regarder ce que ça donnerait si effectivement cette circulation d'air était réelle... On a nié le volume en le travaillant par l'air qui le réveille. Le schéma technique a été retravaillé par Intégral pour donner une représentation graphique forte qui permet d'identifier le bâtiment.»

L'étude effectuée en laboratoire a-t-elle été faite pour justifier le dessin? «C'est pas faux! Qu'est-ce que ça veut dire de venir colorer un bâtiment, il faut bien qu'on lui donne une raison. Je suis le dernier à vouloir peindre tous les bâtiments et à venir traiter toutes les architectures. Ici, en effet, il fallait trouver une raison de le faire.»

La façade comprenant l'entrée a été doublée d'une façade rouge qui met en avant la porte minuscule. Cette entrée est totalement dans l'esthétique des Folies de Bernard Tshumi. Cette façade permet aussi d'indiquer le programme : d'autres espaces d'intervention d'artistes peuvent être rajoutés pour de nouvelles installations.

L'ensemble est réussi : le piéton est attiré par les lignes rouges qui semblent être en mouvement et donne ainsi envie de savoir ce qu'il s'y passe. Le projet est indéniablement du design-graphique et relève de la question d'un lieu et de l'identification d'un territoire. Ruedi Baur explique : « On a voulu valoriser les artistes invités dans ce lieu qui ne soit plus le délaissé du parc mais qui soit un lieu valorisé... on a essayé d'exprimer ce qu'est ce lieu d'expression à la fois très contemporain, l'art de la rue, d'activité de la danse, du rap, on a recherché une dynamique que d'autres lieux n'ont pas.»

Est-ce que Ruedi Baur a aimé travaillé sur ce site? Il répond : « Ce projet correspond à cette génération là. Il ne fallait pas prendre la place des artistes, c'est à eux de s'exprimer, on a choisi quelque chose de plutôt neutre de part l'expression, qui nous permet de rapporter leur activité... Je fais un travail contextuel, j'essaie de comprendre, de faire émaner le projet dans ses contraintes ».

Le contexte urbain a été pris en compte et c'est bien une réflexion pluridisciplinaire qui est à l'origine du nouveau revêtement de la Maison de la Villette, celui d'un design graphique à l'écoute de son temps.

Claire Zobouyan

Nouvelle intervention d'Intégral Ruedi Baur au parc de la Villette : un design graphique sur la Maison de la Villette
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