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Livres : de l'architecture moderne depuis 1900 aux villes futures

© Cyberarchi 2020

Pierre Debeaux, l'architecte auquel les éditions Poïesis consacrent un ouvrage, était homme du XXème siècle, amoureux du béton. Il fait le lien idéal entre le monumental ouvrage de William J.R. Curtis, qui traite de l'architecture depuis 1900, et le dossier spécial consacré aux villes futures présenté en janvier par la Revue des Deux Mondes.

 
 
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L'architecture moderne depuis 1900 (1). L'ouvrage de William J.R. Curtis s'est imposé comme l'ouvrage de référence sur l'architecture du XXe siècle. D'une envergure internationale, il propose une étude générale de l'évolution de l'architecture moderne en même temps qu'une analyse et une interprétation profondes de bâtiments particuliers. L'auteur aborde à la fois les dimensions pratiques, esthétiques et sociales de l'architecture, tout en en privilégiant les aspects formels et symboliques. Les idées et leur expression à travers l'architecture sont à l'oeuvre dans ce livre.

Pour cette troisième édition - la première à paraître en français (publiée en octobre 2004)-, le texte a été entièrement révisé et enrichi, en tenant compte des nouvelles connaissances et en reconsidérant l'architecture moderne dans sa variété et sa complexité. Sept chapitres ont été ajoutés, dont trois, à la fin de l'ouvrage, concernent l'évolution mondiale récente.

L'architecture contemporaine y est restituée dans son contexte historique et culturel sans céder aux discours en vogue. Outre de nombreuses illustrations couleurs et noir et blanc, quantité de plans et de dessins illustrent le propos. La bibliographie et les notes ont également été augmentées et actualisées. Considéré par James Ackermon, de Harvard University, comme «sans conteste le meilleur livre dans ce domaine à ce jour», cet ouvrage procède d'une large vision qui relie l'architecture moderne à diverses traditions architecturales et montre comment des principes éprouvés peuvent encore évoluer. C'est donc justice qu'il soit considéré comme un «classique».

Encore ce mot 'classique' ne rend-il pas bien compte de la portée de l'ouvrage En 736 pages serrées, et l'ouvrage de fond fait pourtant partie d'un corpus prestigieux de références universitaires parmi d'autres classiques dans les librairies, les bibliothèques et les bibliographies anglo-saxonnes. Déjà traduit en allemand, en italien et en japonais, le livre de William J. R. Curtis, spécialiste de Le Corbusier et du mouvement moderne, appréhende l'architecture moderne en trois grandes parties : les courants formateurs du début du siècle, la cristallisation de l'architecture moderne entre les deux guerres et les transformations et sa diffusion après les années 40. L'édition française est la troisième édition anglaise (1996) d'un texte dense, qui a évolué au cours des voyages de l'auteur et de ses recherches fructueuses depuis la toute première édition en 1982. Indispensable !

Historien, critique et écrivain, William J. R. Curtis, qui a élu domicile depuis 15 ans en France, est réputé dans le monde entier pour ses écrits sur l'architecture. Il est notamment l'auteur de Le Corbusier: Ideas and forms et de Denys Lasdun, publiés en anglais chez Phaidon.

Pierre Debeaux (1925 -2001) L'artiste et le géomètre (2). Ce premier Cahier Critique de la revue POIESIS s'engage à faire découvrir l'oeuvre d'un des architectes français les plus puissants et originaux de la seconde moitié du XXème siècle. Ceux qui ont connu Pierre Debeaux se souviennent d'un artiste intransigeant et d'un géomètre rigoureux habité par la passion du «maître d'oeuvre», obstinément tendu vers son but, comme un enfant seul à la recherche d'un trésor. Intérieurement animé par une grande tension créatrice, il tirait de tout ce qu'i l touchait des formes nouvelles et n'avait de cesse qu'elles se réalisent dans la matière et la lumière.

Pythagoricien en ce que la beauté du monde était pour lui d'essence mathématique, passionné de physique moderne et de musique contemporaine, il poursuivait une sorte de musique des sphères qu'il exprimait dans la matière austère et rude du béton armé.

A une époque où tant d'artistes, soit visent le beau et le perdent immanquablement, soit s'en détournent et se perdent eux-mêmes, Debeaux, tel un maître d'oeuvre cistercien, sans jamais viser le beau pour lui-même, l'a souvent approché ; comme s'il ne voyait dans la beauté que l'apparence de l'infini, et ne visait l'inaccessible que pour mieux en capter les reflets.

L'exploit spéculatif demeurait ainsi une quête presque mystique à laquelle il sacrifiait beaucoup, une sorte de magie de l'art dont il cherchait les arcanes dans les mathématiques. On comprend que s'il pouvait avoir quelques affinités avec le héros de Cervantès, c'est que lui -même concentrait les aspirations les plus hautes en un temps où tout le monde s'en moque. C'est cette exigence tyrannique qui lui imprima jusqu'à la fin une tension psychique excessive, mais c'est en même temps cette vie, ce désir insatiable, ce vertige créateur d'un esprit empreint d'exigence et de rigueur, qui a donné naissance à ce que nous tenons pour quelques-unes des oeuvres d'architecture les plus fortes que nous puissions voir dans ce pays mi -gascon, mi-occitan dont il est l'enfant.

Villes futures (3). En ce début d'année 2005, la Revue des Deux Mondes a choisi de s'interroger sur les villes futures. Futures ? Celles, plutôt, qui sont déjà en cours de route, s'apprêtent à le devenir. Le temps de l'architecture est un temps long, il emporte toujours avec lui plusieurs générations, il s'inscrit dans une durée visuelle qui façonne les habitudes et les souvenirs. Son futur s'apparente curieusement à un incessant présent. A l'heure où les nouvelles mégapoles de la Chine, (ici Shanghai) toisent celles de l'Amérique, une habituée du genre, (ici Detroit plutôt que Los Angeles ou New York), on apprend que le tristement célèbre «trou des Halles» va céder à la place au projet de David Mangin : ainsi donc, Paris renoue-t-il avec la préoccupation urbaine. On va s'affronter, on s'affronte déjà sur la question de savoir si ce projet d'anti-star (contre Koolhas, contre Nouvel, pour citer deux des autres candidats malchanceux) était bien ce qu'il fallait pour tourner la page d'une époque où la frénésie du nouveau, version années soixante-dix, n'avait que bien peu d'égard pour l'héritage, le génie du lieu, la dimension, devenue aujourd'hui quasi sacrée, du patrimoine. Si c'était à refaire, qui réclamerait maintenant la destruction des anciennes halles ?

Mais entre-temps, d'autres hantises ont pris leurs quartiers : l'écologisme urbain, acharné à vouloir faire de la mosaïque citadine un charmant village, est certainement une des hantises du moment. Seulement vouloir transformer la ville protéiforme en un village homogène n'est-il pas une chimère de plus, à laquelle il faudra un jour renoncer ?

La vérité, ce dossier en témoigne clairement, est qu'il n'existe plus véritablement aujourd'hui de pensée de la ville, ni même du bâtiment en tant que tel. C'est pourquoi nous avons voulu donner à la traduction, inédite en français, de l'Art d'édifier d'Alberti (1), une place de choix. Sommes-nous si loin des hommes de la Renaissance qu'il faille reléguer leurs travaux aux archives du musée ? Assurément non. L'architecture, l'urbanisme ne peuvent être la proie de projets mirifiques, comme s'il s'agissait de compenser une absence de vision par une mise en scène spectaculaire. Créer un choc peut être salubre, cela ne suffit pas à mettre en oeuvre une harmonie où la nature solitaire du volume croise nécessairement la dimension collective, l'atmosphère d'un quartier, la vie sociale au quotidien. Les propos tenus ici par Christian de Portzamparc vont dans ce sens, tout comme ceux de l'architecte et historienne Corinne Jaquand à propos de Berlin ou encore de Michel Pinçon sur Paris.

Aucune prétention, dans ce dossier, à faire le tour de la question. La Revue se promet de revenir régulièrement sur ces sujets, au coeur de ce qu'il en est, en ce début du XXIe siècle, de la notion même de cité. En revanche, pointer, situer aussi bien que déambuler et tout simplement pratiquer la cité telle qu'elle ne cesse de se transformer : telle est bien l'ambition de ce numéro.


(1) L'architecture moderne depuis 1900 de William J.R. Curtis ; Editeur : Phaidon ; 736 pages ; Format : 22 cm x 26 cm ; Prix : 56,96 euros. Pour commander l'ouvrage, cliquez ici.

(2) Pierre Debeaux (1925 -2001) L'artiste et le géomètre ; Texte de Stéphane Gruet ; Editions POÏESIS/A.E.R.A. ; 104 pages, 80 photographies couleurs, plans et documents graphiques ; Format 24,4 cm x 24,4 cm ; Prix : 15 euros Pour commander ce livre : A.E.R.A., 5 rue Saint Pantaléon 31000 TOULOUSE Tél. : 05.61.21.61.19. ou www.poiesis-architecture.com

(3) Villes futures, La revue des deux mondes. 11 euros. En vente chez les principaux libraires et marchands de journaux ou commander à l'adresse suivante : 97 rue de Lille, 75007 Paris

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