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Matthieu Poitevin, un architecte hors norme ?

DR : Copyright 2017

A l’inverse de nombreux architectes, Matthieu Poitevin n’aime pas parler de lui, le côté « narcissique » du métier n’atteint pas cet architecte établi depuis vingt ans à Marseille. Pas une fausse modestie mais une fine rébellion qui apporte un doux vent de créativité à toute une profession.

 
 
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Tout le monde a un jour ou l’autre lu ou parcouru dans les journaux spécialisés en architecture les écrits de l’architecte. Quand Matthieu parle d’architecture, cela ressemble plus à une ode qu’à une aventure. Néanmoins, en racontant la profession, la note poétique de l’auteur se démarque parmi des déclarations tout aussi pertinentes qu’indociles. L’architecture fait-elle encore rêver ?   

 

L’art au-delà des exigences

 

Le parcours de Matthieu Poitevin n’est pas ordinaire. Alors qu’un bon nombre de ses confrères se spécialisent sur des projets comme des logements et des crèches, Matthieu travaille des années à la friche de la Belle de Mai à Marseille. Un projet atypique, de longue haleine, plein de défis et sûrement accrocheur. Est-ce un hasard ? Probablement un joyeux concours de circonstances. De ce fait, l’architecte qui se méfie de tout ce qui est normalisé et bétonné trouve une immense inspiration pour y œuvrer.  

Car, Matthieu a très peur de devenir comme certains architectes qui se transforment en « donneurs de leçons normalisants édulcorés ». Ce qui l’intéresse c’est « le rapport à l’autre et le fait de regarder ce qui se passe autour ». En effet, l’architecte n’appartient pas à la catégorie des artistes qui s’enferment dans des idéologies ni des préceptes même quand il aime paraphraser Mallarmé « Peindre, non la chose, mais l'effet qu'elle produit ».

Par ailleurs, la nature séduit l’homme de l’art qui en puise une certaine candeur et beaucoup de sensibilité. Ainsi, chaque ombre, chaque trait, chaque espace devient une matière de réflexion et les divers projets de l’agence sont là pour le confirmer.  

 

L’architecture doit toujours émouvoir

 

Matthieu Poitevin enseigne également l’architecture. L’enseignement devient dès lors un moyen pour véhiculer une passion même si par ailleurs les élèves accusent leur maître d’être un peu trop exigent. Mais le terrain favori de l’architecte reste le projet architectural et urbain qui se démarque non pas par son programme mais par son sujet. Ce dernier constitue l’une des clés de voûte qui stimule l’imagination du concepteur.  

Même le nom de l’agence n’est pas anodin, « Caractère spécial § » ne serait ce pas mettre en abîme le caractère de son fondateur ? Il est permis de le penser d’autant plus qu’à cette appellation singulière se rajoute des projets inhabituels comme le Centre national des arts du cirque proclamé lauréat « Culture, jeunesse et sport » du prix de l'équerre d'argent 2016 (avec l’agence NP2F). Encore une fois l’air de normalité semble bien loin, probablement une manière propre à l’artiste de dénoncer l’architecture telle quelle se pratique aujourd’hui.

En alerte permanente pour traquer ce qui enchante, à l’écart des clichés actuels qui promeuvent surtout l’image, Matthieu Poitevin est convaincu que l’architecture, la vraie, peut encore émouvoir et changer notre quotidien. Il suffit parfois d’y croire et de le penser !

Sipane Hoh

Matthieu Poitevin
Caractère spécial §
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