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'Lulu la Barre', un leitmotiv architectural

© Cyberarchi 2019

"Pour moi, l'architecture est affaire de parenté et de distinction", souligne Alexandre Granger, étudiant diplômé de l'ENSA Nantes. Lequel a joint le dessin à la parole à l'occasion de son PFE en imaginant un centre de formation des professeurs de musique, de danse et des techniciens du spectacle sur l'Ile de Nantes à l'image des bâtiments alentours. Explications.

 
 
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Le projet s'implante sur le site des Ateliers et Chantiers de la Loire, sur l'île de Nantes. A terme, les pouvoirs publics y prévoient l'implantation d'une 'Cité des arts', dont la préfiguration est aujourd'hui représentée par l'insertion des Ateliers de la Machine sous les nefs des ACL entièrement réhabilitées et la construction prochaine du pôle culturel 'La Fabrique' à côté de celles-ci.

La rénovation de ces nefs est très intéressante car elle traduit, à l'échelle architecturale, une volonté urbaine plus générale. En effet, la transformation est radicale : un morceau de ville autrefois privatisé de par la nature de ses activités, un territoire clairement circonscrit, réservé, est aujourd'hui révélé au public.

Cette réhabilitation révèle la dimension urbaine inhérente à ces nefs. Mon premier acte est donc de placer mon bâtiment, Lulu la Barre, à l'extérieur des nefs afin de créer, sous leur toit, une esplanade couverte, un lieu public de manifestations et de fêtes protégé toute l'année.

Le programme de ce projet, comptabilisant environ 7.500m² SHON, comprend un lieu de restauration autonome pouvant servir de 'catering' lors de l'organisation de spectacles, un centre de formation des futurs professeurs de musique et de danse (CEFEDEM) et un centre de formations des futurs techniciens du spectacle (STAFF).

Les locaux d'enseignement comprennent une bibliothèque et des salles de cours théoriques, des salles de musique, des pools danse et trois salles d'entraînement à la manipulation d'équipements scéno-techniques, dont l'une devant pouvoir accueillir de vraies représentations.

Il est important d'appréhender l'image de ce pôle de formation dans un double rapport : rapport à sa nature propre de lieu d'enseignement polymorphique et rapport à la future cité des arts. Cette première analyse de la signification d'un tel pôle m'a amené à traiter le bâtiment comme un élément fort et référent dans son contexte.

Par ailleurs, la 'Maison des Hommes et Techniques' et les nefs sont deux bâtiments singuliers de par leurs dimensions, leurs proportions et, ce faisant, leur rapport au sol. Ils sont horizontaux, très ancrés, très terrestres. De plus, face aux nefs, à l'ouest, il n'y a rien. Il n'y a que du vide mais un vide tellement présent qu'il tend à noyer l'horizontalité des nefs.

Pour s'ancrer dans ce contexte, Lulu 'sample' la silhouette des nefs pour la transposer sur sa façade ouest, comme une marque de fabrique du secteur, un leitmotiv architectural.

Le rapport aux nefs 

Mon bâtiment entretient un rapport aux nefs selon trois modalités : le retrait, le collage et la substitution.

Le retrait permet aux nefs et à la barre de se valoriser mutuellement. Le collage assuré par le volume bas du restaurant offre une ouverture sur l'esplanade couverte. La substitution facilite l'implantation de la salle de spectacle en lieu et place d'une partie des nefs, par ailleurs non adaptées structurellement et physiquement à ce genre de local.

Dans la perspective de promotion des domaines culturels engagée par la constitution de la cité des arts sur l'île, il me semble que le pôle d'enseignement CEFEDEM - STAFF ne doit pas être un bâtiment trop intimiste. Le grand hall d'entrée participe de cette volonté de publicité.

Qu'est-ce qu'un centre de formation ? D'abord, le parcours au sein d'un bâtiment d'enseignement doit être le plus lisible possible. Deuxièmement, un centre de formation doit pouvoir rassembler. Le grand hall constitue l'entrée commune à tous dans le bâtiment et les rues suspendues aux étages supérieurs deviennent des lieux de rencontres informelles et d'échanges entre étudiants, professeurs et personnes extérieures.

Lulu s'habille en Contexte™

A l'ouest, le plissage de la façade accompagne le décalage des rues suspendues et imprime un mouvement intérieur / extérieur dans les 'pools' danse.

Au sud, la façade végétale entame un dialogue avec les arbres emblématiques du boulevard de la Prairie au Duc. Celle-ci se retourne à l'intérieur des nefs pour rejoindre le patio planté.

La façade est, face aux nefs, fait un clin d'oeil à l'histoire officieuse du site. En effet, les nefs sont surtout connues pour avoir abrité une usine de propulseurs de navires. Durant la seconde guerre mondiale, on y fabriquait des munitions et autres obus.

L'architecture est une affaire de contexte et un bâtiment d'une telle ampleur ne peut faire abstraction des multiples événements qui se déroulent ou se sont déroulés autour de lui.

Alexandre Granger

Consulter également l'album-photos 'Une barre s'habille en Contexte™'.

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