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MUCEM de Marseille : la 'casbah' de Rudy Ricciotti

© Cyberarchi 2014

Lors du concours pour la construction du MUCEM à Marseille, l'architecte Rudy Ricciotti a présenté un projet s'intégrant au paysage portuaire de la cité phocéenne. Pari gagné puisqu'il a été désigné en février 2004 lauréat de la compétition, malgré d'autres projets qui ont tenté le jury d'attribution. Description et réactions.

 
 
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«J'ai imaginé une casbah verticale». Voici le projet du futur Musée national des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (MUCEM) de Marseille, décrit par son concepteur, l'architecte Rudy Ricciotti. Si ce dernier a remporté en février 2004 le concours international pour la construction de l'édifice dans le Vieux Port de la Joliette, contre huit autres projets, Ruddy Ricciotti admet toutefois qu'il a ressenti de la difficulté avec cette réalisation.

«Le bâtiment s'organise sur un principe de composition réalisé à partir d'un carré : un volume parallélépipédique d'emprise de 72 mètres de côté recouvre essentiellement un volume interne de 52 mètres, comprenant les salles d'expositions et de conférence», explique Rudy Ricciotti. La 'casbah verticale' est alors recouverte d'une sorte de résille perforée comme une section de roche : «j'ai recherché à donner une dimension à la fois fragile et dense. Fragile, car la paroi extérieure est très fine. Dense, parce que la structure de cette même paroi prend une dimension squelettique qui ramène à une arborescence, un peu comme des arêtes de poisson». Ces deux dimensions entremêlées sont renforcées selon l'architecte lauréat, par le matériau retenu, un béton de fibre de haute performance de trois centimètres d'épaisseur et de couleur poussière mate. (Voir également notre entretien avec Rudy Ricciotti)

Par ailleurs, le nouveau bâtiment, situé en bord de quai doit être relié par le biais d'une passerelle au Fort Saint-Jean. Intégré au futur musée, le monument doit accueillir entre autres les ressources documentaires du MUCEM, tout en conservant nombre de ses aspects, comme ses jardins d'essais et d'acclimatations. Pour cette passerelle, l'architecte s'est basé sur un projet précédent de pont : le pont de la paix à Séoul en Corée. Il s'agit d'une passerelle en béton que R.Ricciotti assimile à un «tapis volant».

Si son projet a été choisi par un jury composé de différents intervenants de Marseille notamment Jean-Claude Gaudin, maire de la cité phocéenne, et Renaud Muselier son premier adjoint, puis approuvé peu de temps après par Jean-Jacques Aillagon, encore ministre de la Culture, le projet Ricciotti a pourtant eu maille à partir avec les autres propositions en compétition. Lors des délibérations, son projet n'a reçu que... 11 voix sur 21. Il faut dire que l'étude de l'architecte irakienne Zaha Hadid avait également ses supporters et non des moindres.

Pour Michel Colardelle, directeur actuel du musée des Arts et Traditions Populaires à Paris et futur directeur du Musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée, le projet Hadid constituait «une sculpture urbaine équilibrée par rapport à la dynamique du port de Marseille, sorte de pivot, de rotule d'articulation en relation avec le Fort Saint-Jean». Propos approuvés par Michel Pezet, ancien président socialiste de la région PACA, aujourd'hui conseiller régional : «Avoir une pointe de modernité aussi belle que ce qui était présenté par Zaha Hadid, je trouve que c'était ça le vrai projet, tirer Marseille vers une grande modernité, une grande force et une grande qualité».

Toutefois, ce côté ambitieux a finalement laissé place à une volonté d'intégrer le nouveau bâtiment dans le contexte architectural du port. «A cet endroit de Marseille, il n'était pas possible d'ériger un Opéra de Sydney ou cet oeuf que l'on voit dans certaines villes, les habitants n'auraient pas aimé quelque chose d'avant-garde», a déclaré Jean-Claude Gaudin. De même, le jury n'a pas souhaité suivre des projets faisant appel à de nouvelles technologies, comme celui de l'Américain Steven Holl.

Bien que classé second, sa proposition a été recalée notamment en raison de l'utilisation d'un béton vitrifié ou translucide, nouvelle technologie apparemment peu appliquée ailleurs. De plus, Yves Lion, architecte coordonnateur du secteur Euroméditerranée et de l'édification de la Cité de la Méditerranée à Marseille, rapporte que le jury a été effrayé par le projet haut en couleurs de Rem Koolhaas, classé cinquième.

Ne restait donc que Rudy Ricciotti. Son projet prévoit un ensemble de 15.000 mètres carrés, dont les travaux vont commencer en avril 2006 pour une ouverture prévue en 2009. Le coût des travaux d'édification et de réaménagement du Fort Saint-Jean est évalué à 106 millions d'euros. Quant aux collections que l'établissement devra accueillir, il s'agit entre autres de celles en provenance du musée 'des Arts et traditions Populaires' de Paris, plus son laboratoire de recherche. Ces dernières années, le musée parisien a vu sa fréquentation chuter et ses recherches marginalisées. Un des objectifs du futur MUCEM est donc lui accorder une seconde vie.

MUCEM de Marseille : la 'casbah' de Rudy Ricciotti
MUCEM de Marseille : la 'casbah' de Rudy Ricciotti
MUCEM de Marseille : la 'casbah' de Rudy Ricciotti
MUCEM de Marseille : la 'casbah' de Rudy Ricciotti
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