• Accueil
  •  > 
  • Michel Rémon construira à Tel-Aviv
Rejoignez Cyberarchi : 

Michel Rémon construira à Tel-Aviv

Atelier Michel Rémon : Copyright 2017

 

L’Atelier Michel Rémon n’avait jamais exporté son savoir-faire sur les programmes complexes (hôpitaux, laboratoires..) qu’il affectionne. C’est désormais chose faite puisqu’il vient de gagner un concours pour un centre de recherche à Tel-Aviv…

 
 
A+
 
a-
 

C’est au terme d’une sélection en quatre phases que l’atelier Michel Rémon a été désigné lauréat du concours international pour la construction du centre de recherche de nanosciences et nanotechnologies de l’université de Tel-Aviv, un bâtiment de 25 millions de dollars US, principalement financé par Ronan Abramovitch, le milliardaire russe que les amateurs de football connaissent bien en tant que propriétaire du club de Chelsea depuis 2003.

KB Strelka, une assistance à maîtrise d’ouvrage émanant de l’école d’architecture moscovite Strelka Institute, a d’abord retenu 21 candidatures parmi 128 dossiers provenant du monde entier. Ces 21 prétendants, où figuraient les Français LAN et ANMA, ont ensuite été audités 2 x 5 minutes sur leurs intentions architecturales et l’activité de leur agence, via Skype. Il en est ressorti une liste restreinte de six concurrents, avec quelques signatures célèbres comme celles d’OAB (Carlos Ferrater) et d’Elemental (Alejandro Aravena), qui, dotés de 50 000 $ US chacun, ont réalisé un projet au 1/100. Trois finalistes (Zahry + StudioPez, Jestico + Whiles associates et Michel Rémon) ont enfin été choisis avant que l’atelier parisien d’architecture ne remporte la consultation à la suite d’oraux organisés à Tel-Aviv. Un succès que Michel Rémon attribue en partie à « son expérience des univers architecturaux complexes » et à la réalisation en cours d’un bâtiment trois fois plus grand, mais de nature identique : le nanolab du CNRS, sur le plateau de Saclay.

 

Bunker à chaque étage

 

Très simple, presque schématique, le plan carré se réfère à la notion d’espaces servants/servis, chère à Louis Isadore Kahn. L’architecte sexagénaire a disposé les laboratoires au centre du bâtiment en les accolant de part et d’autre d’une bande de locaux techniques. Ce couple « laboratoires - locaux techniques », qui permet d’assurer la maintenance et le réglage des machines sans perturber l’activité et l’atmosphère épurée des labos, est irrigué par une circulation périphérique qui, à l’est et à l’ouest, distribue les bureaux, et qui, au nord et au sud, est en contact direct ou indirect avec les façades (au travers du hall d’entrée).

Le centre de recherche de nanosciences et nanotechnologies, qui sera livré en 2020, comprend quatre niveaux. Les deux étages de laboratoires reposent sur celui de la grande salle blanche, pourvue d’un faux plafond technique de deux mètres de hauteur et imaginée sans poteaux intermédiaires grâce à un plancher en caissons d’un mètre d’épaisseur. Chaque niveau présente la particularité d’accueillir un local « bunkerisé » de 15 m2, où le personnel peut trouver refuge en cas d’attaque ou de bombardement.

 

« Hors échelle »

 

Toutes les façades de l’édifice de 43 m de côté sont traitées de manière analogue au moyen de verticales de béton qui se retournent en toiture. Au niveau de l’entrée, ces longues bandes blanches sont décalées pour permettre l’accès au bâtiment, donnant l’impression d’un voile que l’on aurait écarté sur un secret bien gardé. Presque partout ailleurs, elles sont implantées régulièrement selon un entraxe de 1,20 m.

Refusant le terme de brise-soleil qu’il estime univoque, voire inadéquat, Michel Rémon évoque des filtres de mise à l’écart du monde de la recherche et de marquage d’une échelle anormale. « À chaque projet, nous essayons de traduire le programme en façade. À Tel-Aviv, nous avons travaillé sur l’échelle », explique-t-il.Interprétant le nanomètre comme une dimension insaisissable, l’architecte a ainsi dessiné des façades sans échelle, sans repère, ni portes ni fenêtres. Une prise de distance vis-à-vis de « l’échelle humaine de référence » qui se justifie également d’un point de vue urbain en vertu de la situation privilégiée du bâtiment à l’entrée du campus.

 

Tristan Cuisinier

 

Fiche technique :

Organisateur du concours : KB Strelka, Moscou
Maître d’ouvrage : Université de Tel Aviv
Architecte mandataire : Atelier d’architecture Michel Rémon (Michel Rémon, Alexis Peyer, Marie-Claude Richard, Maria Gonzalez, Rémi Bellec, Fabien Garcia, Maria Romero, Camille Ajjan, Cyril Doye)
Surface : 6000 m2
Calendrier : 2016 – 2020
Coût : 25 M$ US

 

Centre de recherches à Tel Aviv
Centre de recherches à Tel Aviv
Centre de recherches à Tel Aviv
Centre de recherches à Tel Aviv
Centre de recherches à Tel Aviv
Centre de recherches à Tel Aviv
Mot clefs
Catégories
CYBER