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MIX[cité] à Marseille (13)

© Cyberarchi 2019

Dans le cadre de son diplôme, Stéphanie Durniak (ENSA Marseille) s'emploie à reconnecter une cité des quartiers nord de la cité phocéenne au reste de la ville en s'appuyant sur un "travail sur l'existant". Transformation, densification, mixité, sont les pistes qu'elle explore tout en s'attachant à ne rien démolir. Présentation.

 
 
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Une zone à enjeux

En réponse au manque de logements à Marseille proposer un canal avec ses nouvelles centralités urbaines vise à changer considérablement l'image des quartiers nord. Le périmètre d'intervention englobe la cité Consolat et ses délaissés, ainsi qu'une ancienne caserne de pompiers aujourd'hui à l'abandon.

On retrouve uniquement dans l'environnement lointain le lycée Saint-Exupéry, un collège, ainsi qu'un équipement sportif. L'enjeu principal est donc de désenclaver la cité pour renverser cette logique urbaine introvertie.

Travailler sur l'existant

Travailler sur l'existant sera au centre des préoccupations tant au niveau de l'environnement proche, qu'au niveau du projet. Le travail va se développer en trois parties :
>> la mise en place d'un nouveau maillage afin de replacer la cité dans une urbanité ;
>> de manière ponctuelle sur la cité existante ;
>> sur l'ancienne caserne dont le soubassement servira de socle au projet.

Avant l'intervention, le site est marqué par les grandes infrastructures liées à la mobilité rapide, autoroute et voies SNCF qui ont provoqués des ruptures dans le tissu urbain, créant ainsi un territoire mouvementé, détaché des réseaux et de la ville.

Le premier travail a consisté à modifier les réseaux pour interconnecter les fragments urbains, avec la mise en place du canal et du boulevard urbain. Les tramways, rue de Lyon, ainsi que la ligne de bateau-bus et les transports en commun sur le boulevard urbain connectent le projet à la ville. Les transports en commun fonctionnent de manière transversale.

La deuxième partie du travail est effectuée de manière ponctuelle au niveau de la cité Consolat. Comment intervenir sur une cité existante : Démolir ou TRANSFORMER.

L'idée d'intervenir de façon minimale sur les structures et de ne pas démolir est une évidence environnementale car on y gagne l'énergie déjà engagée pour la réalisation existante, l'énergie que l'on aurait perdue en modifiant lourdement la structure et l'énergie qu'il aurait fallu consommer pour le retraitement des démolitions.

La tour est dépourvue d'espace extérieur ; le principe est donc d'offrir une importante surface habitable complémentaire pour chaque logement (un nouvel espace de vie, jardin d'hiver et balcon qui apportent plus de lumière, une protection solaire efficace, plus de surface...). L'opération habille le volume d'un nouveau manteau, qui modifie l'image et l'expression du bâtiment en plus des améliorations de confort et d'énergie.

Cette tour de 17 niveaux est dotée d'une vue imprenable sur le port autonome, le projet de transformation s'attache à saisir les avantages d'une situation existante et de les mettre en avant.

En plus d'absence de commerces et de services, les barres de la cité sont dépourvues d'un accès direct aux logements depuis la rue. L'attention s'est donc portée sur les rez-de-chaussée rendus accessibles et traversants vers la partie arrière. Des commerces et des services s'intercalent aux halls de manière à redonner à cette rue les qualités d'une véritable rue en situation urbaine.

Le travail sur l'existant ne se limite pas au bâti, un travail sur les espaces délaissés me semble important. D'où la question de comment créer de nouveaux types d'espaces publics, non pas comme des formes coupées des dynamiques sociales, mais reliés aux espaces vivants et profitant des opportunités offertes par le territoire existant.

Les jardins familiaux, potager, ont donc pour objectif de redynamiser la vie du quartier ; ils permettent aux habitants de créer de nouveaux échanges, de se réapproprier l'espace extérieur. C'est aussi un moyen efficace de mettre en valeur le paysage.

La troisième partie s'attache à la transformation et la densification de la caserne au coeur de la cité. Cette caserne est intéressante par sa situation particulière, une rupture d'échelle, un travail en relation constante avec l'existant.

Nous avons vu que le nouveau maillage permet de casser la rupture créée par l'autoroute et de créer un véritable morceau de ville où se mixent divers équipements à l'échelle du quartier.

Les parties latérales de la caserne vont être conservées et servir de soubassement au projet et vont accueillir l'un des principaux éléments de programme du projet : le marché couvert, nouvelle centralité du quartier.

L'espace central public est accessible depuis le canal, par les transports en communs, la ligne de bateau-bus, accès direct dans le coeur d'îlot qui permet aussi la livraison des marchandises pour le marché.

L'idée est aussi de conserver un dialogue avec la cité. De ce fait, on recherche des perméabilités. Les halls d'entrée sont traversants ce qui permet d'avoir une entrée basse au niveau du coeur d'ilot et une entrée au niveau des rues environnantes. Le long du canal la densité diminue, de façon à laisser traverser des vues du coeur d'ilot vers le canal.

Le projet revendique l'appartenance au site, à un climat, une manière de vivre méditerranéenne largement ouverte sur l'extérieur. L'idée est donc de travailler sur une architecture propice à la rencontre, à la mixité, d'éviter l'individualisme en travaillant sur des espaces communs qui permettent un lien social entre l'ensemble des habitants.

Les logements sociaux ont une large coursive au nord, protégée du vent, assez large pour que les gens se l'approprient. Cela permet aussi une mise à distance entre les passants et les logements. Afin de créer de véritables lieux où se rencontrer, les laveries sont communes ainsi que les jardins potagers...

Créer du logement dans un climat méditerranéen est l'occasion de réfléchir à la notion d'espace extérieur et des différentes manières de travailler cette relation à l'extérieur, au paysage. D'où, parfois, ces loggias, qui permettent une protection solaire au sud, conçues soit dans l'espace du logement soit en avant de la façade comme une extension du séjour. Ailleurs, des patios deviennent de véritables espaces de vie au coeur du logement.

J'ai imaginé des logements flexibles, adaptés aux nouvelles générations qui associent, au sein d'un même foyer, vie professionnelle et familiale. Cette flexibilité se traduit par des espaces mutables, un bureau ouvert directement sur la rue ou plutôt une nouvelle chambre d'enfant, ou encore un studio indépendant pour un adolescent ou une personne âgée.

Ce projet, exprimé à l'échelle du master plan, permet de reconnecter le quartier de la cité Consolat à la ville. A l'échelle du projet, cela représente une urbanité qui prône la mixité et la densité, évitant les zones mono-fonctionnelles, afin de redonner aux habitants et aux Marseillais l'usage et la pratique de ces espaces.

De l'échelle du territoire à l'échelle de la cellule, ce projet tente de répondre aux questions concernant la ville, les usages, l'environnement. Vers quel type de villes souhaitons-nous nous orienter ? Il n'est pas question aujourd'hui de réinventer la ville, c'est pourquoi la question du travail sur l'existant, la transformation, la densification, semblent être des pistes intéressantes.

Stéphanie Durniak

Consulter l'album-photos 'MIX[cité] ou d'un nouvel usage de l'espace d'une cité'.

MIX[cité] à Marseille (13)
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