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Maison du temps libre à Stains : le 93 accueille Versailles

© Cyberarchi 2020

Baptisée lors de la mise en oeuvre des 35 heures, la Maison du Temps Libre, locomotive de l'opération de rénovation urbaine du Clos Saint-Lazare, s'articule autour d'un atrium, véritable place publique au coeur d'un quartier qui en est dépourvu. Une réalisation conciliant vocation sociale et qualité architecturale signée Gaëtan Le Penhuel.

 
 
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"C'est Versailles !". L'architecte Gaëtan Le Penhuel et ses collaborateurs se plaisent à raconter, lors d'une visite de presse, cette exclamation d'enfants du quartier à l'époque où s'érigeait la Maison du Temps Libre de Stains (MTL), centre social polyvalent de 2.100m² composé d'une bibliothèque avec espace multimédia, d'une ludothèque, d'une salle polyvalente de 222m², d'un espace associatif, d'une halte-garderie et de bureaux. Un commentaire qui tenait probablement à la maille lamellée au ton doré cernant le rez-de-chaussée et, par endroits, l'étage du bâtiment, lequel sera livré en avril 2009 et ouvert au public en septembre de la même année.

"Au départ, je voulais un rez-de-chaussée entièrement vitré pour favoriser le rapport avec l'extérieur", précise Gaëtan Le Penhuel.

Mais, en 2005, la France est en proie à des émeutes et l'architecte décide de doter la MTL d'une façade plus "solide", de la ponctuer de fenêtres et de la barder d'une maille anodisée servant à la fois à animer le béton sombre mais, aussi, à dissuader les tagueurs. "L'idée n'était pas de faire une forteresse mais un bâtiment facile à entretenir", précise l'architecte.


Des préoccupations qui ne l'ont pas empêché de conférer une belle facture au bâtiment comme l'illustre notamment le volume abritant la bibliothèque et les bureaux qui s'avance en porte-à-faux au-dessus de l'entrée. Revêtu de béton lasuré blanc, il permet, selon son concepteur, "d'équilibrer un rapport trop massif à la rue".

Cela écrit, le clou de la MTL se dérobe aux regards extérieurs ; le bâtiment s'organise en effet autour d'un atrium sur double hauteur, véritable "place urbaine à l'échelle du quartier". In fine, cette "intériorité ouverte" a permis à Gaëtan Le Penhuel de concrétiser ce que l'actualité l'avait gardé de mener à bien. Lieu de rencontre, l'atrium est, pour l'instant, le seul espace public du Clos-Saint-Lazare, un quartier de tours HLM datant des années 1960 "n'ayant aucune autre spatialité que le logement".

"L'atrium vient rassembler tous les éléments du programme dans une spatialité urbaine contemporaine", poursuit l'architecte. Fédérant des programmes déjà existants mais disséminés sur le site, le hall d'accueil de la Maison du Temps Libre est emblématique de la vocation sociale du bâtiment, pierre d'angle du programme de rénovation urbaine du Clos Saint-Lazare mené par la ville en partenariat avec l'ANRU.

Une pierre d'angle

Condition sine qua non pour faire de la première réalisation de l'opération ANRU un véritable 'lieu d'échanges, de citoyenneté, d'épanouissement et de promotion sociale' selon la brochure distribuée à l'accueil : la nouvelle trame urbaine dessinée par l'agence Germe and Jam en lieu et place d'un "entrelacs compliqué".

"Le premier objectif du projet ANRU était de retisser le réseau viaire entre le Clos et le centre ville de Stains", explique Gaëtan Le Penhuel. Précisément, il s'agissait de relier le quartier du Clos Saint-Lazare à la ville de Stains ainsi qu'au domaine des Tartes, destiné à accueillir les archives nationales, vaste terrain maraîcher implanté à l'est du site, "l'une des plus importantes réserves foncières de la région parisienne".

Désenclavant le quartier, les nouvelles rues George Sand et Nelson Mandela, dont la première mène au centre ville, se rencontrent donc au coeur du Clos. Implantée à la croisée de ces deux voies, la MTL confirme son rôle de locomotive de l'opération ANRU. "Grâce à ces deux percées, la MTL s'adresse non seulement à toutes les générations mais, aussi, à l'ensemble du quartier", précise Gaëtan Le Penhuel.

Emblème social

De plus en plus fréquentée depuis son ouverture - "même le bureau municipal s'est réuni dans la salle polyvalente", souligne le représentant de la maîtrise d'ouvrage - la Maison du Temps Libre était lieu de lien social avant même de sortir de terre. Livré il y a à peine un an, le bâtiment est le fruit d'un concours organisé... en 2003. Jusqu'au démarrage du chantier, les études, conduites sur le mode participatif, n'ont cessé de faire l'objet de modifications de la part des différents acteurs du projet. En clair, "la localisation des différents services a beaucoup évolué et nous avons réalisé 3 ou 4 APD", raconte le chef de chantier, Olivier Perraguin.

Si ces délais ont sans doute mis à l'épreuve la patience de l'architecte, la vocation sociale du projet ne représentait en aucun cas une contrainte. Ancien élève d'Henri Ciriani, Gaëtan Le Penhuel marie, dans un même élan, conception architecturale et enjeux sociaux. L'harmonie se traduit par une judicieuse gestion économique du projet. Tout en restreignant des postes pour en agrémenter d'autres - les espaces de circulation sont dotés d'alcôves de discussion, de belles suspensions lumineuses ponctuent le plafond de l'atrium, etc. - l'architecte a porté un soin tout particulier aux espaces bruts, tel celui du hall d'accueil.

"Nous nous sommes fait plaisir en termes de matérialité", commente Gaëtan Le Penhuel, parlant de "poésie du béton brut". Certes, le dada est d'architecte. Pour autant, Gaëtan Le Penhuel a particulièrement soigné les finitions et suivi avec attention le travail de l'artiste Caroline Sez, qui a revêtu une partie des murs de l'atrium d'une fresque composée de motifs géométriques écarlates venant égayer l'espace. "Pas de décoration", tout choix est motivé. "Nous n'avions pas besoin de plafond acoustique dans l'atrium ; la sonorité vivante fait partie de la convivialité de l'espace", ajoute à cet égard Olivier Perraguin.

Effectivement, la Maison du Temps libre de Stains résonne déjà de ses promesses tenues. La fréquentation du lieu rencontre les espérances de la maîtrise d'ouvrage et son succès semble démontrer qu'elle rencontre aussi les attentes des habitants. Une Maison du Temps Libre est-elle pour autant une solution suffisante pour désamorcer le malaise de quartiers enclavés ? La question est légitime ; un caillou lancé avec force par des adolescents a brisé l'une des fenêtres du bus affrété à l'occasion. "Puisque cette opération n'est que la première phase d'un vaste renouvellement urbain, il faudra laisser le temps au temps pour apprécier les résultats réels sur un quartier en quête d'attention", souligne Gaëtan Le Penhuel.

Emmanuelle Borne

Lire également notre article 'Le calme et le silence de l'architecture de G. Le Penhuel naissent de sa fureur de vivre' et consulter nos albums-photos :

>> 'MTL de Stains, un centre aussi social qu'esthétique' ;
>> 'Les bâtiments de Gaëtan Le Penhuel ne racontent qu'une seule histoire : la leur' ;
>> 'L'année 2009 de Gaëtan Le Penhuel'.

Fiche technique

Maîtrise d'ouvrage : Ville de Stains, AMO : Sodedat 93
Partenaires : Agence ANRU, CAF de Seine-Saint-Denis, Communauté d'agglomération Plaine-Commune, Conseil général Plaine commune, Conseil régional IDF
Maîtrise d'oeuvre : Gaëtan Le Penhuel architectes
Co-traitants : MDETC économiste, Iratome BET
Entreprise générale : Eiffage construction VDS
Surface SHON : 2.100m²
Montant : 4,8M euros HT
Date de livraison : avril 2009

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