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Lumière sur une architecte italienne dévouée au Brésil

© Cyberarchi 2019

Architecte, designer, rédactrice, critique, commissaire d'expositions, collectionneuse... la carrière de Lina Bo Bardi s'invente multiple et populaire. « Staliniste », « anti-féministe », cette « personne unique» , selon ses termes, n'a eu de cesse de transcender les genres pour tenter de saisir l'éthique, la définition et le rôle même de l'Architecte. Une exposition à découvrir au Pavillon de l'Arsenal.

 
 
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Lina Bo Bardi respecte les gens plus que tout : leur énergie, ce qu'ils expriment, la liberté collective. Elle tente de faire disparaître hiérarchies et divisions en créant des architectures qui reflètent la texture et la diversité de son pays d'adoption, le Brésil, et en organisant des expositions d'art populaire, dans lequel elle perçoit la poésie de tous les jours. Partout dans son travail - architecture, design de mobilier, expositions, écriture, illustrations, mises en scène -, elle manifeste un sens de la vérité et de l'intégrité, et vit elle-même en accord avec ses idées sociales et artistiques. Pour Lina, un jouet d'enfant en forme de zèbre fabriqué à la main peut figurer à côté d'une peinture de De Chirico ou d'un mobile de Calder, et inspirer une nouvelle conversation.

Cette exposition, qui a voyagé de Londres à Paris en passant par Vienne et Bâle, révèle non seulement la face connue de Lina Bo Bardi - ce qu'elle crée au SESC Pompeia, qui continue de vivre en interaction avec les rues de São Paulo -, mais aussi son monde intime : l'univers qu'elle crée pour elle-même et son mari, Pietro Maria Bardi, dans la maison de Verre (1951).

Culture populaire brésilienne et Mouvement moderne

Née à Rome en 1914, Lina Bo Bardi, engagée en faveur de l'architecture moderne, part vivre à São Paulo en 1946, s'immergeant dans les idées politiques et la culture du Brésil. Mais le véritable tournant intervient entre 1958 et 1964 quand, à Salvador de Bahia, où elle vit, elle découvre les racines de la culture populaire brésilienne, faite « d'épreuves et de poésie », et mélange celles-ci avec les valeurs du Mouvement moderne. Elle utilise des techniques de construction spécifiques enseignées par les artisans locaux pour la conception du Museu de Arte Popular do Unhão, Bahia (1959). Elle a également pour projet la création de centres d'artisanat et d'écoles de design industriel. Selon ses propres mots : « Il se devait d'être un musée d'art, art au sens de création et d'événements quotidiens. »

Des années plus tard, à São Paulo, Lina Bo Bardi est chargée de la conception du SESC Pompeia, un centre de loisirs bâti dans une ancienne usine. Elle y distribue les espaces sans hiérarchie : nager y est aussi important qu'apprendre à tisser, assister à un concert de jazz ou jouer aux échecs. Elle crée une culture de la convivialité et de la liberté dans la diversité, qui perdure aujourd'hui : c'est un environnement où les différentes générations dialoguent entre elles, et où les matériaux qui constituent le bâtiment s'insèrent parfaitement dans le tissu urbain.

Mercredi 27 novembre 2013 à 20h

Le Pavillon de l'Arsenal et les Films d'ici vous invitent, dans le cadre de l'exposition "Lina Bo Bardi : together" à la projection du film "La Citadelle du loisir", consacré au Centre social Pompeia

"Dans le quartier de Palmeiras à Sao Paulo, ce bâtiment, ancienne usine qui aligne ses ateliers du début du 20ème siècle avec d'étranges blocs de béton dressés face à la ville et à ses tours. Un centre social et culturel destiné aux employés du commerce. Son architecte Lina Bo Bardi préfère parler d'une "citadelle du loisir", tout un symbole, à la fois reconversion d'un lieu de travail et affirmation d'une alternative devant la Métropole. Une oeuvre majeure de l'"Architettura Povera", selon Richard Copans, réalisateur de ce film de la collection Architectures (Les Films d'Ici / Arte France).

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