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L’IGN redistribue ses cartes à Saint-Mandé

Michel Denancé : Copyright 2019

Patrick Mauger est un spécialiste des restructurations et des extensions - elles  représentent 80% de son activité. L’architecte a mis à profit son expertise sur le site historique de l’IGN où il vient de réhabiliter lourdement le bâtiment B en gagnant 200% d’espaces verts et 30% de linéaire de façade par rapport à la typologie programmée.

 
 
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A Saint-Mandé, le ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie est en train de réaliser un vaste réaménagement du site historique de l’IGN. Deux établissements publics majeurs - Météo France et l’IGN lui-même - sont d'ores et déjà regroupés au nord du terrain de trois hectares en attendant que le sud fasse, lui aussi, l’objet d’une restructuration complète.

Le long de l’avenue de Paris, un premier bâtiment, conçu par Laura Carducci, a été livré en 2012. Appelé « bâtiment A », il abrite sur plus de 14 000 m2 les directions de Météo France et de l’IGN. Face à lui, un deuxième bâtiment vient de subir une réhabilitation lourde. Nommé « bâtiment B », il est l’œuvre de l’architecte Patrick Mauger. Il regroupe des bureaux des deux établissements publics, des locaux partagés comme le restaurant d’entreprise, ainsi que l’imprimerie de l’IGN qui fabrique six millions de cartes à l’année. 

Réduit de moitié

A l’origine, « le programme prévoyait la conservation de l’emprise du bâtiment B existant. Très épais, ce bâtiment de 37 mètres de large devait être ouvert en son centre par trois patios pour amener de la lumière, explique Patrick Mauger. Mais cette typologie avait, entre autres, le désavantage de laisser une rue intérieure étroite de 8 mètres entre les bâtiments A et B. »

Prenant à contre-pied le programme qui lui était offert, et remisant au placard la typologie avec patios, l’architecte a imaginé une solution alternative en diminuant de moitié l’épaisseur du bâtiment existant pour le porter à 18 mètres. En complément de cette opération de démolition, l’ensemble a été surélevé d’une hauteur d’étage. Bilan : l’espace d’un vrai jardin entre les deux bâtiments A et B, un meilleur ensoleillement dans les étages inférieurs, une enveloppe de façade diminuée de 30 % à surface de plancher égale, un bâtiment plus efficace thermiquement et une souplesse d’évolution de l’usage.

De type « cadre »

Compte tenu de la nature du maître d’ouvrage, la réalisation se montre exemplaire du point de vue du développement durable. Ainsi, l’impact « carbone » des travaux sera compensé au bout de sept ans par des économies de transport et d’énergie. Complétant le dispositif géothermique, l’emploi de toitures végétalisées et de panneaux solaires, un système de ventilation naturelle passif a été élaboré pour rafraîchir les bureaux en été. En façade et sur le couloir de distribution, chaque espace de travail dispose en effet de volets de ventilation. L’été, quatre cheminées thermiques, réparties dans le noyau central du bâtiment, aspirent l’air chaud des couloirs et créent un mouvement de convection. A l’ouverture des volets par les utilisateurs, des contacteurs coupent le système mécanique de renouvellement d’air de la centrale pour une optimisation des coûts d’exploitation. 

Côté extérieur, le choix s’est porté sur des façades de type « cadre », composées de blocs juxtaposés entièrement fabriqués en atelier avant fixation par des attaches sur les nez de plancher. Chaque bloc en bois de mélèze et en inox (pour les allèges) présente une hauteur exceptionnelle de deux étages (6,54 m pour un poids unitaire de 500 kg). Un long travail de mise au point a été effectué par l’agence de Patrick Mauger et l’entreprise SICRA-CBC (avec son sous-traitant Bluntzer). Avec des chiffres à l’avenant : 3 500 heures d’études et 6 000 heures de fabrication ont été englouties dans la constitution des blocs qui totalisent 5 400 m2. La pose a nécessité 120 camions et deux mois de labeur. Quant au coût global des façades, il est d’environ 4 millions d’euros, soit 726 €/m2.

Tristan Cuisinier

Fiche technique : 

Maître d’ouvrage : ministère de l’Ecologie, du Developpement durable et de l’Energie

Maître d’œuvre : Patrick Mauger, architecte mandataire / Bertrand Perreaux (chef de projet)

BET façades : VS-A

BET généraliste : SETEC Bâtiment

Economiste : Delporte Aumont Laigneau

Acousticien : A.V.L.S

Paysagiste : Sophie Barbaux

BET cuisiniste : Conceptic’art

Surface SHON : 15 971 m2

Coût : 30 900 000 € HT

Calendrier : février 2010 (APS), juin 2010 (APD), novembre 2011 (permis de construire), janvier 2012 (démarrage des travaux), septembre 2014 (livraison)

L’IGN redistribue ses cartes à Saint-Mandé
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