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« Madrid Rio » : la capitale espagnole redécouvre son principal cours d'eau

© Cyberarchi 2019

A Madrid, un projet de transformation de la rivière Manzanares et son réseau autoroutier en une immense promenade paysagère est né : « Madrid Rio ».

 
 
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La réappropriation des cours d'eau, ainsi que l'enfouissement des infrastructures autoroutières et ferroviaires, font l'objet de propositions récurrentes en matière d'aménagement urbain. Coûteuses ou inappropriées, ces dernières sont souvent abandonnées. A Madrid, les autorités municipales et le cabinet Burgos & Garrido, n'ont pas hésité, pour leur part, à se pencher sur ces questions sur un territoire considérable de plus de 150 hectares. De là est né un projet qui a transformé la rivière Manzanares et son réseau autoroutier en une immense promenade paysagère : « Madrid Rio ».

En 2003, la mairie de Madrid décide de reconsidérer son premier anneau périphérique. Ce dernier s'avère, en effet, incapable d'absorber les augmentations du trafic et prend place dans les espaces interstitiels de la ville de manière opportuniste et peu consensuelle. Ainsi, les rives du Manzanares n'échappent pas à leurs lots de voies express et d'échangeurs autoroutiers. Après 2 ans de travaux destinés à enfouir certains tronçons de l'itinéraire de contournement madrilène, l'agence d'architecture Burgos & Garrido est désignée, au terme d'un concours international, pour reconstruire les berges dévastées par les déblais et la construction des tunnels. Avec un objectif : faire de cet immense vide du centre de Madrid un espace paysagé qui permette aux habitants de se réapproprier la principale rivière de la capitale espagnole.



Les pins sur des dalles en béton

L'équipe dirigée par Ginés Garrido entame donc, en 2007, les travaux d'aménagement censés suturer les plaies de la ville. L'exercice s'annonce difficile dans la mesure où 70% des espaces à traiter sont occupés par des dalles en béton, des tunnels ou des réseaux divers. Mais l'équipe de conception madrilène décide de conserver son parti pris de départ qui fait de la végétation le matériau principal du projet. « Le plus logique, étant donné le caractère artificiel du sol sur lequel nous devions travailler, n'était peut-être pas de proposer quelque chose d'aussi végétal. C'est pourtant le pari que nous avons fait », résume Ginés Garrido.

Ce pari prend pour hypothèse que les pins, qui arrivent si bien à pousser sur les rochers, peuvent aussi se développer sur des dalles en béton. Un profil-type, où les plantations de pins surmontent les tunnels autoroutiers situés de part et d'autre de la rivière, se décline ainsi sur les 10 km que compte l'intervention. Au gré des territoires traversés et des situations rencontrées, il donne son unité à l'ensemble du projet. Il se déforme et s'élargit pour agrémenter l'espace public de terrains de jeu, de plages urbaines et de jardins, tout en intégrant les parcs historiques existants.

Des paysages naturels dans la ville

« Les arbres ont été choisis un par un. Nous avons sélectionné les plus bizarres et les plus déformés », s'amuse à décrire Ginés Garrido, pour lequel le projet de Madrid Rio tente d'importer les paysages naturels dans la ville, imaginant que cette petite portion urbaine de la rivière puisse rassembler et condenser la grande diversité des paysages rencontrés dans les environs de Madrid. Madrid Rio est pensé comme un espace de réconciliation. Celui du grand paysage bien sûr, mais aussi celui du nord et du sud de l'espace urbain, ou celui des 2 rives jusque-là divisées par les infrastructures autoroutières.

Aujourd'hui, 27 ponts, nouveaux ou réaménagés, traversent le Manzanares et tentent de rétablir les liens transversaux entre les quartiers ouest et est. Et les chiffres sont éloquents : 25 000 arbres sont plantés, 17 aires de jeux pour enfants et 30 km de pistes cyclables sont réalisées pour une surface équivalente à la moitié de celle de Central Park à New York. Mais au-delà de la qualité indiscutable des aménagements, une question persiste : compte tenu de l'échelle de l'opération, de la vigueur du climat madrilène, de la nature principalement artificielle des sols et par là même de l'incertitude qui pèse sur le développement des arbres, le projet saura-t-il réellement répondre à des nécessités d'usage ou ne sera-t-il pas condamné à rester juste un paysage ?

Tristan Cuisinier

« Madrid Rio » : la capitale espagnole redécouvre son principal cours d'eau
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