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Matériaux composites, matériaux d'architectes

© Cyberarchi 2019

En plein développement dans le secteur de la construction, les matériaux composites disposent déjà d'une bonne réputation parmi les architectes. Le JEC Composite Show, organisé en mars 2004 à Paris, récompensera d'ailleurs des architectes et des professionnels qui ont recours à cette technologie. Exemples.

 
 
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Architecte en chef des monuments historiques et spécialisé dans la rénovation, Michel Goutal se remémore l'expérience qu'il avait pratiqué il y a dix ans sur deux églises gothiques. Une dans les Vosges et une dans les Ardennes. «Les voûtes s'écartaient, explique-il. Pour les resserrer, il fallait soit installer des pinces métalliques, soit monter des tirants sur les arcs-boutants». Le problème dans ce deuxième cas, lorsqu'on utilise des matériaux traditionnels tels que l'acier, concerne l'aspect esthétique de l'édifice. De grandes tiges métalliques noires de trois à quatre centimètres de diamètre s'ajoutent alors à l'ensemble et dénaturent les lieux.

La solution est venue des matériaux composites, une vraie découverte. «Un de mes collaborateurs m'a expliqué qu'il connaissait une société de matériaux destinés à la construction maritime. Un de leurs produits correspondait à des tenants en fibre de carbone», se souvient l'architecte. Un changement de destination du matériau étonnant ? «Pas tant que ça car nous sommes dans un domaine particulier et il n'existe pas de produits types pour nos travaux. Du coup, nous regardons ailleurs si une solution meilleure se dégage». En règle générale, Michel Goutal scrute les nouveautés dans les domaines de la construction maritime mais aussi de l'aviation.

Parmi les avantages notés par l'architecte, l'aspect esthétique a été grandement apprécié. «Le tenant ne fait plus que six millimètres de diamètre, autant dire qu'il disparaît presque à l'oeil nu», assure Michel Goutal. Il a également noté d'autres éléments probants comme les délais de pose plus courts - pour une des églises l'installation des matériaux n'a duré que deux jours - et aussi les coûts plus réduits. Conclusion : une expérience «très positive» selon l'architecte qui aurait souhaité la renouveler... si le produit utilisé n'avait pas par la suite disparu. Du coup, Michel Goutal a préféré recourir aux matériaux traditionnels, notamment l'inox, pour ses projets de rénovations suivants.

Cette aventure pionnière préfigurait le futur. Dix ans plus tard, les matériaux composites investissent de plus en plus les marchés de la construction et de la rénovation. Du coup, les architectes y ont également recours et pas seulement pour utiliser des tenants en fibre de carbone. Aujourd'hui, les poutres, les portes, les toits, jusqu'au plus petits objets comme des serreurs de fenêtre conçus en fibres de verre, ou encore des 'chaussettes' en kevlar pour les descentes d'eau incluses dans les murs, peuvent être conçus en matériaux composites.

L'utilisation des composites est par ailleurs encouragée et récompensée chaque année lors du JEC Composite Show, le plus grand salon dédié à l'application de cette technologie. Lors de la prochaine édition qui aura lieu à Paris à la fin du mois de mars 2004, des 'Awards' seront remis aux architectes et aux professionnels de la construction. Parmi les nominés dans cette catégorie, une réalisation se détache particulièrement. Il s'agit d'un toit recouvrant en partie la cour du Palais de justice de Pescara, en Italie.

Conçu par les architectes Julio Fioravanti et Franco Agresta, de l'agence PR.AS Consulting Architects & engineers, une agence italienne de 35 employés, en collaboration avec une société française de fabrication de matériaux composites, ce toit devait recouvrir partiellement la cour du palais, protégeant partiellement du soleil (mais pas de la lumière) et de la pluie, tout en conservant l'esthétique des lieux.

Au départ les deux architectes ne pensaient pas recourir aux matériaux composites mais plutôt à des plaques d'aciers recouvertes de béton. Finalement, le cabinet a proposé une solution avec une série de panneaux (réalisés avec noyau de mousse polyuréthane et peaux polyester verre moulé sous vide) de trois à quatre mètres de large, sur 7 à 8 de long et 45 mm d'épaisseur. Les poutres sont constituées de profilés en double T, également en composite, collés et boulonnés aux panneaux. Au final, les architectes ont mis en avant les questions de légèreté, de simplicité d'utilisation et surtout de temps aussi bien pour la pose que pour la durée de vie du produit.

Cet exemple, dix ans après les premières recherches de Michel Goutal, accrédite le développement de la filière composite dans le secteur de la construction et donc la possibilité pour les architectes d'avoir bientôt accès à des matériaux totalement diversifiés. Michel Goutal observe cette évolution mais estime toutefois que «la concurrence sera rude ; l'industrialisation dans le bâtiment fait réduire les coûts, ce qui rend les matériaux classiques compétitifs par rapport aux matériaux composites».

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